V. TUMEURS CÉRÉBRALES
Le l’elenlisseinent des tumeurs sur la composition du liquide céphalo-rachidien tient à leur nature d’abord (1), mais aussi à leur situation profonde on superficiette (2).
L’hyperglycosie est signalée dans la plupart des cas, elle traduit, avec divers symptômes cliniques, avec l’hypertension fréquente, la congestion des parties méningées ou corticales avoisinant la tumeur.
Je vais exposer brièvement les faits que j’ai pu recueillir sur la question.
TUBERCULOMES.
observation 11 est celle d’un tubercule du csrvelet non ramolli. Elle est intéressante parla formule de congestion aseptique qu’elle montre en novembre et en décembre (légère hyperalbuminose, légère baissedes chlorures avec hgpergtgcose). La dernière analyse, qui est faite au moment de la généralisation du processus tuberculeux présente une formule dans laquelle on retrouve toutes les caractéristiques de la méningite tuberculeuse.
OBSERVATION n° 11. — Tubercule du cervelet (3).
L. Arag..., 25 ans, clerc d’huissier, entre dans le service du professeur Rauzier (salle Fouquet, n° 28), le 17 septembre 1909. Syndrome cérébelleux
(1) Tuberculomes, gommes, gliomes, sarcomes, carcinomes, kystes parasitaires, etc.
(2) Ces faits nous expliquent que, même dans certains cas de tumeurs suppuratives profonefes (obs. 100 par exemple), on puisse ne pas rencontrer de réaction albumineuse du li(iuide, alors (pie celle-ci se montrera, au contraire, fort bien dans des observations de gliomes, de tubercules crus, si ceux-ci par leur situation superficielle ont un retentissement méninge.
(3^ Observation détadlée in Hauzier et Roger. Bull, Soc. desSc. Méd. de Montpellier, ei Montpellier Médical, 18 décembre 1910, et m Rauzier, Leçon clinique, Prou. Méd,. 1911.
TUBERCULOMES
des mieux caractérisés. Céphalée persistante avec exacerbations paroxystiques. Douleurs occipito-temporales s’irradiant au reste de la masse en encéphalique. Vertiges. Vomissements cérébraux. Troubles de la marche, devenue incertaine et titubante. Affaiblissement léger de la vue. Réflexes exagérés des deux côtés. Babinski, pas de Kernig.
Les antécédents personnels et héréditaires du malade ne semblent laisser aucun doute sur la nature de son mal, et font porter le diagnostic, vérifié à l’autopsie, de tuberculome du cervelet.
Ponction le 7 octobre 1909. Liquide hypertendu, limpide, incolore, ne présentant pas de réaction leucocytaire.
L'analyse chimique montre une dose normale d’albumine.
15 novembre (2“ examen chimique). — Les symptômes déjà constatés se sont accentués d’une façon assez lente. La démarche devient de plus en plus incertaine. La vue a bien diminué, un examen de fond d’œil montre de l'œdème papillaire, par stase, bilatéral.
La ponction pratiquée ce jour laisse sourdre un liquide sous tension (‘200 gouttes à la minute, limpide, incolore, présentant /■éoc//on lymphocytaire 1res légère. Examen chimique : légère hyperalbuminose. Chlorures non modifiés. Hyperglucose.
Décembre (3“ examen chimique). — Dans le courant de décembre est apparu une diplopie. Les lésions thoraciques constatées à l’entrée ont progressé. Arythmie régulière du cœur. Analyse; albuminose de 0 gr. 40. Chlorures normaux, toujours hyperglycose.
Evolution ultérieure : [Méningite tuberculeuse).
Dans le courant de l’hiver, le malade s’affaiblit de plus en plus. En janvier il ne se lève plus. Vertiges incessants. Vomissements. Constipation. Vue très diminuée. Amaigrissement progressif. ,C’est alors que vers la fin juin (24 juin) paraît survenir assez brusquement une complication méningée grave avec alternatives de délire et de coma. Relâchement des sphincters. Carphologie. Raideur très prononcée de la nuque. Kernig. Abolition des réflexes rotuliens. Nystagmus etmouvements synergiquesde rotation des globes occulaires. Pupilles inégales et insensibles à la lumière. Bruits du cœur sourds. Pouls 108. Cette méningite emporte le malade le 27 juin 1909.
Autopsie (18 heures P. M.) : Méningite de la base, avec véritables placards recouvrant la région du bulbe et de la protubérance et englobant le chiasma. Le liquide céphalo-rachidien était abondant autour du cerveau. 11 dilate également les ventricules. Le liquide qui s’écoule du ventricule moyen est recueilli pour être analysé.
Du côte du cervelet -. Tubercule massif et dur du lobe médian de la grosséur d’une châtaigne. Tout autour, zone de ramollissement des lobes latéraux. Poumons : Tubercules discrets à droite ; caverne à gauche. Tubercules des testicules.
Examen des liquides de ponction lombaire :
Ponction du 7 octobre 1909.
Al. 0,20.
Pression, hyperlension. — Aspecl, limpide. — Examen cytologique, 0.
Ponction du 15 novembre 1909.
Al. 0,35. — Ch. 7,23. — Suc. 0,85.
Pression, hyperlension. — Aspecl, limpide. — Fibrine, pas. — Examen cytologique, réaclion lympho. très légère.
Ponction de décembre 1909.
Al. 0,40. — Ch. 7.23. — Suc. 0,77.
Autopsie 28 juin 1909 [liquide du ventricule moyen) 18 h. P. M.
Al. 1,10. — Ch. 6,12. — Suc. (1). — Ext. 13,10. — Ce. 8,50.
(1) Pas de réduction.
'ruMEüns cÉRÉnnAMis
OBSERVATION n“ 95. — Processus tuberculeux !?i localisé de la base. Compression du nerf optique. Légère albuminurie.
Ce cas csL à rapprocher du précédent.
Jeune fille du service du professeur Truc. Ponclionnét le 20 juin 1911 Hypertension. Heaclion légèrement lymphocytaire. Papille de stase avec atrophie blanche de début.
0 gr. 30 d’albumine dans les urines.
xU. 0,70. — Ch. 7,60. — Suc. (1).
Pression, hyper. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — Examen cytologique, lymphocytose assez abondante.
Autres valeurs :
Frenkel-Heiden (1906) a dosé comme albumine :
1 gr. 22 —1 gr. 62 — 1 gr. 75 —2 gr. 22 dans les cas de tuberculomes.
GLIOMES.
L’observation que je rapporte et les quelques chiffres trouvés révèlent en général une réaction purement congestive dans les gliomes. Il est probable toutefois qu’une tumeur ramollie, ouverte dans le liquide céphalo-rachidien, ferait de l’hyperalbuminose.
Des valeurs normales doivent aussi se rencontrer.
OBSERVATION n° 65. — Gliome du cervelet chez un enfant.
Le détail de cette observation a déjà été donné, ainsi que les constatations nécropsiques (p. 397). Il s’agit d’un gtiome assez volumineux, avec début de ramollissement. La tumeur est plutôt profonde et ne semble pas avoir eu, macroscopiquement du moins, de retentissement méningé.
L’analyse de novembre est normale. Celle de juillet, le sucre mis à part (car j’ai des raisons de penser que ce chiffre est trop faible), décèle un processus congestif.
Voici, en effet, les examens céphalo-rachidiens que j’ai pratiqués dans ce cas :
(1) Normal.
GLIOMIÎS
Ponction de juillet 1908, liciuide prélevé à l’autopsie (ventricule moyen).
Al. 0,35. — Ch. 6,95. — Sue. 0,5Z(?)(1). — Exl. 10,60. — Ce. 8,20.
Pression, hypertension. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — \ —0°55. — Réaction, lég. aie.
Ponction de novembre 1908.
Al. 0,17. - Ch. 7,66. - Ext. 10,93. — Ce. 9,00.
\ —0°60. — Réaction, lég . aie. [Pour l’analyse des cendres, voyez p. 398).
Autres valeurs:
Dans un gliome du cervelet, Sicard et Rousseau-Langvelt ont donné: sucre: 1 gr. 15; chlorures : Ggr. 20; Frenkel-Heiden (1906) a dosé comme albumine : 1 gr. 16.