III. LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN ET LYMPHE DES CENTRES
Exisle-l-il dans les centres une circulation de lymphe véritable ? ou le liquide céphalo-rachidien constitiie-l-il la lymphe des centres?
A priori, il semble difficile de concevoir que les capillaires puissent, au niveau des centres, se comporter d’une façon différente de celle qu’on leur connaît partout. Nier qu’ils ne transsudent dans le tissu nerveux, c’est admettre leur inutilité complète, ce qui ne saurait être.
Cependant, le manque de voies lymphatiques nettement carac-
Tr»nssiiJatwn rfRèsorpfion :/r h Ij'/npJie ju iiii'fiâii Ju
ûrcu/âfîoii Lympfiâù'Ÿiie J es Centres'
Fig. — Schéma montrant les rapports de la circulation lymphatique des centres
avec le liquide céphalo-rachidien.
térisées, les connections ou les relations directes des espaces péricellulaires (où se trouve, ou où pourrait se trouver la lymphe) avec les gaines périvasculaires, qui, elles, on se le rappelle (p. 65), vont « déboucher dans les espaces sous-arachnoïdiens, ont fait contester à la plupart des auteurs une circulalion de lymphe vraie pour les centres, la compo.sition peu albumineuse du liquide céphalo-
LIQUIDE NORMAL
rachidien, sa pauvrelé en élôinenls cellulaires leur ayant paru incompalibles avec la pollution forcée, selon eux, par cette lymphe, du liquide sous-arachnoïdien, au niveau des g'aines périvasculaires.
La circulation lymphati(pie des centres reste donc prohlémalique pour les uns, ou constituée, pour les autres, par le liquide céphalorachidien lui-même.
Quelques ailleurs ont enfin imaginé, avec Sicard, des dispositions anatomiques compliquées, mais toujours purement hypothétiques, pour éviter ce mélange supposé.
Quoi de, plus simple cependant que cette question, si l’on veut bien se rappeler la composition presque uniquement minérale du liquide normal et les quelques faits anatomiques que nous avons exposés.
a) Les centres possèdent une circutation tymphatiqiie.
La circulation lymphatique nourricière que l’on voit se répéter dans tous les tissus ne saurait faire défaut dans les centres nerveux.
La présence de capillaires implique d’ailleurs, je le disais à l’instant, une transsudation. Et puis, plus que partout, l’apport de substances nutritives et l’évacuation des déchets doivent être assurés; l’on pourrait même ajouter : doivent sûrement se faire dans les meilleures conditions possibles.
b) Sérum minérat, te tiquide céphato-rachidien ne saurait assurer ta nutrition des centres.
Le liquide céphalo-rachidien ne saurait constituer un milieu lymphatique. Les principes organiques qu’il renferme sont en proportions trop jaibtes pour qu’il soit nutritif. Les principes constitutifs essentiels de la substance nerveuse ne s’y trouvent d’ailleurs pas.
Faut-il rappeler qu’il ne véhicule que quelques milligrammes de phosphore par litre ; et autant, ou peut-être moins encore, de graisses ? Les lécithines, les cholestérines, si abondantes dans le cerveau, y font quasiment défaut.
Ces faits s«//ise/2/ à juger la question. Tout au plus, le liquide cérébro-spinal convient-il, comme nous l'avons vu, par son sucre, et peut-être son azote soluble, au maintien de reæc/7a6//f/e cellulaire, mais il ne saurait pourvoir à la nutrition même des centres.
D’ailleurs, le liquide serait-il la lymphe des centres, comment, évacuant des déchets, ne serait-il pas toxique ?