‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 219 sur 329 · Disparition de la xanthochromie · texte numérisé non relu

Disparition de la xanthochromie

Vingt ou vingt-cinq jours après l'èpanchement de sang dans les méninges, la xanthochromie disparaît. Ce délai est cependant quelquefois, mais rarement, raccourci à 14 jours (Roy et Lévy) (1910), prolongé au delà de la quarantaine (Froin).

Exceptions.

Liquides non hémorragiques au cours d’hémorragies ventriculaires ou sous-arachnoïdiennes.

Quelques observations indubitables de liquides non hémorragiques au cours d’hémorragies ventriculaires ou corticales ont été rapportées : Fürbringer (1897) (Hémorr. ventric.) ; Braun (1897); Dupré et Sebileau (1903) (inondation ventriculaire 17® jour) ; Faure-Beaulieu (1904) ; Froin (1904) (obs. V et VI) ; BARTHet Cahen (hémorr. sus-cérébelleuse) (1905). Enfin, j’ai moi-même avec Anglada (2)

(1) WiDAL, SiCARD et Ravaut (1902), Bard (1903).

(2) Voyez urémie.

PROPRIÉTÉS DU LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN

sio-nalé le fait d’une hémorragie de la corlicalité, n’ayanl pas eiUraîné de modifications dans l’aspect du liquide céphalorachidien.

La raison de ces faits n’apparaît pas toujours d’une façon nette ; mais il me semble qu’il y a surtout ii envisager une question de consistance plus grande du caillot, avec résistance à l’effritement ; une question enfin (Xenkijstement anatomique possible dans une région ou la circulation du liquide céphalo-rachidien est difficile

(corlicalité).

Autres constantes du liquide céphalo-rachidien dans les hémorragies du névraxe et de leurs enveloppes.

On a signalé au moment de la résorption d’une hémorragie quelques deltas élevés, ce qui paraît en rapport avec un processus de^désintégration globulaire, de tragmentation moléculaire, in situ (1).

Achard, Loeper et Laubry, et Dirksen indiquent ; — 0“/3; Aciiard et loeper dans un autre cas donnent : — 0“68; Sarrazès et Muratet (19Ü3) : ;

Fboin (1903) — 0“62, — 0<>63 ; le même (1904) ; 0<>60. Dans sa thèse je releve les chiffres élevés de : -0»60 (obs. 3j, — 0“60 (obs. 10-12-5) à côté d’autres bien

inférieurs de : — 0“55, — 0“56. -

Une légère élévation du \ coïnciderait avec 1 afflux leucocytaire reaclionnel. Voici en eflet les moyennes obtenues en colligeant les chilTres donnes par Froin dans sa thèse (1905) et ses articles de 1903 et 1904 :

Moyenne

du !*'• et du 2° jour,

4* jour

6® jour

7“ au

12® jour

20® jour.

au delà du

30” jour.

(5 dét.) — 0“57 (8 dét.) — 0‘>58 (4 dét.) — 0059 (6 dét.) —0^576 (4 dét.) — O0505 (5 dét.) — 0“572

Ces clîifl’res indiquent une légère augmentation du A le 5®, 6® jour, c’est-à-dire au moment où commence, comme je l’ai indique, la désintégration gtobutaire.

Personnellement, j’ai trouvé : — 0°,62 (obs. 100 : 2° jour) 0°,60 (obs. 101 ; période avancée, liquide incolore).

Concluons donc, que tes A varient au cours d'un même processus, qu'ils peuvent présenter des 'valeurs élevées nettement en rapport avec la désintégration des éléments de répanchement.

(1) On peut en effet rapprocher de ces faits les a particulièrement élevés trouvés pour le sang dans les ictères hémolytiques ou les hémoglooinuries : Chauffard et Fiessinger ont donné : — 0"63 ; Chauffart et Vincent : 0"o4 ;

oPARKiEwicz : — 0”87 ; Korany : 0“70.

in^MOltRAGIFïS Cl'RiERRALRS ET MENINGEES

Albumine.

Le dosage de 1 albumine ii’a guère èlé pratiqué dans l’hémor gie mtiiiiigée , nous ne possédons nue les évaluations un i

propres recherches. Ces données sont toutefois suffisantes pour montrer qu il se rencontre dans les hémorragies du névraxe on de ses enveloppes des liquides tantôt normaux, tantôt très albumineux,

en rapport avec l’épanchement sérique qui vient de se produire (l'^ et 2° jour surtout) :

VoLK (1902) ; Froin (1903) ; Froin et Boidin (1904) ; Froin, thèse, obs. 3-10-12 et surtout; 1 et 3 (pour lesquelles le liquide céphalo-rachidien « semble du sérum » tant sa richesse en albumine est grande) ; moi-même (obs. 99) j’ai noté de ces cas à'albiiminorachie précoce.

Cette albuminose du début n’a pas de durée, rapidement elle régresse par résorption. Les quantités colossales notées par Froin (obs. 3) avaient disparu le 5« jour. Elle n’est pas saisie dans toutes les observations si l’épanchement est peu important ou la résorption rapide. (Froin, obs. 5-6-9 : 4% 3®, 2« jour, et dans mon observation 100, première ponction au 2® jour).

2® L hyperalbuminose du début ayant régressé, une nouvelle élévation de l’albumine peut se montrer, mais elle n’a rien d’un phénomène constant. Elle tient à un processus méningé réactionnel, comme Froin dit l’avoir constaté 'dans quelques observations (obs. 3; 7® jour; obs. 6:17® jour ; Froin (1903) : 14® jour). Je liai personnellement pas retrouvé ces faits dans les observations 99 et 100.

3® Enfin, dans quelques cas, les chiffres d’albumine demeurent constamment hyper (obs. 102 et mômejusqu’à un certain point j’obs. 101). Il s’agit alors, comme la chose est nette pour l’obs. 102, d’une véritable méningite concomitante ou tout au moins d’un étal méningé accusé, préexistant ou superposé à l’hémorragie méningée, elle-même cause ou effet.

Concluons cjue les chiffres d’albumine dans l’hémorragie méningée sont quelquefois normaux, le plus souvent augmentés au début.

et reconnaître trois causes et trois types à cette hyperalbuminose. 1° On trouve au début une hyperalbuminose massive, nettement

PROPRIÉTÉS DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

peiil-êlrc aussi au moment de la période réactionnelle ; enfin, dans une troisième éventualité, si une méningite légère (réactionnelle ou primitive) se superpose au processus morbide. La courbe de Valbuminose ne laisse dans ce cas aucun doute sur l'existence de celte inflammation surajoutée ou préexistante .

Fibrine. — Aussi hemorragi(iues ([ue soient fies liquides retirés par ponction lombaire, leur incoagiihililé est générale.

^ Même 2 et 3 heures après l’ictus, Froin a retiré par ponction des liquides incoagulables (obs. 1 et 2), à plus forte raison 0 heures après (oÎjs. 5), ou iuon 10 heures : Baukr (1903), 7 heures : Koy et Lévy 1910); ie puis ajouter que si une coagulation ne se produit pas. ce n’est pas faute de fibrine-fernient (observation 102).

Cette absence de coagulation ne saurait surprendre; nous on ti*ou- Yons la raison dans la coagulation in silu, (pii se fait sitôt après répanchement (Froin).

C’est seulement dans des cas de méningile concomilanle, comme Froin (1903) l’a indiqué, que l’on peut voir apparaître de la fibrine. Son origine est alors inflammatoire (obs. 102): observations de Volk (1902), et de Renault et Foix (1908).

Il n’existe qu’un cas (Je liquide coagulable. 11 s’agit d’une observation de Bruneau qui est d’ailleurs discutable.

Chlorures.

Les chlorures peuvent être normaux ou légèrement abaissés. J’ai trouvé dans l’obs. 99 ; 6 gr. 95 et 6,97. Dans l’obs. 102: 7 gr. 15 à 7,33.

Quelquefois ils sont supérieurs à la normale (observation 101) : il y a alors lieu, comme dans cette observation, de suspecter la perméabilité rénale.

Halpern et Landau (1908) ont donné les deux cliillres de 6 gr. 43 et 6 gr. 55.

Concluons donc à une légère diminution possible en rapport avec un processus méningé réactionnel.

Sucre. — Toute hémorragie cérébrale, par un processus dont le mécanisme intime n’est peut-être pas univoque (1), fait de Yhgperglycorachie, qui atteint le plus généralement des taux voisins de 0 gr. 95 et un gramme par litre.

On ne rencontre l’hypoglycosie ou une glycosie normale que dans des circonstances suivantes :

i. 1® Au début, dans les premiers jours d’une hémorragie abon-

(0 Epine irritative ou congestion réactionnelle (p. 263).

IIliMORRAGIES CÉRÉrRALES ET MENINGEES

dante. Le fail esl, lacile à comprendre, de par la quanülé même des éléments figurés vivanls en suspension dans le liquide, élémenls Ions avides d’hydrales de carbone (p. 263). (obs, 99).

2'’ Au cours du processus réaclionnel, qui peut survenir au moment de la résorption du résidu hémorragique (Froin), ou encore d’une méningite concomitante (obs. 101 et 102).

La réaction méningée, cause de l’hypoglycosie, nous est démontrée dans ces cas par l’augmentation de l’albumine qui n’est pas l’albumine sanguine épanchée, l’existence d’une formule leucocytaire, une baisse de chlorures et souvent une perméabilité méningée.

Toutes les valeurs que j’ai obtenues et celles indiquées par Froin (1) s’expliquent de la sorte.

L’obs. 99, par exempte, montre le premier jour une hypoglycosie de 0 gr. 35 que rend très naturelle le culot énorme, haut de 30 millimètres, obtenu dans le tube à centrifuger. Le surlendemain, le culot n’étant plus que « très léger », le sucre, suivant ce que j’ai dit, remonte à 0 gr. 98.

Dans l’obs. 100, où le culot est minime, l’albuminose normale, le sucre présente dès le 2® jour un taux de 0.97, en rapport avec le peu d’abondance de l’épanchement.

Les obs. 101 et 102, avec méningite associée, montrent des taux qui trahissent nettement le processus inflammatoire ; je note, en effet, 0 gr. 22 et 0 gr. 35.

Extrait cendres. — Les cendres sont normales. L’extrait à 100“ esl plus élevé qu’rà l’état physiologique, cela suivant l'importance de l'hémorragie (obs. 99, 100, loi, 112).

Urée. — On a pu signaler de petites quantités d’urée dans des liquides hémorragiques; 0 gr. 25 (Lesieur, Froment, 1910) ; 0 gr. 09 (Pic, (1909); 0 gr. 75 (Beutter) ; même une fois 1 gr. 50 dans" un cas de pachyméningite alcoolique (Mollard et Froment). Le terrain polyscléreux sur lequel surviennent en général les hémorragies cérébrales explique nalurellement ces constatations.

Acétone. — Pas d’acétone dans les liquides hémorragiques : Bon-

NOTTE (1909) ; obs. 101 et 102.

Perméabilité. — La perméabilité à l’iodure souvent nulle (Chauffard, Froin et Boidin. Froin (1903-1904) et thèse (obs. 4 et 5) ; a cependant quatre fois été trouvée positive par Sicard (1902) et Widal et Sicard

(1) On ne peut que regretter que Froin n’ait pas fait de déterminations quantitatives, car l’aspect que présentent des réductions pour lesquelles les proportions de liiiueur de fehling et de liquide ne sont pas toujours mesurées d’une façon précise varie dans des limites assez grandes.

PROPRIÉTÉS DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

. .«ê nnp h méningée cufable et une mortenej,

aloiï que les réactions albumineuses et cytologiques battaient leur plein.

Antinn neroxvdante. — C’est par excellence avec les liquides hémorcme l’cm obtient des réactions positives avec les reactifs perovfdSSer (n .oîescine réduite, phénol-phtaléine redu.te pyram.don .

p-nvar et eau oxygénée).... etc. (Mestrezat, Froin).

P-Le'i ilîiofes^cences développées par le réactif cà la Huorescine sont particulièrement belles (p. 293)

hfMOLYSINES. — L’hémolyse tient à deux facteurs : une sensibilisa- . et un ou élément banal. L’hémolyse que 1 on constate

llTns la cavir'râSiTdienne à la suite d une hémorrag.e ne se produit

'’voicï^cTquVl'on peut dire au sujet de rhémolyse céphalo-rachiilienne :

1» Présence d’une sensibilisatrice libre dans le liquide céphalo-

'-ail™); Ou, rua, N et La„o-

/■ in lonip rmt nii l'éussir a mettre en cvidence une sensibilisa Sc^^Ze'Xt^dL'^liqlideï' dfiémor^^ vers la lin de la période

résorption nelle.

2“ A défaut de sensibilisatrice libre, les auteurs trouvent des glo-

dans les hémorragies méningées est admise et iroûvlé par tout le monde (Widal et JouTRAm, 1909; Castaione et A Weill ^1909; Follet et Chevrel, 1910 ; Roy et Levy, 1910, TroisiER, obs. ’ 13, 14, 15. Cette hyporésistance est bien due a une sensi bilis'ation comme a montré Troisier.

3° L’origine de ces anticorps est bien le fait d’un processus local

‘”u 'fés'orption' des produits albuminoïdes ou outres épanchés avec l’hémorragie est trop rapide pour penser- un inslant que les corps Usants trouvés dans la cavité racludienne longt^ip» apies 1 ictus puissent provenir du sang originellement ^

effet, montrer que l’alexine deversee dans la cavité ny était déjà plus

^locale ^(globules blancs, cellules fixes). Abondants clans le liquide, céphalo-rachidien, ils peuvent ne pas se renconüei, en effet, en ciuantités appréciables dans le sérum (Castaigne et \\eill). Ajoutons qu’ils ne sauraient d’ailleurs denver de ceux que peut quelquefois contenir le sang, puisque les plexus sont imperméables a tout

^Va'formabon^des pigments biliaires ne serait (Troisier) qu'une bémolvs6 continuB©.

Pour le mécanisme intime de tous ces phénomènes, je renvoie au livre intéressant de Pnom (2).

Application au liquide céphalo-rachidien de la méthode de Bard

dans le cas de liquides hémorragiques.

L’essai de Bard (p. 216). montre un laquage pour une addition de seulement IV. VI, IX gouttes d’eau (Bard, (1903). Les A étant peu modifiés dans l’hémorragie méningée, c’est donc que ces liquides reniermenl des substances hémolytiques.

(1) Nous savons, en elTet, cju'un abaissement du tonus ne saurait

ici intervenir. . . .

(2) Froin. Hématolyse et hématogénèse, Steinbeil, 1910, Pans.

l‘JO

IlÉMOItHAGIES

CÉRÉHUALES ET MENINGEES

En résumé,

Le liquide céphalo-rachidien a, dans ou cérébrales inléressanl les espaces priélés SLiivanles:

les hémorragies méningées sous-arachnoidiens, les pro-

Un aspect hémorragique, cela 1res rapidemenl [1 à 2 h. après l’hémorragie). Aspecl qui disparait vers le jour environ.

Une couleur jaune, par hémolyse, apparaissant du an 2^ jour, en cessant de se montrer vers le 20^ ou 23^ en général.

L’albumine est variable, augmentée loul à fait au début, suivant l’importance de l’épanchement ; augmentée encore quelquefois lors d’une période de réaction résorplionnelle ; augmenlée enfin, d une façon conlinue et sans retour aux valeurs normales, dans le cas d’un processus méningé concomitant.

La fibrine ne se rencontre pas en dehors d’un processus d’inflammation méningée.

Les chlorures sont légèrement abaissés ou normaux [irritation méningée).

Le sucre est fortement hyper, en dehors des tout premiers jours, où t’invasion massive du tiquide par tes étéments figurés vivants du sang peut amener tes valeurs hypo. Celles-ci se rencontrent encore uttérieiirement s’it y a inf amination méningée.

Un processus hémolytique peut enfin être caractérisé dans tes tiquides ; fragitité des g tobules, présence de pigments bitiaires et d’hémogtobine à certaines périodes de ta résorption.

Les substances peroxydantes [noyaux ferrugineux) y sont très abondantes.

La perméabitité méningée a qiietquefois été trouvée.

Page 1