ESPACES LYMPHATIQUES DES CENTRES
D’ailleurs, l’espace péricellulaire n’esL-il pas indispensable pour assurer l’imbibiLion convenable des neurones par ces sucs nutritifs et un renouvellement rapide et sûr des produits de déchets, ces espaces étant en relation avec les points de transsudation et résorption capillaires ?
Le simple raisonnement, en dehors de toute argumentation histologique, donnerait, semble-t-il, beaucoup de poids aux idées de Mis. D’ailleurs Mott, récemment, vient de nous apporter (1910) des photographies de cerveaux anémiés (cerv. de singes) qui, grâce à cet artifice, présentent des espaces péricelliilaires qI périvasculaires si accusés que le doute sur la réalité des uns et des autres n est plus permis. Nous voyons même ces espaces péricelliilaires s’aboucher avec des espaces péricapillaires, indiquant bien d une laçon piécise leur signification physiologique : les neurones, non direclement accessibles aux capillaires, baignent tous dans le produit d une
véritable transsudation lymphatique.
Un point, fort important pour l’histoire du liquide céphalorachidien, reste seul à trancher. Celles sont les relations que ces
espaces péricapillaires cl péricellulaires, décrits par Mott, alïectent
avec les espaces soiis-arachnoidiens ?
Mott considère que les gaines périvasculaires cessent d’exister lorsque les vaisseaux deviennent capillaires, l’endothélium qui les limite se confondant avec l’endothélium vasculaire. Dès lois, les espaces péricapillaires visibles sur ces préparations ne sei aient pas en continuation des gaines périvascullaires, mais deviendraient assimilables aux espaces de His.
Cependant, plus loin, l’auteur anglais considère que la « lymphe des centres » est constituée par du liquide céphalo-rachidien (1)
(1) Les fixateurs semblent, en etTet, ne rien coaguler dans les espaces péricellulaires. Un argument qu’il développe est aussi la rapidité d action et la grande toxicité de diverses substances introduites par la voie sous-arachnoïdienne. Cette toxicité si grande est un fait bien connu. Sicard (th. de Pans, 1899) etLEWANDOwsKY ont particulièrement insisté sur ce point. Moi-même j ai pu en constater la réalité sur des chiens, non plus pour des sels divers, mais pour des toxines microbiennes ; c’est ainsi qu’un chien de 17 kil. est moitellement atteint par une dose de toxine diphtérique à peine supérieure à celle tuant un cobaye. Une dose quatre fois moindre provoquait chez un autre des phénomènes généraux et une fièvre des plus marqués.
CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES
venu des espaces sous-arachnoïdiens. On ne saisit pas par quelle voie.
Nous aurons l’occasion de reprendre celte question de la nature de la « lymphe » des centres (1).
Nous verrons qu il n y a pas lieu de penser que cette lymphe soit si diflerenle qu’on pourrait le croire de la lymphe ordinaire, et quelle que soit la disposition anatomique réellement existante ; que les espaces péricapillaires soient ou non en continuité avec les gaines péiivasculaires, il ny a pas lieu de redouter une pollution quelconque du liquide céphalo-rachidien. Môme dans l’hypothèse d’une continuité des espaces péricapillaires (lymphe) avec les gaines périvasculaires (liquide céphalo-rachidien), la longueur du trajet, la capillaiilé du conduit, parcouru d’un bout à l’autre par un vaisseau qui résorbe^ empêchent complètement les deux liquides (lymphe et liquide C. R.) de venir en contact, de se mélanger.
Ainsi donc, pour résumer la question de la pénétration des centres par le liquide céphalo-rachidien, on peut dire que ce dernier envahit sûrement les gaines périvasculaires, mais qu’il ne saurait par elles arriver au contact des éléments nerveux. L’étroitesse des voies de communication, le pouvoir résorbant des veines qu’elles contiennent, les propriétés transsudatives des vaisseaux au niveau des capillaires, font sûrement des deux milieux, céphalorachidien et lymphatique des centres, deux humeurs diftérentes, malgré la continuité possible des fentes lymphatiques extrêmement longues qui les unissent.
Rapports de la cavité sous-arachnoïdienne vers l’extérieur.
Extéiieurement, 1 endothélium sous-arachnoïdien est appliqué sur le feuillet viscéral de 1 arachnoïde. Au delà se trouve la cavité arachnoïdienne et plus loin la dure-mère.
(1) Chap. II. 3' sous-division de la I” partie.
arachnoïde.