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Sér’inej globuline .
La xaiilliochroraie se voit sans qu’il soit besoin d’un dispositif particulier. Les liquides sont jaune verdâire (Babinski, Froin et Foy); jaune brun (Froin obs. IV, Sicard et Descomps) ; jaune d'or (Froin obs. Il et III, Gestan et Ravaut, Fornaca et obs. personnelles XIV et XX). Donath a signalé une teinte rosée.
Nous reconnaissons dans ces teintes la succession des aspects bien connus d’un processus de biligénîe hémolytique locale, dont la démonstration nous est d’ailleurs donnée par la nature des pigments trouvés ; hémoglobine (Donath) ; pigments biliaires (Froin et Foy, Blanchetière et Lejonne) ; urobiline (Fornaca) ; pigments dérivés dans d’autres cas (recherches spectroscopiques négatives : Tedeschi).
Densité. — 1019, Fornaca ; 1012, Blanchetière et Lejonne.
Delta. — Froin a donné: — 0"49 et — 0°56. dans 1 cas ; — 0°52 —0^57, dans deux autres; Fornaca, — 0°80 et moi-même (obs. XIV) des chiffres variant de — 0°57 à — 0°59.
Albumines totales.
En aucune autre circonstance, leliquide ne se montre aussiriche en albumine que dans le cas du S}'ndrome de coagulation massive. Froin note son «existence en proportion abondante»; Tedeschi (1906) dose 28 gr. 80; Fornaca (1906), 4 gr. 17 ; Blanchetière et Lejonne, 25 gr. 50 et 27 grammes.
Personnellement, j’ai trouvé dans mes diverses observations :
9 gr. 66 à 40 gr. (obs. XIV), 9 gr. 50, 8 gr. 70, 9 gr. 00, 6 gr. 20 (obs. XIV, XIX, XX, XXI).
Fibrinogène et fibrine. Coagulation du liquide.
La piopriété de se coaguler qu a ici le liquide céphalo-rachidien est certainement l’une des plus typiques et des plus frappantes.
Quelquefois, le liquide se prend dans l’aiguille même (Froin, Sicard et Descomps, obs. personnelle, XIV, dans les dernières ponctions). Le plus souvent le coagulum apparaît après une dizaine de minutes, d’au treslois seulement après un temps plus long: 1 /2 heure, 6 heures (Lépine). Enfin, dans d’autres circonstances, même dans J des cas typiques, la coagulation peut ne pas se produire, si le tube est seulement abandonné à lui-même.
La coagulation spontanée, qu ont seule considérée certains auteuis. Il est, en effet, pas toujours l’expression de la vérité. La présence du fibrine-ferment est indispensable au phénomène ; or,
INFLAMMATIONS CIIRONigUES
celui-ci ne préexiste pas dans le liquide ct'qihalo-rachidien el peut UC pas s’y rencontrer après ponclion, si celle-ci a été elï‘ecluée dans de bonnes conditions, c’est-à-dire si aucune hémorragie, môme microscopique, ne s’est produite, ou que le contact avec les tissus n’a pas eu lieu, si enfin, le liquide ne renferme que peu de leucocytes.
Je ne saurais en conséquence trop conseiller, comme je le faisais en 1909, d’ajouter à titre préventif, à tout liquide céphalo-rachidien xanthochromique soupçonné du syndrome de coagulation massive, quelques gouttes de sérum frais (II gouttes par cc.).
On évite de la sorte les aléas auxquels expose la ponction, et on ne laisse pas passer inaperçue un cas de coagulation massive, comme le fait pourrait se présenter sans cela (1).
U abondance du coagulum obtenu est variable d’un cas à l’autre. Sa consistance est, en général, suffisante pour que, imitant le geste de Donatii, l’on puisse « retourner le tube». Le liquide se prend en gelée tremblotante. Peu à peu, cependant, le réticulum fibrineux revient sur lui-même, laissant exsuder un sérum xanthochromique, dans lequel la fibrine nage sous forme de voile plus ou moins opaque, plus ou moins épais.
Quelques dosages de fibrine ont été faits :
Fornaca a pesé 0 gr. 60 par litre; Blanghetière et Lejonne : 1 gr. 70 — 1 gr. 61 — 1 gr. 63, quantités très importantes ; moimême, avec Derrien et Roger, j’ai obtenu un chiffre supérieur à 0 gr. 65 (obs. XX). Un voile de consistance moyenne, sans coagulation massive, correspond à 0 gr. 50—0 gr. 35 de fibrine environ. Ces valeurs, qui se rapprochent parfois de celles du sang, sont pathognomoniques du syndrome.
Produits de digestion des albumines.
Albumoses. Peptones.
Donath signalait dans son cas la présence ééatbumoses. Le liquide de l’observation XXI en accuse 1 gr. 50 par litre. D autre part j’ai toujours constaté, que malgré une défécation à l’acétate neutre de plomb, le dosage du sucre était rendu difficile par une
(1) La coagulation provoquée a de plus l’avantage, dans les ponctions en série, de prolonger la durée du phénomène, d’ôlre l’expression de sa diiiée véritable, et de souligner le parallélisme qu’il afiecte avec la xanthocbio mie (obs. person. XIV).
réaclion du biuret. Les albiimoses semblent donc se rencontrer avec une certaine fréquence.
Ces faits sont à rapprocher de ceux observés par Sicard dans le mal de Pott. J’aurai l’occasion de revenir sur ce point et d’en souligner l’intérêt diagnostique ; cette présence d’albumose tient à la stase du liquide.
Sucre. — Dans plusieurs observations personnelles, XIV, XIX, XX, le taux du sucre a été supérieur à la normale (congestions transsudation) et voisin de 0 gr. 70 à 0 gr. 80 ; d’autres fois cependant (Fornaca, obs. pers. XIX), il s’esl montré normal ouhypo, ce qui dépend vraisemblablement de la septicité de la cavité.
Chlorures. — Les chlorures, dans l’ensemble, sont abaissés, ce qui cadre avec un processus de méningite chronique ou de congestion très marquée avec altération vasculaire.
Je relève : 6 gr. 93 de moyenne, obs. XIV ; 7 gr. 12, obs. XIX ; 7 gr. 20 de moyenne, obs. XX; 6 gr. 80, obs. XXI; 7 gr. 10, obs. XXII.
Extraits. — Les extraits alleignent dans le syndrome de coagulalion successive des valeurs qu’ils ne présentent nulle part ailleurs.
L’observation XIV accuse : 18 gr. 50 et 49 grammes; on note des valeurs de 18 à 20 grammes dans les autres. Blanchetière et Lejonne donnent : 37 grammes.
Cendres. — Rien de particulier à noter pour les cendres et leur alcalinité.
Urée. — 0 gr. 59 dans un cas, Blanchetière et Lejonne.
Perméabilité.
a) De dehors en dedans :
Nulle à l’iodure (Froin), aux nitrates (Mestrezat et Roger.)
b) De dedans en dehors, contrairemenl à ce que Von observe sur des culs-de-sac lombaires normaux^ celle perméabililé est nulle ou très faible. Le fait a plusieurs fois élé constaté: pour le collargol, par Froin et Foy ; pour le salicylate de soude, par moi-même. (Obs. XX).
Propriétés biochimiques.
Amylase. — Dans l’obs. XIV, j’ai trouvé un liquide au pouvoir amylolytique supérieur à celui de liquides normaux.
INFLAMMATIONS CIIHONIQULS
Propriétés hémolytiques. — Par le pi océdé de Bard, l’iiémolyse a été recherchée et Lrouvée positive une Cois.
Formule cytologique.
Dans plusieurs des observations précédentes, l’on note une formule cytologique (lymphocytes et globules rouges, sains ou en voie de désintégration, cellules néoplasiques). La réaction cytologique n’est cependant pas la règle, plusieurs cas ne la présentent pas d’une façon appréciable.
En résumé :
L’examen chimique du liquide céphalo-rachidien révèle des propriétés particulières que l’on retrouve semblables à elles-mêmes dans toutes les observations, ce qui me permet de les résumer delà façon suivante :
Présence en proportions tout à fait anorniates de fibrinogène (coagutation massive) ; doses d'athiimine et d'extrait particutièrement éteuées ; xanthochromie dutiquide; présence quetqiiefois d'atbumoses et de produits de dégradation des atbiimines ; abaissement du chiffre des chtorures (congestion, méningite chronique); taux de sucre hyper ou hypo, suivant, seton toute vraisemb tance, ta nature toxicpie ou infectieuse du processus.