III. — Le liquide céphalo-rachidien
dans l’imperméabilité azotée.
Cette dernière partie comprenant tous les cas où t’iirée est en proportion pathologique dans le liquide céphalo-rachidien.
Pour respecter dans la mesure du possible les jalons cliniques, je ferai à cette dernière partie, comme mes prédécesseurs, trois sous-divisions :
(1) Nous verrons cepeiulanL que, si à considérer individuellement les cas, le parallélisme entre le syndrome clinique et le syndrome chimique nexistc pas toujours, à envisager des moyennes, on peut établir des rapports nets entre eux.
INTOXICATIONS
1° Liquides céphalo-rachidiens renfermant de l’urée. . .
. . .sans urémie clinique.
2“ Liquides dans l’urémie associée,
(le syndrome urémique se superposant chez eux à un étal organique, nerveux, infectieux ou autre, qui complique le cas, et ne le fait pas dépendre du seul pronostic de l’intoxication urémique).
3‘’ Liquides dans l’urémie pure.
Considérations diverses.
Historique. L’urée dans le liquide céphalo-rachidien.
La première recherche d’urée dans le liquide céphalo-rachidien remonte, semble-t-il, à 1896. Il s’agissait d’un cas de méningite tuberculeuse analysé par Denigès et Sabrazès (1896).
CoNCETTi, Cavazzani, Guérin, Panzer l’ont toujours retrouvée à l’état de traces dans diverses affections. — Achard, Loeper et Laubry, Dircksen (1901) donnèrent quelques chitîres dans l’urémie ; mais c’est en réalité à Widal et Froin (1904) qu’il convient de faire remonter le premier travail systématique sur la question. Ces auteurs, par quelques exemples précis, ont, dès 1904, pu esquisser tout l’intérêt diagnostique du dosage de l’urée rachidienne, que devait reprendre et compléter plus tard Froment dans divers articles (1909-1910) et dans la thèse de Bonnotte (1910).
Castaigne et Weill (1911) nous ont donnné une bonne revue générale et pratique de l’urée rachidienne.
Diffusibilité de l’urée. — Parallélisme de l’urémie -.{sens physiologique du mol) et de la teneur en urée du liquide céphalo-rachidien.
L’urée, quand une cause la fait apparaître en (juanlité notable dans la circulation, passe facilement dans les diverses humeurs
URÉMIE
de romanisme, où elle se retrouve à des taux assez voisins (1) de celui qu’elle a dans le sang. Elle le doit à sa grande solubilité, à la petitesse de sa molécule qui ne lui fait pas sensiblement
modifier le A de ces liquides.
Nous connaissons 23 observations (tableau suivant) pour lesquelles le dosage de l’urée a été fait en même temps dans le sang et le liquide céphalo-rachidien. Dix-neuf fois, les résullals obtenus ont été les mêmes. Quatre analyses de Rochaix seulement semblent faire exception à cette règle, mais il ne faut, en réalité, pas perdre de vue que le dosage dans le sang est diose délicate; ces exceptions multiples trouvées toujours par le même auteur, et par lui seulement, indiquaient peut-être
un défaut de technique.
Chiffres comparés de Curée sanguine et rachidienne :
Liquide C.R.
Sérum
chiffres très voisins
WiDAL, Froin et Javal, 1904.
Wtdal et Arr.ami, 1907.
Froment et Rochaix, 1909.
Rochaix in Lesieur et Froment, 1909.
Boulud in Moll.ard et I roment, 1909.
Froment et Rochaix, 1909.
Javal et Boyet, 1910.
Chauffard et Vincent, 1910.
Mestrezat, 1911.
Chiffres anormaux :
Rochaix in Lesieur et Froment, 1909.
Froment et Rochaix, 1909.
Rochaix in Lesieur et Froment, 1909.
Froment et Rochaix.
'*- (1) .Iaval et Adler. — Le liquide céphalo rachidien, en raison même
de son origine et de sa circulation, doit, de toutes les humeurs, être celle qui peut le mieux donner une idée exacte de l’urée sanguine.
INTOXICATIONS
Les recherches de Widal cl Froin (1904), Houirjd {m Mollard et Froment), Javal el Loyet, Ciiaueeari) cl Vincent cl les miennes s’accordent par contre à montrer constamment une similitude parlaite de l’indice liypobromique ^du liquide céphalorachidien et de celui de l’extrait alcoolique du sérum.
Le parallélisme, quoi qu’en ait dit Hochaix, est parfait, ce qui me fera conclure de Purée rachidienne à Purée sanguine et nous permettra de connaître, par un simple dosage effectué sur le liquide céphalo-rachidien, le degré d’intoxication d’un individu, plus facilement que ne le ferait un dosage pratiqué sur le sérum, toujours long (pour être bien fait), délicat, et qui plus est, à en croire certains auteurs (G. R. Soc. Biologie, 1911), inexact.
Taux normal et valeur pathologique de Purée rachidienne.
Nous avons indiqué, pour l’urée normale, la moyenne de 0 gr. 06. Ce chiffre présente, à l’état physiologique, de légères variations.
Au delà de 0 gr. 25, le taux de l’urée est pathologique (p. 249).
LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN DANS LES NÉPHRITES. AVEC PERMÉABILITÉ RÉNALE SUFFISANTE.
Dans les néphrites, suivant l’importance et la valeur des lésions, la perméabilité rénale peut demeurer normale ou se modifier de façons diverses.
Le retentissement habituel que l’on observe dans ce deruier cas sur la composilion du milieu sanguin se retrouvera pareillement sur le liquide céphalo-rachidien, ce qui permettra, quand les
URÉMIE
résultats de rexamen de la ponction lombaire Seront positifs, de
conclure à l’existence d’une lésion rénale.
Sous la reslriclion seulement de V intervention dans quelques cas peut-être d'un facteur tissulaire (1), la composition normale du liquide de ponction lombaire {chiffre des chlorures et du sucre) est donc l'indice d’une perméabilité rénale, demeurée suffisante.
Voici deux exemples de cas de ce genre :
OBSERVATION n» 157. — Néphrite post-scarlatineuse sans phénomè- ^ nés appréciables d’insuffisance rénale. Régression rapide sous 1 influence du régime.
Jeune garçon en convalescence d’une scarlaline, amené à la consultation <lés maladies des enfants pour faiblesse générale et mantiue d appétit. Tiois amnimercrallrn dani les urines. Cette quantité régresse rapidement ^ous l'influence du régime lacté. Rien à signaler au point ‘i?
Ponctionné le jour de sa rentrée à l’hôpital, service du protesseur Baumel,
le 23 juin 1909.
Examen du liquide de ponction [Voyez le tableau n° 25).
OBSERVATION n» 158. — Troubles mentaux chez un rénal.
AUiHde oui ne nrésente actuellement <pie des troubles intellectuels. Pas d’œdème's ou d’accidents faisant penser à une insulfisance renale. Mais a été vpl•^ In lin de 1909 dans le service du professeur Rauzier pour œdenie de la erœjlinc pu£ ce qui t'ait meit.e lea t. oubles actuelle, uent sur
fo cnmnip (lu mauvais fonctionnement de ses reins. .
1 ?mal-Hle nid est au régime lacté, n’a pas d’albumine dans les urines dont lacomiSôrl^ suivante par litre ^ Albumine, 0 gr. 00; AaCl, 1 gr. 50 ;
Urée, 12 gr. 00.
Examen du liquide céphalo-rachidien oyez le tableau n° 25).
La formule chimique ne révèle ni rélenlion azolée, ni rélenlion chlorurée, mais un peu de congestion méningée à mettre sur le compte d’une rétention de principes organiques toxiques.
Le tableau suivant collationne les chiffres obtenus .
(1) J’appelle l’attention au début, dans les lissus, milieu intérieur, et
sur ce fait que la rétention se lait quelquefois, ce qui laisse alors normale la composition du consécutivement celle du liquide céphalo-rachidien.
INTOXICATIONS
Tableau n“ 25
Néphrites sans imperméabilité Rénale
Obs. 157
Obs. 158
Tension
forte
Aspect, couleur
incolore
légère xantho.
Albumine
V/ ÜO
0 gr. 10
Ogr. 15
Chlorures
7 gr. 25
7 gr. 05
Sucre
0 gr. 56
0 gr. 65
Extrait
10 gr. 25
Urée
0 gr. 12
Essai butyrique de Noguchi
négatif
Perméabilité aux nitrates. .
19 mmgr.
Examen cytologique
Pas de formule, un peu de desquamation.