VALEURS PRÉSENTÉES A L’ÉTAT PATHOLOGIQUE
Le chiffre des chlorures rachidiens est particulièrement intéressant à connaîlre en pathologie nerveuse.
Personne, cependant, sauf peut-être Voisin (1903), n’en a soupçonné la valeur clinique (1).
1^' inflammalion méningée, dès le stade œdème séreux, abaisse à des degrés divers, suivant son intensité, les chlorures rachidiens.
U imperméabilité rénale, au contraire, les élève par la rétention minérale qu’elle détermine.
Ces propositions résultent de l’analyse pure et simple des nombreuses valeurs que j’ai obtenues et de celles, reconnues exactes, fournies par la littérature.
Les chlorures peuvent être abaissés, augmenlés ou conserver un taux normal.
(1) Le fait tient en partie aux chiffres erronés qui ont été publiés, lesquels empêchent les auteurs de saisir la signification des variations de ces constituants.
CHLORURES
tbaissement des chlorures.
Le taux des chlorures est abaissé :
- Dans les méningites aiguës.
'De toutes les affections nerveuses, les méningites aiguës présenut à considérer les taux les plus faibles, et parmi elles la ménin- : te tuberculeuse se distingue par des pourcentages particiilièrecntbas, palhognornoniques de cette affection.
ILes valeurs y oscillent entre 5 et 6 grammes, alors qu’elles sont i.iijoiirs supérieures à ces chiffres dans les infections non bacillai- -s. Les taux suivants, obtenus dans la méningite tuberculeuse, 'ermettent de juger de la réalité de ce fait. Chez l’enfant, j'ai dosé ;
09 5 g,-. 50 — 5 gr. 60 — 5 gr. 55 — 5 gr. 80 ; chez l’adulte, ■lujours moins classique comme formule : 5 gr. 78 (moy.)— 5 gr. 90
- 5 gr. 85 — 6 gr. 06 — 6 gr. 05 — 5 gr. 85 — 5 gr. 75 (obs. 1 , 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13). Denigès et Sabrazès donnent :
^gr. 90 — 5 gr. 90 — 5 gr. 95 — 6 gr. 00.
La normale est, je le rappelle, 7,32. Dans la méningite à méningonques, les chiffres sont plus élevés, je trouve : 6 gr. 50 — 6 gr. 41
- 6 gr. 70—6 gr. 75 — 6 gr. 43—6 gr. 59; dans une méningite I pneumocoques suraiguë ; 7 gr. 25 ; dans une méningite à slreplotoques : 6 gr. 53.
Les auteurs confirment ces données.
Une méningite ourlienne me fournit 6 gr. 68; une encéphalopathie ■oécifique aiguë ; 6 gr. 79.
Ces quelques chiffres soulignent, on le voit, l’abaissement général 1 U chiffre des chlorures dans les méningites, mais mettent surtout I n évidence l’une des caracléristiques remarquables de l’infection : acillaire, un véritable signe pathognomonique de cette affection : i taux extraordinairement bas qu’y prennent les chlorures.
. — Dans les méningites subaiguës et chroniques.
Les chlorures sont également abaissés dans les méningites subiiiguës ou chroniques, mais cela d’une façon moindre que dans les i*as précédents.
Citons les observations n"® 22 et 23 de méningites cérébrospinales rusles, avec 7 gr. 03 et 6 gr. 68; celles de 2 méningites alcooliques
LIQUIDE CEIMIALO-RACIIIDIEN DATIIOLOGIQUE
(obs. 64 et 65) qui doiinonL ; 6 gr. 36 el 7 gr. 06. Dan.s le labès, j’ai olitenii les moyennes suivaiües : 7 gr. 23 — 7 gr. 30 — 7 gr. 17, ce qui est très faible comme abaissement.
Méningo-encéphaliles, Méningo-imjéliles.
En dehors d’une participation méningée particulièrement accusée, les abaissements sont très réduits dans ces afl'ections (Voyez plus loin).
Les scléroses nerveuses^ les psgehoses non organiques, les névroses ne donnent que des chiirres normaux.
Dans Vépilepsie, cependant, Vitteman (1906) et Volsin (1910) ont quelquefois signalé des valeurs abaissées: 6 gr. 40; 6 gr. 78.
S’agissait-il alors bien d’épilepsie essentielle '? Je n’ai trouvé dans des épilepsies des névroses, en dehors des crises, que des valeurs normales.
3. — Dans les affections non systématisées au système nerveux.
Dans les infections générales, la ponction lombaire montre des chlorures très légèrement abaissés; mais il ne s’agit que de quelques centigrammes seulement, si l’affection ne s’accompagne pas d’une réaction méningée. Y a-t-il au contraire phénomènes méningés ce qui correspond à un état congestif et œdémateux des méninges, sans infection en général de la cavité rachidienne, et consécutivement sans hyperalbuminorachie, on voit les chlorures baisser d’une façon appréciable (1).
Les moyennes suivantes, constituées par l’ensemble des déterminations de Voisin et les chiffres que j’ai obtenus dans les pneumonies et les broncho-pneumonies, rendent compte du phénomène.
(1) J’appelle l’attention sur ce point que les phénomènes méningés, lesquels relèvent de l’observation clinique, ne traduisent nullement toujours les faits anatomiques. 11 est des différences dans le mode de réaction des malades, il y a, pour chacun, un tel coefficient personnel que l’on ne peut vraiment, pour des cas isolés, conclure de l’un à l’autre. Ajoutons, par contre, nous aurons l’occasion de le démontrer, que les faits anatomiques sont toujours d’accord avec les résultats de l’examen chimique, et l’abaissement plus ou moins grand des chlorures, en particulier.
CHLORURES
Valeur normale
Cas sans réaclion méningée
gr.
(.32 dét.)
— avec phénomènes méningés
gr.
(11 dét.)
— avec méningile (inflammation
(1 obs.)
méningée)
gr.
Les valeurs obtenues dans des affections différentes parleraient dans le même sens. On trouvera dans la variole, la rougeole, les oreillons, les angines, la rage, le lélanos, la malaria, des chiffres du même ordre.
Augmentation du taux des chlorures.
A parcourir les valeurs supérieures à la normale, c’est presque exclusivement dans les néphrites ou les cas cliniques relevant d une imperméabilité rénale que nous les trouvons.
Dans un néphrite hydropygène, j’ai dosé 7 gr. 80 (obs. 158); 8 gr. 55 dans un rétrécissement infranchissable (obs. 160); quelques néphrites, avec légère imperméabilité, mais sans urémie, donnent;
7 gr. 60 (Lesieur et Froment), 7 gr. 90 (Nobécourt et Voisin) (1). Dans Viirémie associée, j’ai trouvé : 7. gr. 80, 8 gr, 40, 7 gr. 48,
8 gr. 20, 7 gr. 20, 7 gr. 90. U urémie curable accuse aux auteurs : 7 gr. 60, 7 gr. 66, 7 gr. 91, 8. gr. 00; Vurémie morlelle, 8 gr. 31, 7 gr. 72, 8 gr. 10 (2).
Les quelques valeurs supérieures à la normale trouvées en dehors de celles que je viens de citer ne relèvent pas de lésions anatomiques différentes. 11 s’agit de labétiques, de paralgliques généraux, d’une hémiplégie syphililique, tous syphilitiques ou anciens syphilitiques, et, de ce fait, sujets à caution au point de vue rénal. 11 s’agit encore de lyphoides, de pneumonies ei broncho pneumonies avec néphriles. Citons quelques chiffres : 7 gr. 50 et 7 gr. 85 dans le tabès; 7 gr. 91 dans le P. G. P. (obs. 70) ; 7 gr. 49 dans une hémiplégie spécifique (obs. 152) ; 7 gr. 50 et 7 gr. 80 dans 2 -'typhoïdes.
(1) Il est à peine besoin d’ajouter que, pour qu’une néphrite puisse faire de riiyperchlorie rachidienne, il faut qu’il y ait imperméabilité rénale aux chlorures, ce qui n’est pas toujours le cas.
(2) .Je néglige volontairement les données de Carrière, qui sont fausses, , comme je l’ai montré.
LIQUIDK CÉPJlALO-RACIIlDIIiN PATJIOLOGIOUE
Valeurs normales.
Les chlorures demeurent normaux dans les mijéliles et les encéphalites, ce qui permet, dans le cas d’une méningo-myélite ou d’une méningo-encéphalite, déjuger de l’importance de la participation méningée.
Tels sont, en effet, les faits qui ressortent des valeurs que j’ai obtenues dans la paralysie générale ou de celles signalées par les auteurs dans cette affection, encore de mes observations n°® 74, 75, 76, 77 de mémngo-my élites et de méningo-encéphalites, pour lesquelles je relève ; 7 gr. 22, 7 gr. 30, 7 gr. 40, 7 gr. 23. Ce fait est intéressant.
Les chlorures sont normaux dans les scléroses nerveuses, les névroses, les psychoses non organiques.
Ajoutons enfin que l’on trouve quelques valeurs normales par compensa .• superposition d’une imperméabilité rénale à une inflammation méningée, ou inversement.