LE SUCRE DANS LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN DES DIA- BÉTIQUES
Valeurs trouvées. — Je ne puis mieux faire que de remettre sous les yeux du lecteur, en les complétant, quelques chilfres déjà donnés :
DIABETE
Sucre rachidien dans le diabète et les glycosuries
Taux du sucre dans le liquide G.-Rpar litre
Grammes de sucre de l’urine des 24 heures
très f. aug.
très f. aug.
Auteurs et diagnostics
G ILLARD (1904).
Mestrezat. Glycosurie, cancer hepaticjue (obs. 180).
WiDAL el SiCARD (1903). Diabète, légers troubles fonctionnels et nerveux, amélioration pai le régime.
Raymond et Sigard (1904). Diabète, mal peifoiant, lymphocytose.
Lannois et Boülud (1904).
Lannois et Boulud (1904). Diabète.
Sigard et Faisans (1904). Diabète.
Sigard et Rousseau Langwelt (1904), Raymond et Sigard. Hémiplégie fonctionnelle chez un diabétique, amélioration par le régime.
\IosNY et Beaufumé (1904). Diabète avec mal perforant plantaire; leucocytose ; cicatrisation du mal perforant, diminution de la leucocytose et du sucre rachidien.
Bierry et L.\lou (1904). Diabète.
Aciiard, Loeper et Laubry (1901). Néoplasme gas trique .
Souques et Aynaud. Coma diabétique.
Aciiard, Loeper et Laubry (1901). Coma diabétique.
Carrière (1905). Coma diabétique.
Foster (1906). Coma diabétique.
En somme, en dehors du coma, les taux trouvés pour le sucre varient de 0 gr. 90 à 2 gr. 70 (et même 6 gr. dans un néoplasme gastrique), qu’il s’agisse de glycosuries ou de diabète.
Dans le coma, nous trouvons des chiffres plus élevés : 2 gr. 20, 5 gr. 10, 5 gr. 50, sans parler des chiffres de 14 gr. 80, 16 gr., 18 gr. et 25 grammes (!) indiqués par Carrière (1905), mais que je
ne puis accepter.
Pathogénie de Ehyperglycosie rachidienne du diabète.
Deux facteurs, avons-nous vu (p. 263), président à 1 augmentatio du sucre rachidien :
MALAOIKS DE LA NUTIUTION
\'lu)pcrgli]cém{e, (rime |)mi, el mio alléralion de la jtennéabiliié pliysiologiiiLie des plexus ou du mécanisme glyco-régulaleur sous l’inlluence de V aido-inloxicalion^ de l’aulre.
Le i-(jle de la ghjcéime, raugmeiiLalioii du sucre rachidien parallèlement au taux des matières réductrices du sang fut toujours admis ; cej)endant, le défaut de pai-allélisme, qu’il est facile de constater dans tableau précédent, entre la glycorachie et la gli/cosie, indiquerait déjà que la glycémie n’est pas seule à intervenir, que le problème se trouve plus complexe.
Les expériences de Weygert (injections de sucre dans les veines d’animaux sains dont on a lié au préalable les uretères) ; celles de Bierry et Lalou (glycémie par injection d’adrénaline) (U ; les taux de glucose particulièrement élevés obtenus dans toutes les glycémies avec intoxication profonde (coma diabétique, glycosuries cancéreuses) mettent en évidence, je l’ai indiqué (p. 263), le fait qnCiV augmentation de la glycémie ne su/fd pas à elle seule, qu’il faut, pour qu’une augmentation du sucre rachidien se produise, l’intervention d’un facteur « intoxication » dont le rôle exact, bien qu’évident, n’est pas d’une interprétation univoque.
Pour qidil y ail hyperglycorachie, l’hyperglycémie seule ne suffit pas ; elle doit s'accompagner d'un certain état d'intoxication qui, suivant son intensité, permet une modification plus ou moins grande du sucre rachidien.
Glycorachie et Traitement.
Il faut encore, au sujet des valeurs du sucre rachidien dans le diabète, mentionner les effets du traitement. Sous l’influence du régime qui diminue la glycosurie, le sucre rachidien revient à la normale (Widal et Sicard, 1902; Raymond et Sicard, 1901) sans cependant que la glycosurie ait cessé.
(1) Dans les expériences de Weydrrt, une glycémie de 11 el 13 grammes ne parvenait pas à augmenter le sucre rachidien d’une façon sensible, au bout de i)lusieurs heures, alors (jiie depuis longtemps les autres humeurs de l’organisme sont fortement suci'ées.
Dans les expérienciîs de Hiruhy et Lalou, une glycémie beaucoup moindre suffit, mais il ne s’agit plus d’animaux suins, la glycémie étant obtenue par inloxicalion adrénaliqiie.
DIABÈTE
Sucre
avant
WlDAL et SiCARD 1 gi’- 10
Raymond et Sicard. . 1 gi‘. 80
rachidien
Glycosurie
après régime
avant
après
0 gr. 40
120 gr.
30 gr
0 gr. 60
90 gr.
L’état local méningé a également une importance appiéciable. Une réaction méningée vient-elle a se produire, la perniéahililéQw est accrue et la glycémie se trouve subitement influencer d'une façon plus appréciable la glycosie rachidienne. Tels sont les faits cjue Mosny et Beaufumé ont très nettement mis en évidence, dans leur cas : Le sucre diminuait avec la régression d’une formule cytologique et augmentait pour un accroissement de celle-ci.
Ces faits montrent bien, comme ceux du paragraphe précédent, que la glycémie nesl pas seule à commander la glycosie rachidienne dans le diabète el les glycosuries.