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ET DOSAGE DE LA SÉRINE ET DES GLOBULINES

Sans rentrer dans les discussions théoriques qu'entraîne l’emploi des termes sérine et globulines, je désignerai sous le nom de globulines les albumines qui précipitent par SO^Mg à saturation ou par le sulfate d’ammoniaque à demi saturé ; sous le nom de sérine, le ou les albumines non précipitées par le SO'^Mg à froid mais qui le sont ultérieurement par acidulation et chauflage ; encore, celles qui, non insolubilisées par le sulfate d’ammoniaque à demi-saturation, sont précipitées à saturation complète.

Séparation et dosage des globulines.-- 3à5 cc. de liquide céphalo-rachidien sont additionnés jusqu’à saturation de sulfate de magnésie pur. N’employer qu’un sel recrislallisé, celui du commerce donnant des solutions opalescentes.

Quand la saturation est complète, abandonner 24 heures le tube à luimême avant d’effectuer par la diaphanométrie le dosage des globulines. Cette dernière précaution est indispensable sous peine de commettre des erreurs allant du simple au double. Le dosage se fait diaphanométriquement en tenant compte de la dilution qu’a fait subir à la prise d’essai l’addition de sulfate de magnésie. La correction est facile.

Lorsque les recherches de globuline et de sérine portent sur des liquides normaux dont la teneur en albumine est très faible, il est indispensable de concentrer au préalable ces liquides dans le vide à 35° avant de procéder à l’addition de sulfate de magnésie.

Hemarque. — Si le liquide examiné renferme des albumoses, la saturation par le sulfate de magnésie précipite les albumoses primaires (proto et hétéro), laissant dans les eaux-mères les albumoses secondaires ou deutéro-albumoses (Halliburton).

Séparation et dosage de la sérine.

Le liquide saturé parle sulfate de magnésie est filtré sur un petit filtre.

NOTIONS TKCHNIQÜKS

2 ce. du filtrai sont additioniii's d’acide Iricldoracélique et portés à l’éltullition. La sérine se précipite. Allendi-e vingt-<piatre heures avant d’en faire le dosage diaplianométi-i(pie.

Méthode au milfale d'ammonia<jue. — En mélangeant au lifjuide céphalorachidien son volume d’une solution saturée de sulfate (te NH*, les glohulines précipitent (métiiode de Nissi., Conuf.im, Nonne et Api*elt, Comre, 1204;.

Remarque. — Le sulfate d’NII^ à demi-saturation précipite avec les glohiilines le.s alhumoses primaires (proto et hétéro), s’il s’en rencontre dans le licpiide. Les deutéro-alhumoses ne sont insoluhilisées (ju’à saturation complète.

Méthodes faisant usage, dans un but diagnostic, des recherches de

globuline et de sérine.

On retrouve dans la littérature du liquide céphalo-rachidien diverses techniques qui, sous le nom de Méthode de Guitlain, de Phase I de Nonne et Appett, de Méthode de Cinibal, d'Essai butyrique de Noguchi, ne sont qu’une application des procédés ci-dessus.

Méthode de Gu///a/n (1903). — Guillain sature le liquide à e.s.sayer par le sulfate de magnésie. Le résultat est positif si un « flou marqué » apparaît.

Nous reviendrons ultérieurement sur les résultats cliniques ainsi obtenus; disons seulement qu’après lui : Meyer (1905 et 1907), Henkel (1907), S.midt (1909), ont fait usage de celte technique.

Phase 1, de Nonne et Appett (1907). — Nonne et Appelt. cherchant une méthode qui puisse fournir des résultats utilisables en clinique, donnent après essai comparatif la préférence au sulfate d’ammoniaque. L’essai que ces auteurs dénomment phase I se fait en mélangeant des volumes égaux de liquide et d’une solution saturée de sulfate d’INtP. Les tubes abandonnés à eux-mêmes sont examinés au bout de trois minutes ; leur contenu est alors: limpide, opalescent ou trouble. Les auteurs tablent sur ces différences pour conclure. Leur phase II, rarement employée, consiste à saturer complètement le liquide de sulfate d’ammoniaque.

C’est en Allemagne surtout que cette phase I a été utilisée. Cilons : Ziveri, Billstroem, Schlessinger, Mayer, Ziciielberg et Wirth, etc., qui après Nonne et Appelt s’en sont servi.

Méthode de Cimbal. — Cimbal procède par précipitations fractionnées au moyen de sulfate de zinc.

Le résultat d’une première précipitation est banal, celui d’une seconde au contraire ne se retrouverait qu’avec les affections organiques. L’auteur ne sait qualifier de sérine ou de globuline les précipités obtenus.

Essai butyrique de Noguchi.

[Diagnostic de ta syphilis des centres.)

Dans un essai qui porte son nom, Noguchi (1) cherchait à précipiter les globulines en excès, indiquant ainsi un procédé qu’il crut spécifique de la syphilis (nerveuse ou pas).

Noguchi mélange Occ.2 de liquide céphalo-rachidien avec 1 cc. d’acide butyrique à 10 “/o (en volume) — Chaufl’e quelques instants à l’ébullition — Betire du feu ; puis ajoute rapidement Occ.2 de soude normale et fait bouillir ■ de nouveau quelques secondes. L’aspect granuleux du précipité et la tendance qu’il montre à se rassembler en un culot indiquent une réaction

(1) Voyez IIammarsten, Lehrbuch, 6* édit., p. 643.

ALBUMOSES ET PEPTONES

positive. « Avec des liquides normaux ou non spécifiques, ajoute-t-il, il peut y avoir une opalescence légère ou quelquefois un trouble marqué, mais celui-ci ne se dépose cependant 2^as au bout de plusieurs heures ou même après 24 heures. »

Noguchi ne précise pas autrement après quel laps de temps la réaction cesse d’être positive, ce qui serait nécessaire, car, à la longue, le dépôt finit toujours par se produire.

Beaudoin et Français, qui en 1909 ont repris ces essais, ne sont pas plus explicites. Ayant eu à mon tour l’occasion de pratiquer celte réaction (1), mon e.vpérience personnelle m'a conduit à fixer à 3 heures le temps dans lequel la précipitation doit s’effectuer pour être positive.

Je considère comme négatifs tous les essais pour lesquels un culot net et bien dejDose n est pas forme a ce moment j tel est par conséquent le cas des échantillons uniformément troubles ou pour lesquels les flocons demeurent en susj^ension. J’ai préféré de idIlis 0|3érer sur les quantités doubles de celles indiquées par Noguchi. Le détail de celte technique et la valeur diagnostique de la réaction de Noguchi seront donnés ultérieurement (Liq. Path. 2de sous-division).

ALBUMOSES ET PEPTONES.

Los albumoses se distinguent des albumines vraies • par leur non-coagulabilité par la chaleur en milieu légèrement acidulé et dans un liquide d’une concentration saline non excessive.

L'acide Irichloracélique, qui précipite complètementles albumines, convient l^arfaitement, employé à chaud, à les séijarer des albumoses et des peptones. C’est même, me semble-t-il, le réactif de choix.

L’acide acétique ne précipite pas toujours complètement les albumines, ce qui a suscité des techniques compliquées, et peu intéressantes (1).

Ajoutons que les albumoses sont complètement précipitées par le SOLNH* et le SO^Na2 à saturation (Kuhne, Pick, Haslam), et qu’il doit en être de même pour le SO%Ig (Halliburton).

Albumoses et peptones donnent la réaction au biuret.

Recherche et dosage.

5 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien, étendus de sérum physiologique si la proportion d'albumine est forte, sont chauft'és au voisinage de l’ébullition et additionnés de X gouttes environ d’acide trichloracétique au tiers.

Le tube, après avoir été abandonné plusieurs heures à lui-même, est réchauffé au bain-marie et filtré à chaud.

Sur une jiartie du filtrat on essaie la réaction du biuret (addition d’un quart de soude à 30 “/o au liquide essayé ; puis d’une goutte ou deux de sulfate de cuivre à 1 “/o).

(1) W. Mestrezat, Euzière et Roger. LEncépliale, n°9, septembre 1911.

NOTIONS TECIINKJUES

Si celle réaction demeure néçjaliue, il n’ij a ni (ilbumoses ni peplones dans le milieu.— Est-elle positive, on continue les recherches.

a) Albiinwses. — Le liltrat est saturé par le sulfate d’ammoniaque (n’employer qu’un sel recristallisé donnant des solutions limpides). L’intensité du /Ion obtenu dans le cas de la présence d'albumoses permet un dosage diaphanomélrique de ces dernières,

h) Peplones. — Le liquide séparé par filtration du précipité formé par le sulfate lie NH‘ renferme les peplones.

Ün recherche celles-ci par le réactif du biuret, non sans avoir chassé l’ammoniaque en excès ; ou bien, simplement, à l’aide d’une solution de tannin acétique.

FIBRINOGÈNE ET FIBRINE.

Le fibrogène se rencontre parfois dans l’inflammation méningée sous forme de filaments ou de voiles fibrineux de consistance variable après coagulation.

On ne saurait cependant toujours compter sur les ferments naturels pour provoquer cette dernière, aussi quand on soupçonne l’existence du fibrinogène dans un liquide, convient-il d’additionner 2 cc. de celui-ci, de 111 à IV gouttes de sérum frais, qui assure la présence d’une dose suffisante de fibrine-ferment.

NUCLÉO-ALBUMINES.

Les nacléo-albumines, constituées par un noyau nucléinique accolé à une albumine (qui se trouve être souvent une globuline), sont solubles dans les milieux alcalins, d’où les précipite l’acide acétique dilué.

Quelques auteurs ont parlé des nucléoprotéides du liquide céphalo-rachidien. Il conviendrait peut-être toutefois, avant de prononcer pareil mot, de vérifier si le précipité obtenu à froid par l’acide acétique dilué est soluble dans les alcalis faibles et si' les cendres fournies contiennent du phosphore. Aucune de ces vérifications n’a jamais été faite.

Mucine.

Les nmcines, groupées à part dans la classification des albumines, se recherchent aussi par addition à froid au liquide de ponction d’acide acétique dilué. Elles donnent un précipité soluble dans les alcalis faibles, ne renfermant pas de phosphore mais donnant par hydrolyse, pour les mucines vraies, une glycosiamine réductrice. La dose d’acide acétique au dixième qu’il importe d’ajouter pour celte recherche n’est certainement pas quelconque ; des essais faits sur un liquide de kijsle poraovarique m’avaient indiqué une dose optima de VII gouttes d’acide ù l p. 100 pour

CHOLINE Et BASES ORGANIQUES AZOTEES

2 cc. de liquide (1), mais je ne saurais affirmer que cette dose convienne à tous les cas (2).

Réactions de Rivalta et de Moritz.

La technique de la réaction de Rivalta a été bien fixée par Lautier (3) : ASOcc. d’eau distillée on ajoute I goutte d’acide acétique à 50 p. 100 (Rivalta et PiEPER ajoutent le double) et on y laisse choir aussi près que possible de la surface libre quelques gouttes de l’exsudât ou du transsudât à essayer. Les gouttes en tombant laissent au sein du liquide des traînées blanchâtres que l’on à comparées à la fumée d’une cigarette, si la réaction est positive.

Moritz préfère verser dans 2 cc. du liquide examiné II à V gouttes d’acide acétique à 5 p. 100. L’apparilion d'un trouble serait l’indice d’une inflammation aiguë des méninges ou des centres.

^ Bases azotées.

CHOLINE ET BASES VOISINES

Recherche de la choline.

Nous ne possédons aucune méthode qui nous permette de caractériser sûrement la choline dans le liquide céphalo-rachidien, Toutes, à des degrés divers, sont sujettes a erreur, aussi la question de la choline rachidienne, pour être comprise, exige-t-elle essentiellement un exposé des techniques successivement employées.

a) Méthode au PtCI^.

La choline ou triméthyl-oxyéthylammonium à la fois base et alcool donne des sels et des éthers. Sa formule est :

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