NOTION VRAI
Phospore. — H n en est pas autrement des composés phosphorés. Le sérum accuse un taux de 0 gr. 200 à 0 gr. 400 de P^O^ que l’on opposerait volontiers aux chillVes beaucoup plus faibles de 30 à 40 milligrammes trouvés dans le liquide de ponction.
En réalité, ces différences ont leur raison naturelle dans l’état
même du phosphore du sang.
Sertoli et Mroczkowski, opérant sur des sérums débarrassés de leurs albumines et de leurs lécithines, c’est-à-dire de leur phosphore colloïdal; n’ont-ils pas trouvé les doses suivantes?
(Sertoli) Chez l’homme. . . 0 gr. 025 de par litre.
(Mroczkowski). — le mouton. 0 gr. 032
— — le chien. ... 0 gr. 042 —
— — le veau. ... 0 gr. 009 —
Soit en moyenne 0 gr. 027 —
Chilfre qui ne saurait vraiment être plus voisin de celui que j’ai trouvé dans le liquide céphalo-rachidien normal i^O gr. 030).
Ne faut-il pas voir dans ces coïncidences ^ qui nonl rien de fortuit, la meilleure démonstration de la thèse que je soutiens ?
Des raisonnements analogues pourraient être tenus pour le sucre et le soufre rachidien.
Les chlorures du liquide, de leur côté, dont le taux particulièrement élevé établissait aux yeux de quelques auteurs (Brissaud, Sicard) la nalure sécrétoire de cette humeur, ne sont pas d une considération moins intéressante ; nous allons y Irouver la preuve la plus irréfutable de la dialyse réalisée par les plexus.
Cas du chlorure de sodium. — Rôle de ce sel dans le rétablissement du tonus après filtration élective. Preuve de la dialyse r par les plexus.
Le liquide céphalo-rachidien renferme près d’un gramme de chlorures déplus que le sérum. 11 n’y a cependant, dans ce fait, rien qui prouve un effort particulier réalisé par les plexus susceptible de les faire assimiler aux épithéliums glandulaires, mais bien le résultat pur et simple, prévu et calculable, du jeu naturel des lois de dialyse subies par la membrane de revêtement de cet épithélium.
Le fait est facile à établir.
Beaucoup de substances colloïdales du plasma, dont elles concou-
liquide normal
rent l'i établir le tonus, ne se retrouvent pas dans le linuido céphalo-rachidien.
Tels sont les savons (2 à 3 gr.), une partie de Valcalinilé, des matièi es léductiices et bien d autres substances encore
Leur séparation au niveau des plexus ne peut que s’accompagner d’un abaissement du A. Cependant il n’en est rien, le liquide" céphalo-rachidien est isotonique ; c’est donc qu’un mécanisme compensateur intervient.
Cette compensation, nous, la trouvons dans un afflux plus considérable de chlorure de sodium, donl l’excès parfait h différence.
Cet afflux lui-même n’est qu’une conséquence de ce qui se passeiait m vitro. Deux milieux, séparés par une membrane dialy sante, chercheront toujours à se mettre en équilibre moléculaire. Si l’un renferme des corps cryoscopants qui ne sauraient pa.sser dans l’autre, ce dernier rétablira l’isotonie en s’enrichissant des molécules les plus dialysables et les plus abondantes du premier milieu, créant des pourcentages différents de part et d’autre de la membrane. S’agit-il d’humeurs organiques il en sera de même, les molécules de compensation étant forcément ici celles du chlorure de sodium. En effet, en dehors des faits de petitesse de molécule invoqués par WiNTER (1895), le père de lacryoscopie des humeurs, les expériences de Galeotti ne nous ont elles pas prouvé que, de toutes les molécules salines de l’organisme, celle du chlorure de sodium, tant par ses ions Na que par ses ions Cl, avait des raisons peremptoires d être la plus diffusible, à travers les membranes animales, et surtout les membranes différenciées et vivantes ?
Dès tors, aucune idée d' intervention propre des plexus, d'effort fait, d energie dépensée pour amener V augmentation constatée pour les chlorures ne saurait subsister. Il n’g a dans ce fait, si remarqué des auteurs, qu une conséquence forcée, un corollaire inévitable du processus de dicilgse, qui engendre le liquide céphalo-rachidien.
En conclusion des trois propositions précédentes, je dirai que:
On ne peut concevoir la composition du liquide céphalo-rachidien AUTREMENT QUE PAR l’eXISTENCE d’uN PROCESSUS DE DIALYSE AU NIVEAU DES PLEXUS, ÉPITHÉLIUM GÉNÉRATEUR (1).
(1) Les petites quantités d’albumine, de lécithines, etc., corps colloïdes que
NATURE VRAÎÉ
Le milieu rachidien est u’image fidèle de la partie dialysable
DU PLASMA SANGUIN, LE TONUS ÉTANT RETABLI PAR UN AFFLUX PLUS CONSIDÉRABLE DE CHLORURE DE SODIUM, SUIVANT LA LOI GÉNÉRALE DE
régulation DE l’Équilibre moléculaire dans l’organisme.