DURE-MÈRE
Arachnoïde et cavité arachnoïdienne.
La pie-mère et rarachnoïde constituent les méninges molles.
Celte dernière est une séreuse dont les feuillets, revêtus sur leurs deux faces d’un endothélium, limitent une cavité : la cavité arachnoïdienne.
Celle-ci est close de partout ; les vaisseaux et les nerfs qui la traversent n’en altèrent pas la continuité.
Cette cavité communique seulement avec l’extérieur. Les injections qui y sont poussées filent par les interstices cellulaires du feuillet pariétal à travers les fentes lymphatiques de la duremère (1). Le feuillet viscéral semble, par contre, être imperméable, car les injections ou les hémorragies arachnoïdiennes ne gagnent jamais les espaces sous-arachnoïdiens.
Dure-mère.
La séreuse arachnoïdienne est enfin à son tour complètement enveloppée par la dure-mère, sac fibreux qui semble vouloir isoler les centres nerveux du reste de l’organisme, les abritant derrière sa texture résistante.
La dure-mère crânienne est épaisse et adhère intimement au périoste ; au niveau de la moelle elle est plus mince, et demeure à une certaine distance du canal que lui forment les vertèbres.
Sa structure est essentiellement fibreuse. Elle est formée par des bandelettes de ce tissu, entrecroisées en sens divers. Ces lamelles laissent entre elles de temps à autre des espaces tapissés par un endothélium, qui constituent les fentes lymphatiques de la dure-mère.
La vascularisation artérielle y est peu développée ; les veines y sont au contraire nombreuses ; elles comprennent un système superficiel et un autre profond, que drainent les sinus, larges canaux creusés dans l’épaisseur même de la méninge.
(1) ScHWALBE (1876). Arch. für Micro. Anatomie.
CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES
Fentes lijniphatiqiies de la dure-mère. — Quant à la perméabilité de cette membrane, qui en l’espèce nous intéresse surtoul, il faut distinguer la perméabilité de dedans en dehors et de dehors en dedans.
La première est notable, nous l’avons vu, au niveau de la cavité arachnoïdienne et non moins réelle au pourtour des nerfs rachidiens ou crâniens (Voyez aux gaines neurales).
La perméabilité de dehors en dedans, par contre, ne semble pas exister ou se trouve fort réduite. Sigard et Cestan (1904) n’ont en elï'el jamais réussi à faire pénétrer à l’intérieur de la cavité sousarachnoïdienne des injections épidurales d’encre de Chine.
Granulations de Pacchioni.
On ne saurait parler de la dure-mère sans mentionner les granulations de Pacchioni, petites masses polypoïdes que l’on rencontre en nombre variable chez l’adulte et le vieillard, et qui ne sont autres que des invaginations des espaces sous-arachnoïdiens dans les sinus de la dure-mère.
Key et Retzius (1875) avaient cru pouvoir faire des granulations de Pacchioni des soupapes de sûreté pour le liquide céphalo-rachidien. Ce rôle, à la vérité, semble ajuste titre leur être contesté. On ne comprendrait en effet pas que, puisque les différentes méninges conservent leurs rapports respectifs, une perméabilité anormale soit créée en ce point ; on ne saisirait pas davantage, si ces formations ont un but précis à remplir, qu’elles fassent défaut chez certains et n’apparaissent que tardivement chez tous.