Dans les processus inflammatoires chroniques
a) Les méningites chroniques présentent un taux de sucre compris entre celui des méningites aiguës et les valeurs physiologiques. La réduction directe du fehling est toujours positive.
Je trouve ainsi dans le tabès les valeurs suivantes : Cas récents : 0 gr. 41 — 0 gr. 52 — 0 gr. 48 — mogenne 0 gr. 47. — Tabès évoluant depuis ptusieurs années : 0 gr. 54 — 0,46 — 0,47 — 0,32 — 0,51 - 0,65 — 0,35 - 0,56 — (0,13) - (0,87) — (0,88) — 0,42 — 0,44 — 0,37. La mogenne générate estOgr.46 (en excluant les chilTres mis entre parenthèses, pour lesquels le processus méningé est anormalement aigu pour le premier, et mal caractérisé comme tabès
(1) 2 cc. du liquide de ponction. VI gouttes de fehling dédoublé (formule Denigès) et chauffage jusqu’à l’ébullition dans la flamme.
GLYCOfiACHlË
pour les deux autres). La moyenne typique de la méningite tabétique se place donc vers 0 gr. 46-0 gr, 47.
Diverses affections chroniques que j’ai eu l’occasion d’étudier montrent des valeurs analogues. Les chiffres obtenus sont seulement variables, suivant le caractère aigu ou torpide des lésions. Telles seront du moins les conclusions d’une analyse plus attentive des cas (1).
On trouve ainsi quelquefois des chiffres hgpo dans la paratgsie générate, Vhgdrocéphatie, les spinæ-bifidæ, dans la sclérose en plaques (2) ; dans quelques syphilis nerveuses (2 cas avec méningite particulièrement accusée : albumine, chlorures) pour lesquelles je trouve : 0 gr. 35 et 0 gr. 45 ; une épilepsie jacksonienne probablement syphilitique qui donne : Ogr. 42.
^) Les lésions de myélile ou à'encéphalile semblent, fait intéressant, ne donner lieu qu’à des modificalions insignifiantes du sucre. J’ai obtenu dans la paralysie générale, en dehors des 2 observations déjà mentionnées: 0 gr. 63 — 0 gr. 55 — 0 gr. 55 et 2 valeurs normales. Nawratzki donne : 0 gr. 55, d’autres auteurs des chiffres de même ordre voisins de la normale. Les méningomyélites et méningo-encéphalites rapportées à la suite de la P. G. P. ne parlent pas autrement. Hormis un cas d’hyper, je trouve : Ogr. 52 — Ogr. 59 et une valeur normale.
J.— Dans les épanchements sanguins de la cavité sous-arachnoïdienne.
L’hypoglycosie se rencontre enfin les loul premiers jours dans l’hémorragie méningée, si celle-ci a été abondante (obs. 99 et quelques observations de Froin). On la retrouve encore dans cette affection quand une iiifeclion méningée se superpose à l’hémorragie (obs. 101 et 102) ; l’explication de ce fait est simple et sera développée ultérieurement.
(1) Remarquons, en effet, que la considération des chiffres d’albumine et de chlorures nous permettra d’établir pour chaque malade l’importance delà réaction méningée chez lui.
(2) Un cas qui me donne : sucre = 0 gr. 30 montre, par les valeurs de l’albumine et des chlorures, qu’il y a des lésions inflammatoires légères conco- \nitantes.
LIQUIDE CÉPIIALO-MACIJIDIEN PATHOLOGIQUE
Augmentation du sucre.
Le sucre es l ciiigmenlé : 1° Dans le diabèle ; 2° Dans les ajjeclions aiguës: infëclions non sgslémalisées au sgslème nerveux et les inloxicalions ; 5° Dans beaucoup craffeclions nerveuses faisant épine irrilalive ; 4° Dans les hémorragies méningées en dehors des périodes définies ci-dessus pour les valeurs hgpo.
Examinons ces différents cas ;
/. — Augmentation dans le diabète.
SiCÂRD (1902) a, Tun des premiers, signalé l’augmentalion du sucre dans le diabète et les glycosuries. Le tableau suivant donne une idée des valeurs parfois assez élevées que l’on rencontre :
Taux de sucre du
Grammes de sucre de
Auteurs
liquide C. R.
par litre
l’urine des '24 heures
WlDAL et SiCARD {1902).
Launois et Boulud {1904).
Bierry et Lalou {1904).
Mosny et Beaufumé {1904).
SicARD et Rousseau Langwelt {1904).
Raymond.
Faisans.
Gillard {1904).
Mestrezat (cancer du foie).
Néoplasme gastrique. Ach. Lœper e
Très forte
augmen.
Coma diabétique. Souques et Aynaud.
Coma. Achard, Lœper et Laubry {1901)
Carrière {1905) ; Foster {1906).
Laubry
Ces chiffres sont, on le voit, supérieurs toujours à 0 gr. 90, et presque, peut-on dire, à 1 gramme.
a) D'un cas à Vautre, il n’y à pas de rapport entre la glgcosie rachidienne et la glgcosie des sujets.
b) Dans les cas de coma chez les cancéreux et, d’une façon générale, les sujets plus particulièrement auto-inloxiqués, la glgcosie rachidienne est la plus élevée.
GLYCORACHIE
c) Ajoutons, clans le môme ordre d’idées, cjue Mosny et Beaufumé, ;qui ont vu apparaître une réaclion méningée (formule cytologic]ue) i3hez un de leurs malades, ont saisi une aiignienlation parallèle du lauxde la ^/^corac/n'e (rapp. de la perméabilité méningée avec la Lglycorachie).
— Dans les infections systématisées aux centres et dans les intoxications aiguës.
Qu’il y ail ou non « phénomènes méningés » dans une infection géinérale aiguë ou dans un cas d'intoxication, la typhoïde et la rougeole mises à part, on note toujours une augmenlation de sucre rachidien.
J’ai trouvé dans la fièvre de Malte : 0 gr. 72 ; 0 gr. 71 ; 0 gr. 71 ;
0 gr. 64 ; 0 gr. 78. — Dirksen, dans la variole, signale 1 gramme. — Dans la rage, DcNizÈset Sabrazès :0gr. 72. — Dans un cas d’infecliion ourlienne avec réaction méningéeje trouve : 1 gr. 07. — Dans la
1 coqueluche, Sicard et Rousseau Langwelt donnent des chiffres avariant de 0 gr. 60 à 0 gr. 80. Dans la pneumonie, je trouve : •Ogr. 91 ; 0 gr. 97. Dans la broncho-pneumonie: 1 gr. 37. La moyenne i:les cas de pneumonie et de broncho-pneumonie sans phénomènes iméningés est de 0 gr. 80. Dans les mômes affections avec phénoimènes méningés : de 0 gr. 84.
Parmi les intoxications
L’urémie montre toujours des chiffres élevés, sauf dans c{uelc]ues cas d’urémie associée (où la nature de l’association empêche qu’il ;'en soit ainsi). Je trouve par exemple :
0 gr. 71 dans une insufflsance rénale (obs. 161); dans rucém/e •.associée: 0 gr. 75, 1 gr. 05 ; dans Turémie pure : 1 gr. 45 (obs. 170). IDirksen donne 0 gr. 75.
Enfin, chez un enfant en pleines crises convulsives (avec de l’urée rachidienne : urémie légère), je dose le chiffre énorme de 2 gram. de sucre ; chez une brûlée : 1 gr. 20 ; dans un ictère (obs. 178), je ! note 1 gramme.
A une ou deux exceptions près, qu'un examen approfondi des cas expliquerait cerlainement, on peut donc dire, en résumé, que le ssLicre est hgper dans les maladies infectieuses et les intoxications.
Deux affections, la typhoïde et la rougeole, feraient cependant (SKception à cette règle générale ; non seulement la typhoïde, mais encore les différentes affections touchant l’intestin.
J’ai Iroiivé dans la li/phoïde: 0 gr. 50, 0 gr. 51, 0 gr. 42 (1). SicARD cl Rousseau Langwelt (1904) (lonnaieiiL dans une (jaslroenlérile: 0 gr. 40 el 0 gr. 40. Dans la rougeole également, les valeurs ne sont pas hyper.
Ne faut-il pas voir, dans ces valeurs non aiigmenlées, la conséquence d’un fait qui distingue par niWeuvs \a Igphoïde et la rougeole de toutes les autres infections, savoir : la leucopénie, le manque de réaclion leucocylaire sanguine que l’on y trouve (2) ? Manque de réaction sanguine, manque consécutif de retenti.ssement sur les fonctions glyco-régulatrices. Telles seraient, selon toutes vraisemblances, la raison des hypoglycorachies observées dans la typhoïde, les aflections intestinales et la rougeole.
3. — Dans un certain nombre d'affections nerveuses, faisant « épine irritative » ou provoquant une congestion méningée.
a) Tumeurs cérébrales. — Le sucre est augmenté dans les tumeurs cérébrales. Sicard et Rousseau Langwelt (1904) relevaient déjà le fait dans un cas. Je l’ai retrouvé pour toutes les tumeurs dont j’ai analysé le liquide. J’ai dosé, dans un tubercule du cervelet ; 0 gr. 85 (obs. 11), dans un cas d’abcès multiples du cerveau (abcès non ouverts dans les espaces sous-arachnoïdiens) : 1 gr. 00 (obs.,96), dans une tumeur de nature non déterminée (obs. 97) : 0 gr. 68.
b) A côté des tumeurs se placent quelques autres affections nerveuses qui, au même titre qu’elles, font de l’hyperglycorachie.
Scléroses et diverses affections. — Une sclérose latérale amyotrophique m’a donné 0 gr. 85, une paralysie spinale antérieure chronique de Duchenne: 0 gr. 61, une syringomyélie : 0 gr. 87, une paralysie infantile : 0 gr. 73 (obs. 77).
Dans la syphilis nerveuse, j’ai trouvé : 1 gr. 02 (obs. 153, verli-
(1) J’ai bien obtenu dans cette même affection trois valeurs hyper : 0 gr. 60, 1 gr. 05, 0 gr. 62, mais elles ne sauraient s’opposer aux précédentes. La première se rapporte, en effet, à une typhoïde avec néphrite, ei c’est la néphrite qui cause l’augmentation du sucre. Les deux autres sont des ponctions faites in extremis, dans des conditions ou l’hyperglycorachie est fréquente.
(2) Récemment, Marie et Donnadieu (Leucogénèse et épithélium intestinal. G. R. Acad, sc., 30 oct. 1911) ont souligné le rôle de la muqueuse intestinale dans la leucogénèse.
GLYCORACHIE
et céphalée depuis quelques mois chez une syphilitique), «sur deux cas de labès (?) : O gr. 87 et Ogr. 88.
Dans tous ces cas, si dissemblables, lliyperglycosie ne relève cependant que de deux causes, toujours les mêmes, sur lesquelles lous reviendrons : 1" L’épine organique, faisant de l’hyperglyco- •achie comme elle fait de l'hyperglycémie et de la glycosurie; 2" la congeslion méningée, cause locale de l’hyperglycosie rachidienne.
4. — Dans les hémorragies cérébrales en dehors de la période du iiébut ou d’une réaction méningée superposée.
Les hémorragies cérébrales, qu’elles fusent ou non dans la ■cavité sous-arachnoïdienne, font de Vhyperglycorachie.
Dans deux hémorragies cérébrales non sous-arachnoidiennes, j’ai :obtenu 0 gr. 81 (obs. 58), et une valeur hyper dans l’obs. 99.
Dans des cas à’hémorragies sous-arachnoïdiennes je trouve : 0 gr. 98 ; 0 gr. 98 ; 0 gr. 85 (inondation ventriculaire : obs. 99) ; 0 gr. 97 dans l’obs. 100.
Cette hyperglycosie des hémorragies semble relever de Vhyperjjlycémie concomitante ; j’ai, en effet, dosé, dans le .sang du malade ide l’obs. 99, 1 gr. 80 de matières réductrices.