EFFETS DE L^INFLAMMATION
Le nombre assez imporlanL des éléments ainsi susceptibles d’obéir à des actions chimiolaxiqiies fait entrevoir combien, •suivant les toxines ou l’agent infectieux considéré, les « répon- ;ses » de l’organisme, les réponses « chimiques » sauront être variées et devenir des moyens d’investigation sûrs et fins à la jfois.
I Cas du liquide céphalo-racliidien.
L’élude qu’a faite Voisin de la réaction méningée chez l’en- Ifant, au cours des pneumonies et broncho-pneumonies, nous ) permet de distinguer à l’inflammation des méninges en particulier ciuatre stades réactionnels'.
1° Un stade congestif simple.
2° Un stade d'œdème séreux,
comprenant une congestion, vasculaire avec distension du . treillis méningé par un exsudât « séreux » sans éléments cellulaires.
3° Un stade d'inflammation légère,
correspondant à un œdème séro-purulent, avec infiltration leucocytaire de la trame méningée.
4° Une inflammation intense,
lésion typique de la méningite suppurée.
Voici pour les correspondances histologiques ; mais il est aussi, à ce schéma qui oriente l’esprit et fixe les idées, une correspondance chimique que je puis établir en fouillant la thèse de Voisin et en m’aidant de mes propres recherches analytiques.
Nous allons voir correspondre une formule chimicjne déterminée à des lésions anatomiques précises.
Formule chimique aux divers stades de l’Inflammation méningée.
Le sucre, les chlorures, ['albumine sont susceptibles de variations électives.
Chlorures. — On relève dans la thèse de Voisin quelques dosages de chlorures pratiqués le jour même de la mort, ce qui permet de comparer les résultats de l’analyse aux données microscopiques ^de l’anatomie pathologique (obs. 76, 72, 73, 42).
Les chlorures sont ainsi trouvés d’autant plus bas que Vinflam-
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE A l’ÉTAT PATHOLOGIQUE
malion méningée, mais siirLoiiL V œdème, sont plus proiioiiciî.s. Voisin note (obs. 76), pour une forle congeslion avec œdème par places: 6 gr. 84 ; pour un œdème séreux, une méning-Re séreuse vraie (obs. 7.2) : 6 gr. 61. La baisse esl moins forte (paand, malgré une « inflammalion légère» traduite par une infiltration leucocytaire, il n’y a pas d’œdème ; l’obs. 73 fournil ainsi : 7 gr. 0 de chlorures. L innammalioii correspond vraie à un chiffre inférieur aux précédents et voisin de 6gr. 50 [obs. 42 p. ex. (1)].
Albumine. — L’albumine augmente plus tardivement que les chloru res ne baissent, comme cela résulte encore des analyses et des autopsies de Voisin. Même dans les cas d' inflammalion légère (3® stade), le liquide céphalo-rachidien de ses malades n’était pas albumineux. De mon côté, je puis citer les cas de rachinovocaïnisés, qui ne présentent pas pour une congestion marquée d’augmentation du taux de l’albumine.
Pour amener l’albuminose, il faut se trouver au stade «inflammation vraie », que réalisent, par exemple, l’atropine et la cocaïne (Guinard, 1901 ; Monod, 1902), ou une dose convenable de loxine diphlériqiie chez le chien (Mestrezat).
Sucre. — Voisin ne s’est pas occupé du sucre ; mais l’étude que nous avons faite des variations de cet élément montre la facilité surprenante avec laquelle il peut augmenter. Si la congestion simple n’en modifie pas le taux, les tout premiers termes de l’inflammalion, par contre, ont déjà une action sur lui. Je l’ai trouvé augmenté chez mes rachinovocaïnisés, alors que les chlorures étaient encore à peine touchés.
Résumons-nous donc, en disant que les trois constituants envisagés, témoins de l’inflammation méningée à ses divers stades, se classeraient, suivant l’apparition successive des modifications rachidiennes leur correspondant, dans l’ordre :
Sucre,
Chlorures,
Albumine,
(1) Un chinVe de 0,7 a été trouvé neuf jours avant la mort, mais l’analyse des ponctions antérieures n’ayant cessé de montrer une baisse régulière des chlorures, c’est en réalité un chiffre très voisin de 6,50 que l’on aurait trouvé le jour de la mort.