A. — URÉMIE ASSOCIÉE
L ioloxicalion urémique ne se retrouve pas toujours seule en jeu chez les urémiques ; aussi, tant au point de vue du pronostic à porter que d’une facilité plus grande d’exposition, y a-t-il intérêt à distinguer, parmi les urémiques, les cas d’urémie pure et ceux dans lesquels un autre processus morbide se surajoute à l’intoxication urémique, éventualités qualifiées pour cette raison depuis Fro.ment à'urémies associées.
Il s' ng'd de nerveux organiques, de malades ùvec sgstème vasculaire lortement atteint, d'intoxiqués, d'infeclés divers. Dans ces conditions, l’ellet de l’intoxication urémiijue n’est plus seul 5 envisager ; ces malades sont à la merci des complications les plus graves et, de toute lagon, sont hyporésistants vis-à-vis des poisons
URÉMIE
rénaux, parce que déjà intoxiqués par ailleurs. Ce sont ces sujets que nous verrons mourir pour des taux de 1 gr. 50 à 2 grammes d’urée, alors que, lorsque Y urémie est' pure, les chidres nécessaires en pareil cas sont infiniment plus élevés.
Je donne ci-dessous la liste des cas d’urémie associée connus d’après Mollard, Froment et Bonnotte.
Ogr. 17 Accidénls urémiques au cours d’une néphrite interstielle à évolution lente. Pic et Roubier in Bonnotte (1910).
Cas unique par le chiffre extraordinairement bas d’urée trouvé.
1 gr. 22 Artério-scléreux avec délire et diarrhée persistante. WiDALet Froin (1904).
1 gr. 76 Cirrhose atrophique du foie, néphrite, accidents urémiques. Coma. Mort. Autopsie : reins fortement lésés, Nordman [in Bonnotte).
1 gr. 94 Sarcomatose avec ictère par rétention et plaque méningée. Azotémie. Mosny et Javal.
7 gr. 64 Ictère grave infectieux avec rétention et urémie sèche par azotémie. Perméabilité des voies biliaires. Hyperplasie des cellules hépatiques, Widal etAuRAMi (1908).
Cette dernière observation est intéressante par le taux très élevé d’urée qu’elle présente. Ce fait ne saurait se rencontrer dans l’azotémie provoquée par rétention rénale seule. Il démontre, ici, lintei- ^^^ôn d’iuT facteur hépatique, un hyperfonctionnement des cellules de cet organe, fait d’ailleurs relevé a 1 examen anatomopathologique.
J’ajouterai à ces observations 7 cas personnels : obs. 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, dont les teneurs respectives en urée sont de : Ogr. 81, 1 gr. 20, 1 gr. 46, 1 gr. 25, 2 gr, 31, 4 gr. 26.
Cinq de mes malades sur sept sont morts.
OBSERVATION n° 162. — Urémie associée. — Urémie nerveuse de forme convulsive et délirante chez un éthylique. Ponction lombaire vers la fin de la crise. Affection pulmonaire.
E. Emi..., homme de 36 ans, joui'naliei-, entre le Ï5 avril 191J àans le service du professeur Eauzieh, pour dyspnee, œdème de la œdCme^
des membres inférieurs, céphalées, douleurs lombaires, quelques ments, urines rares. — 6 grammes d'albumine dans les urines. / .
Usine. — J7 et 18 avril. Crise d’agilalion intense la nuit et ciise
coma. — 19. Moins agité ; mais subcoina. — 20. Phenomenes puhnonaiies,
crachats hémopto'iques. Amélioration psychique. Urines hémorragiques.
hièvie léghe - 2/ DHiro avec ^l'ande loquncit/*,. Héfloxes tondinonx oxagoros h écliappe de l’Iionilal le soir. Henlre 24 heures après - "‘î Arr talion extrèinemenl intense. Ilélire zoopsiqne. Pupilles conlrark-e.s’. Cèphalee' Ponction lombaire le 24 avril.
Le délire se calme bientôt, et le malade sort très amélioré.
Examen du liquide :
Al. 0,30. — Ch. 7,80.
Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — Urée, 0,81. — Pas de /or-
mule cytologique. ^
OBSERVATION n» 163. - Urémie associée. — Néphrite au cours d’une pneumonie. Phenomenes nerveux. Mort.
Jeune enfant du service du professeur Baumel. Mort d'une pneumonie avec néphrite. Convulsions et phénomènes nerveux grave.s.
Ponction du 2 juin 1909 : urée, 1 gr. 2jL
Examen du liquide de ponction lornbaire [Voyez le tableau n^ 26).
OBSERVATION n° 164. Urémie associée. — Urémie nerveuse avec hémorragie méningée chez un brightique. Mort.
Cré... entré dans le service du professeur Carrieu.
Grand éthylique, ancien brightique. Présente surtout des phénomènes d excitation, sans paralysies : peu à peu état comateux qui Pamène progressivement a la mort dans un tableau symptomatique très net d'urémie classiciue convulsive et comateuse. ^
A l autopsie : Reins très atrophiés et granuleux. Cerveau très congestionné, avec sullusions sanguines et présence de caillots sanguins récemment lormés sur les méninges. Hémorragie méningée diffuse à gauche et en avant Deux ponctions lombaires ont été faites. La première (27 mai) amena une sédation momentanée des phénomènes d’excitation. La 2“ (l" juin) fournit un liquide clair, incolore, aan&J^ucpcjdûg ni hématies.
Le malade mourut le lendemain 2 Juin.
Examen du liquide céphalo-rachidien :
Ponction du 27 mai 1910.
Al. 0,35. — Ch. 7,48. — Suc. 0,53. — Exl. 11,20.
Pression, très forte. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. —
Réaction, lég. aie. — Urée, 1,46. — Examen microscopique, ni leucocytes, ni hématies. '
Ponction du juin 1910.
Al, 0,25. — Ch. 7,17.
Pression, très forte. — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — »
Réaction, lég. aie. — Urée, 1,32. — Examen microscopique, ni leuco- ^ cyles, ni hématies.
Cette observation, par ses constatations microscopiques, démontre la réalité d’une associalion et nous explique qu'une " terminaison falale ait pu être observée pour une intoxication seulement moyenne, à en juger par le taux.de l’urémie qui;!', n’est que de 1 gr. 46.
Un autre fait est à signaler : c’est l’existence d’un liquide w
UniÎMIE
c^.pl,alo-racliiclion d’aspect normal dans un cas d’hémorragie sous-araclinoïdiennc paraissant remonter à plusieurs jours.
hrsERVATION n» 165. — Urémie associée. — Urémie nerveuse chez ^une infectée syphilitique. Guérison.
/•-.m IfMiirne «le 23 ans. cnli-o le 4 février 1011 dans le service du proles- ‘ /'•ï’iMMPi- rtonr all)urninui-ie. Grossesse menée à bien et d y a deux «liiranl lesquels ellepa nas présenté d’albumine. Œdème leger de la 1""^ es rnerai-ré^ 'lix j-'-'S. A, eu un peu ,1e tièvre. .Anlé,;é,!e„ls :
im.rite du «enou droit rapidement guerie par un traitement spécifique. Si «le «lale «ecenle. Ii6g^rne Inelé.
\rli,elleinenl, les seuls troubles rpi’elle pré.sente sont un peu rro;deme des malléoles et de la face. l'as de signes de petit briglilisrne. Gangboris nomlireiJX (L'rines; albumines 2 gr. 20 : uree 10 gr. 2.) ; cblorures 2 gr. 12;.
Méine état les jours suivant.s. Se plaint de la cuisse droite ou elle un empâtement qui semble faire corps avec le fémur. Llcérations grisâtres
aans l’arriére-gorge, gênant la déglutition. ./i--
Iians la nuit du /O /’énr/er. Plusieurs crises convulsives généralisées avec inoiiveiiicnts désordonnés. Dans 1 intervalle . coma.
11 I es crises se succèdent presque sans interruption, l'as de cri iniUal. iJébul par mouvements convulsifs dans les membres supérieur et 'fféneur (IroUs/ bientôt généralisés à tout le corps, ^eux convulses a droite, l ace
^'TT^diagn^^^^^^ est porté r on fait une saignée de
300 grammes. I'. 100. 1-
pond ion lombaire: l’as de réaction leucocytaire, mais 0 gr. % durée
Les crises se reproduisent. Corna. L’état de la malade paraît désespéré. Nouvelle saignée, huile camphrée.
12. Dans la nuit: coma, anurie. Les crises ont cesse. Hemiparesie droite. T. 39<'4. I'. 112, tendu, l'as de Cbeyne-Stokes. Nouvelle saignee.
2‘ pondion : Quelques polynucléaires et quelques lymphocytes. Créé 1 gr. ?2 Les mouvements convul.sif.s diminuent beaucoiqi. Lrine dans du sang : 1 gr. 30.
13. La malade sort du coma. Disparition de la parésie droite. Purgation.
11. Pas de crises. P. 101; plus de faux pas au coiur. l ièvre. Petit epanchement dans la plèvre droite. Huile camphrée.
.3' pondion lombaire : Qluelques polynucléaires. Crée . 1 13. Connaissance parfaite, chute de la fièvre, disparition complète de phénomènes d’excitation. Wassermann positif.