‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 20 sur 329 · Méthode physiologique d' Halliburton · texte numérisé non relu

Méthode physiologique d' Halliburton

Mott et Hallibukton (1899) recherchaient enfin encore la choline par 1 action hypotensive des extraits alcooliques d’organes. Il est démontré en réalité aujourd’hui que la choline pure, et récemmentpréparée (Modrakowoski Pfluger’s Archiu. T. 124, oct. 1908, p. 601.— et Bosquet et Paciion, C. R. Soc. Biol. T. 67, p. 218, juillet 1909) élève la pression au lieu de l’abaisser. L’effet hypotenseur observé par les auteurs anglais et de nombreux expérimentateurs qui ont eu l’occasion de répéter leurs expériences tiendrait ainsi, non pas à de la choline, mais à des produits de décomposition (muscarine, néVrine, etc...) qui souillent rapidement les e.xtraits et enlèvent toute valeur au « Test Physiologique » (1).

Valeur et signification des méthodes de recherche de la choline.

Ouelques-unes des méthodes connues sont sensibles ; mais aucune n'est spécifique. A tel point, que nous sommes en droit de douter que l’on ait jamais isolé de choline de liquide céphalo-rachiden. Et de fait, des divers essais d’identification qui ont été tentés, tous ont échoués. Démontrerait-on d’ailleurs que la choline se rencontre réellement dans les précipités obtenus, qu’il faudrait encore prouver qu’elle ne provient pas d’une décomposition des lécithines au cours des opérations (Claude et Blanchetière).

Causes d’erreur et valeur des méthodes au chlorure de platine.

Trois grandes causes d’erreur :

a) Les sels de potassium et d’ammonium principalement peuvent donner des chloroplatinates qu’il est difficile de séparer et de distinguer du sel correspondant de choline ; Les formes cristallines obtenues ne sont pas essentiellement différentes (Mansfeld, Rosenheim, etc.); la solubilité des sels, lorsqu’il y a mélange, n’est pas un caractère péremptoire ; enfin les propriétés optiques ne sont pas davantage démonstratives, quoi qu’en ait dit Donath (2).

Or, si les sels ammoniacaux ne se rencontuent pas en général dans le liquide céphalo-rachidien (Mestrezat), les sels de potassium y sont au contraire assez abondants. N’étant pas absolument insolubles dans 1 alcool absolu, ds se retrouvent dans l’extrait alcoolique et comptent ou peuvent compter comme choline. La grosse cause d’erreur est là. D’autant, que la teneur en potassium augmente à l’état pathologique (Ziveri, 1908, Mott, 1910).

b) En dehors des sels de potassium et de la choline, il est d’autres bases organiques qui donnent des chloroplatinates peu solubles.

Rosenhei.m, 1907 ; Kutsher et Rielander et Kauffmann, Kajiura, Laignel-

(1) La choline pure élève d’une façon temporaire la pression sanguine, mais n’est en aucun moment hypotensive, elle n’est pas excito-sécrétoire ; elle n’est nullement toxi<iue.

(2) KA.JIURA, 1908, montre en effet que des solutions dans l’eau distillée de COMv2 et KCl, traitées par IHCR peuvent donner des cristaux hirétrmgents, par suite d’impuretés qui se trouvent en quantités infinitésimales dans ces sels et que l’on décèle ainsi.

NOTIONS TECHNIQUES

Lavastine et Lasausse uni conslalc riicLérogénéilc des précipités i)laliniques. n

c) Enfin, le précipite plaliniipie peut renfermer de la clioline formée pendant l’opération au dépens des lécilhines sous faction de la chaleur, ou des réactifs. Claude et BL.\NCHETiÈnE, 1907, sur des échantillons de sang n’obtiennent en elTet un précipité qu’autant qu’ils chaufTent à 100" ou recourent à l’acidulation selon la techni<iue de Donath.

En résumé ; Un résultat négatif par la méthode au chlorure de platine permet dans une certaine mesure d’affirmer l'absence de choline ; mais l’existence d’un précipité ne saurait en démontrer la présence (1).

Valeur de la réaction de Florence.

Egalement peu spécifique est la réaction obtenue par le réactif iodo-ioduré, bien qu’elle soit déjà, sous ce rapport, infiniment préférable aux précédentes.

Sans doute, les sels de potassium et d’ammonium n’influencent plus les résultats, mais de nombreuses bases organiques se montrent encore susceptibles de donner des cristaux voisins de ceux fournis par la choline. Enfin la formation de choline au- dépens des lécithines, sous l’action des réactifs, est tout aussi possible que précédemment.

Struve, 1909, indique comme donnant une réaction analogue à celle de la choline : La bétaïne, la névrine, la muscarine, Vammanlinine, la sinalbine, etc.

Denigês obtient avec les sels de trimélhylamine d’autres amines ternaires., plusieurs ammoniums quaternaires, des cristaux identiques. Gumprecht 1900, retrouve des formes analogues avec la neurine, la neuridine, la muscarine, la morphine. Tandis qu’il n’obtient rien avec la cocaïne, la strychnine, Valloxanlhine, la guanine, la nucléine, les acides minéraux, l’ammoniaque, la baryte, etc. Rosenheim, 1907, forme des cristaux avec la bétaïne et la neurine, mais ceux-ci seraient différenciables de ceux donnés par la choline.

Les bases formées dans la décomposition de la céphaline, de la cérébrine, du cérébron ne donneraient pas de periodures.

En un mol, le réactif iodo-ioduré, tout en étant préférable au chlorure de platine, puisqu’il ne donne de cristaux qu’avec les seules bases organi-ques, n’en demeure pas moins insuffisant à démontrer la présence de choline dans le liquide examiné.' Il caractérise un groupement N{CtF), qui se retrouve dans de nombreuses bases organiques au même titre que dans la choline.

(1) Il iniporte aussi de n’opérer que sur des liquides prélevés sur le vivant. Ues précipités par le chlorure de platine, comme par le réactif iodo-ioduré,

rapidement après la mort (Gumprecht 1900 ; Coriat, 1904 ; ZivERi, 1908 ; Mott, 1910).

La matière cérébrale abandonnée à elle-même donne lieu à la forma- Ron de bases agissant sur les réactifs (Brieger, 1885; Gulewitsch, 1898; Coriat, 1901.)

Page 1