CHAPITRE I
URÉMIE
Dans ce chapitre, je vais en réalité faire l’étude du liquide céphalo-rachidien dans V imperméabilité rénale à ses divers degrés sans me préoccuper outre mesure de l’existence ou non, dans les cas considérés, du syndrome urémique .
Ce qu’il importe en effet de connaître, tant au point de vue de 1 histoire de l’humeur rachidienne que de l’étude pratique que nous poursuivons du pronostic d’un cas considéré, c’est bien plus la connaissance du degré réel de l’intoxication que l’existence chez le malade d’un syndrome clinique, variable dans les conditions de son apparition et dans l’intensité de ses manifestations.
Car en effet, ici comme dans de nombreux chapitres de pathologie déjà rencontrés, nous retrouvons des aptitudes infiniment variables des malades à réagir, des façons profondément différentes pour eux de manifester une même lésion ou un degré d’intoæicalion identique.
Tel sujet chez qui l’imperméabilité rénale ne sera que peu prononcée, pour lequel les analyses d’urine et celles des diverses humeurs s’accorderont à ne signaler qu’une rétention moyenne, présentera des symptômes nerveux le faisant étiqueter « urémique » alors que tel autre, profondément intoxiqué, à rein presque feriué, pourra ne pas être considéré comme tel.
Je sais que l’on répondra à ceci que le taux de l’urée des humeurs ne saurait juger sans appel de l’intoxication d’un organisme ; et l’on fera valoir la multiplicité des poisons urémiques pour expliquer telles anomalies observées.
En réalité, ce que l’on sait se produire dans les infections
URÉMIE
o-cinérales, la lyphoïde, la fièvre de Malle, la pneumonie, les broncho-pneumonies, etc., et ce que j’ai personnellemenl noté dans nombre d'affeclions nerveuses, méningiles aiguës, tabès, paralysie o-énérale, etc., le cléfanl de parallélisme maintes fois conslalé ^nlre la sijmplomalolocjie clinique et les lésions trouvées à t'autopsie, ou révétées par ta ponction tomhaire (qui ici est loujours d’accord avec les conslalalionç microscopiques, p. 543), m’invite à ne tabler qu'avec modération sur les symptômes cliniques, pour apprécier la participation vraie, anatomique,, des méninges ou des centres à un processus morbide donné. Les diiïérences individuelles sont trop o-randes pour ne pas conduire souvent à des erreurs.
"" Ceci pour m’excuser d’englober dans ce chapitre « urémie » des cas qui ctiniqiiement n’en sont pas et de grouper, sans tenir autiement compte de la symptomatologie observée, toutes les observations d’imperméabilité rénale données (1); pour expliquer enfin la tendance que je montrerai à juger du degré d’une intoxication urémique par le dosage de l'urée surtout.
La précision, vraiment déroutante, des pronostics ainsi portés se chargera démontrer le bien-londé de cette manière de voii.
J’étudierai successivement ;