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“ Après leur entrevue du 19 février, le silence gardé jusqu'au 26 était encore de nature à lui faire croire qu’il avait l'autorisation genérale de soumettre à là Chambre toutes les mesures que nécessitait le service public. L: 31 janvier, vingt-six jours avant le premier mémoire du lieutenant-gouverneur, l’hon. trésorier fit son discours du budget dans le-
uel il annonçait les nouveaux impôts qu'il serait nécessaire ’établir pour faire face aux obligations de la province, obligations contractées il y a plusieurs années et résultant de la olitique inaugurée au sujet du chemin de fer et qui reçut e concours de plusieurs des membres du parti opposé au gouvernement. Ce discours publié in extenso dans toute la presse du pays a-t-il pu échapper à l’attention du lieutenant-gouverneur ?
“ Le 19 février, les résolutions demandant ces impôts, mais à un taux moins élevé que celui dont le trésorier avait fait mention dans son discours, furent adoptées par un vote de 39 contre 22. Le lieutenant-gonverneur, dans son mémoire du ler mars, s’est plaint que M. de Boucherville ne lui avait pas fait connaître que le gouvernement était en besoin d'’argent et dans une coudition requérant une législation spéciale pour augmenter les taxes publiques. Le premier-miuistre se serait formé une idée erronée de la situation s’il avait ainsi qualifié l'embarras temporaire causé par la mauvaise volonté des municipalités qui avaient souscrit pour la construction du chemin de fer provincial, en négligeant de remplir fidèlement leurs obligations.
Le 22 février avis (de la politique du gouvernement) fut donné par des résolutions concernant des chemins de fer dans des Cantons de l'Est, sur la rive Sud du St. Laurent. Le 23 du même mois, les résolutions furent introduites et subséquem-
ment adoptées par 41 contre 1€. Ces résolutions n’augmentent
en aucune façon la dette actuelle de la province. ‘ Le lieutenant-gouverneur dit dans le même mémoire, que
la construction du chemin de fer de Québec à Outaouais de-
vrait prévaloir sur celle des autres chemins de fer. La législation des années passées sur ce sujet n’établit aucune priorité en faveur des chemias de fer intitulé : ‘* Un acte concernant Je chemin de fer de Q. M. O. et O0.” Cette déclaration est prématurée, le premier ministre n'ayant jamais été appelé à donner sou opinion au sujet de cette sanction à donner. Eûtil été appelé à le faire, il aurait, dans les circonstances, recommanñé qne la mesure fût réservée à la décision du gouverneu iral, étant dans le doute de savoir si le lieutensnt-gc -rneur avait le droit, de son propre mouvement,
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proprio motu, d'exercer la prérogative du désaveu,—veto,—et de décider ainsi finalement du sort d’une mesure passée par les deux chambres, quand l’Acte de l'Amérique Britanique du Nord de 1867 semble laisser un tel pouvoir au gouververneur général.
‘ Le mémoire de Son Excellence réfère aux pétitions de plusieurs corporations, et de citoyens G plusieurs endroits. adressées au lieutenant-gouverneur contre les résolutions et mesures du gouvernement concernant le chemin de fer de Q. M. O.etO. Il suffit de considérer que ces pétitions venaient de la part de débiteurs de qui la loi proposait d'exiger paiement pour arriver à la conclusion que l'opinion des deux chambres devait prévaloir sur celle qui a été exprimée dans de telles pétitions.
‘Le lieutenant-gouverneur réfère, dans lemême mémoire, à des actes d'administrations antérieurs à la session et auxquels il avait donné son assentiment. Comme il fait allusion à des matières pour lesquelles le gouvernement est responsable aux deux chambres, comme conseillers de la couronne, et comme elles sont étrangères à la question de prérogative soulevée par le lieutenant-gouverneur, elles ne peuvent être apportées dans ce mémoire comme des raisons appuyant la conclusion à laquelle Son Excellence arrivée, à savoir, qu'il ne peut continuer à garder M. € -vucherville dans sa position contre les droits et prérogatives de la couronne. C’est pourquoi afln d'éviter de se laisser égarer par ce hors de sens, il n’y à pas lieu de les mettre en cause à présent.
‘Le lieutenant-gouverneur exprime, de plus, l'opinion ‘‘que l'état de nos affaires nous a obligés à faire des emprunts dis. proportionnés avec nos ressources.” Il est regrettable d’être forcé de répéter la phrase ici, maïs le crédit de la province exige que l’avancé soit contredit. La simple lecture du budget suffira pour rassurer même les alarmistes.
‘ De tous les faits ci-dessus, les admissions contenues dans le dernier mémoire du lieutenant-gouverneur, de la transmission du du blanc signé et envoyé par lui en réponse à la requête de M. de Boucherville, demandant son autorisation pour introduire des résolutions touchant les finances, et du silence du lieutenant-gouvernerneur jusqu’au 26 février dernier, il résulte qu’ancune mesure n’a été introduite dans la chambre en opposition aux prérogatives de la souveraine.
‘“ Il ne me reste plus qu'à réitérer la déclaration que j'ai faite en commençant ces expications, à savoir, que le cabinet Boucherville n’a pas résigné, qu'il a reçu un renvoi d'office de la pen du lieutenant-gouverneur. Le parti conservateur
n’est plus au pouvoir, mais il est le pouvoir dans cette chambre, un pouvoir qualifié, une majorité dans: l'opposition, la majorité dans le conseil, la majorité dans la province. Le parti conservateur a reçu un renvoi d'office, mais il demeure un parti non compromis, sans compromis, sans division, dévoué à la constitution et au bien-être du pays.
“{Signé,) A. R. ANGERS, ex-procureur général.”
La lecture de ce document cause une espèce de stupeur. Quelle audace de parusan ne fallait il pas avoir pour trainer le nom et l'autorité de la Reine dans de si vulgaires intrigues politiques ?
Il y a deux manières d'envisager ce coup de main : {° Quant au droit d’un Lieutenant-Gouverneur d'agir comme l'Hon. M. Letellier de St. Just a agi; 20. Quant aux raisons données pour user d’un tel droit.