LE BAS-BLEU ARTISTIQUE
Nous ne pouvons terminer cette longue suite de Bas- Bleus sans en signaler un de nouvelle production et qui n'a pas son analogue dans les temps passés.
JN'os lecteurs savent trop bien toutes les sciences hu-
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maines pour ignorer que les créations de l'industrie humaine ont produit des animaux qui n'ont aucune espôce de semblables dans la nature. Ainsi le carton engendre des petits animalcules qui sont dans des conditions d'existence tout à fait exceptionnelles à celles des autres ver? qui rongent toutes choses, depuis le dernier cataclysme terrestre. Ces petits animalcules n'ont aucun rapport ni avec le charançon ni avec le critique, misérables petites bêtes qui font tant de mal.
De même le Bas-Bleu artistique est quelque chose qui tient à la combinaison nouvelle qu'ont subie les arts du crayon, du pinceau et du ciseau.
Pour bien comprendre ce nouveau Bas-Bleu, il faut, selon la philosophie allemande, reconnaître l'existence du moi dominant toujours et partout l'existence du non-moi.
Quand M. Cousin, le pair de France, nous citait, l'œil frénétiquement inspiré, les cheveux en désordre, la main en crasse, le corps en dégingandage, les aimables folies de la métaphysique allemande, voici à peu près comment il parlait ;
« Messieurs,
>» Si l'homme n'est que par ce qui n'est pas lui, l'homme n'est pas : or il est; puisqu'il est, il est par autre chose que par ce qui n'est pas lui; et, par conséquent, il est par lui-même, car il n'y a que lui-même qui soit ce qui n'est pas lui. {Applaudissements.)
» Donc, si l'homme est par lui-môme, c'est qu'il porte en soi \t principe de son être intelligent, c'est-à-dire la conception à priori, qui est bien différente de la sensation, de la perception et de la comparaison, d'où naissent les idées acquises et le savoir, résultat de ces idées extérieures, c'est-à-dire le non-moi,