SCLÉROSE EN PLAQUES
Les lésions de sclérose de cette alTection semblent nettement en rapport, étiologiquement tout au moins, avec un processus infectieux. Son évolution, son anatomie palhologique, ne sont à cet égard pas moins significatives, elles en font « une variété de myélite » (Déjerine et Thomas. Maladies de la moelle ; collée l. Brouardel et Gilbert, p. 394).
Les trois analyses que je rapporte ci-après autorisent pleinement cette manière de voir :
un processus méningé est bien esquissé dans l’obs. 92 (légère hyperalbuminose. Baisse des chlorures ; hypoglycose). L’hyperalbuminose est nette dans les observations 93 et 93 bis.
OBSERVATION n” 92. — Sclérose en plaques avec paralysie spasmodique.
Jeune 1111e de 19 ans, entre le 23 lévriei" 1999, dans le service du prolesseur Hauzier, pour paralysie spasmodique.
Depuis trois ans, dilticullé i)rogressive de la marche. Pas de douleurs. Aurait présenté quelques troubles de même ordre dans son jeune àsre. Pas de syphilis.
Examen : Démarche spasmodique classique. Parésie et ataxie des membres inferieurs. Un peu de contracture ; pas de tremblements. Hien aux membres supérieurs,
Exagération de tous les réllexes tendineux avec trépidation et Babinski.
Sensibilité norinale, pas de dissociation. Nystagmus. Pupilles normales. Intellect conservé. Parole scandée. Bien aux autres appareils, un traitement radiothérapique demeure sans action.
Examen du liquide de ponction lombaire (1).
Al. 0,35. — Ch. 6,78. — Suc. 0,30.
Pression, normale. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — Réaction, lég . alcaline. — Perinéabililé aux nitrates, 15 milligr. — Examen microscopique, réaction très légère.
En somme, processus inflammaloire infectieux très net.
(1) Déjà donné in thèse d’Axglada, 1909, obs. VI.
SCLÉROSES NERVEUSES
OBSERVATION n“ 93. — Sclérose en plaques.
E. Eüurn..., G1 ans, entre en novembre 1910 dans le service du professeui- Vires.
Tableau de sclérose en placpjes. Tremblements parole. Nystagmus. Pupilles égales et réagissant. Exagération des réflexes. Pas de Babinski Pas de trépidation épileptoïde. Douleurs en ceinture. Nie la syphilis.
A fait du 11 et 15 décembre jusque vers les premiers jours de janvier 3705, 39“ de lièvre avec céphalée persistante, nausées, vomissements état vertigineux. ’
Cet état vertigineux a persisté ; parfois, douleurs très intenses dans les membres. Pas de syphilis.
Ponction le 9 mai 1911, liquide limpide, légère lymphocytose.
Al. 0J5. — Ch. 7,40.
Réaction, lég. alcaline. — Noguchi, négatif, légère hgperalbuniinose.
OBSERVATION n“ 93 bis. — Sclérose en plaques.
Espé..., malade du service du professeur Rauzier (Salle Fouquet, n' 26. 20 novembre 19111.
Début brus([ue il y a 3 ans par paralysie faciale et délire.
Etal actuel: Impotence fonctionnelle des membres inférieurs et du membre supérieur gauche. Quelques douleurs. Pas de troubles sphinctériens. Tremblement intenlionneT du bras. Parole lente et scandée. Réflexes vifs, démarche un peu ébrieuse. Nystagmus. Parésie du dioit interne droit. Pupille non contractile à la lumière.
Les auteurs ont trouvé dans la sclérose en plaques :
Densité: 1007 (de Buck 1905).
A 0“52 (Achard, Loeper et Laubry, in Dircksen 1901).
Chlorures : normaux (Achard, Lceper et Laubry).
Sucre: 0 gr. 46 (Gillard 1904).
P20“ (libre) : 0 gr. 140 (de Buck) (!). P^Qo (total) : 0 gr. 45 et 0 gr. 049 (Donath 1904).
Carbonates (en CO^Na^ par litre) : 1 gr. 20 (de Buck 1905).
Pas d'isohéniolysines (de Buck).
Examen du liquide de ponction lombaire :
Al. 0,60. — Ch. 7,40. — Suc. (/).
Examen à la cellule de Nageotte (Euzière) : 1,0.
SYRINGOMYÉLIE.
Les pertes de substances qui caractérisent les lésions syringomyéliques reconnaissent pour origine des causes Irès diverses : origine mécanique; anomalie de développemenl ; fonted’uue lumeiir médullaire; reliquat d’une inflammation aiguë ou chronique, d’un ramollissement, d’une hémorragie de la moelle, etc... Aussi faul-ilsal-
(1) Normal.
SYRINGOMYÉLIES
tendre à trouver des formules chimiques variables en rapporl avec ces origines diverses.
Mon observation montre une réaction (hyperalbuminose et hyperglycose) qui témoigne d’une légère inflammation.
Les auteurs ont donné dans la syringomyélie :
A = — 0°57 et — 0°62 (Monod, in th. de Wolf 1901).
OBSERVATION n“ 94. — Syringomyélie.
Homme de 59 ans, entre le 13 mars 1909 dans le service du professeur Rauzieh pour faiblesse des jambes, chutes fréquentes et quelques phénomènes douloureux. Début il y a 18 mois.
Typhoïde et éthylisme. Pas de syphilis.
iixomea ; Parésie des membres inférieurs, moins nette aux membres supérieurs. Exagération des réflexes tendineux; Irépidalion épileptoïde. Babinski bilatéral. Simple exagération des réflexes aux membres supérieurs. Pas de troubles de la sensibilité aux membres supérieurs, tlissociation syringomyélique aux membres inférieurs. Intellect intact.
Rien aux autres appareils, P. 72. Tension 15. Petit éclat diastoliipie au cœur. Le traitement radiothérapique ne donne aucun résultat.
Examen du liquide céphalo-rachidien (1):
Ponclion du 2 avril 1909.
Al. 0,55. — Ch. 7,70 (2). — Suc. 0,87.
Pression, normale. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. —
A -0»59. — Réaction, lég. aie. — Fibrinogène, 0,0. — Perniéabililé aux nitrates, pas faite. — Amylase, légère trace. — Examen microscopique, 0.
Conclusions.
Dans les sclérosés consliluées de l’axe nerveux, le liquide céphalorachidien conserve une composition normale.
Les différentes maladies de la moelle faisant de la sclérose peuvent, suivant les conditions étiologiques ou pathogéniques propres à chacune d elles ou à un cas déterminé, présenter des formules normales ou légèrement modifiées, traduisant des lésions congestives ou inflammatoires.
L analgse chimique est un niogen précieux d’interroger chaque CAS, de saisir la nature infectieuse ou toxique de tel processus, de révéler la réalité de lésions inflammatoires et d’acquérir
de la sorte des renseignements précieux sur l’évolution de t' affect ion.
fi!
2i tn thèse Anglada, 1909, obs. XIV.
; L est par erreur que Anglada a donné 7,31.