‹ Le lis du Japon comedie en un acte, en proseChapitre 14 sur 21 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêues, MARCEL.

MARCEL

Vous partoz, madame la marquise ?

LA MARQUISE

Dubourg n’arrive pas; vous l’enverrez chez moi, monsieur Marcel. (Elle dlsparslt.)

MARCEL, & Julien.

L’oncle s’impatiente et s’irrite; tu n’as pas travaillé?... (voyant le lis coupé.) Ahl grands dieux ! qu’as-tu fait, malheureux? c’est un crime 1

LA MARQUISE rentre elfrayée.

Quoi donc? qu’y a-t-il? (Elle court rers Julien.)

, MARCEL, loi montrant la lis.

Un crime I un meurtre 1 voyez, madame!

LA MARQiriSE, tombant sur une chaise.

Ah ! que vous m’avez fait peur !

JULIEN

Peur? Ah! elle s’évanouit! elle est pâlel (n cherche un Terre d’eau.)

LA MARQUISE

Non! rien... merci... je ne comprends pas... j’ai cru... je ne sais pas ce que j’ai cru! Pourquoi ce cri terrible ?

MARCEL

Je suis désolé de vous avoir effrayée, madame la marquise ; mais, si vous saviez!... ah! c’est un suicide, on peut !e dire.

LA MARQUISE

Un suicide? comment? qui?

JULIEN

Mais je n’y comprends rien non plus. Marcel est fou !

Ahl c’est lui ? (HBrcei icintc de rire.) Vous Hez,’ à présent?

MARCEL

Oui, je ris, je crie, j’enrage, je jurerais, si j’osais! nous voilà tous éperdus... Oalmons-nous, comprenons-nous, et soyez juge, madame la marquise. .Vous connaissez de vue ou de réputation notre oncle, l’ex-armateur, le fantasque, l’honnôto, le désagréable, le riche M. Thierry?

JULIEN

Eh I qu’importe à madame la marquise...

MARCEL

Tais-toi, malheureux, tu es sans excuse ! (a i« morquise.) Vous avez ouï parler de sa passion pour les oignons ?

LA MARQUISE, étonnée.

Les..?

MARCEL

Oui, les plantes bulbeuses, comme il les appelle, les tulipes, les lis... Celui-ci, à peine éclos en serre chaude, — trente-deux degrés Réaumur ! — m’avait été confié pour que ce maudifbarbouilleur en fît une esquisse.

LA MARQUISE

Oui, je comprends... je vois...

MARCEL

Non, madame, vous ne voyez qne le fait. La conséquence se dérobe aux prévisions. Notre oncle avait résolu... je viens d’en recevoir la confidence... de léguer tous ses biens à Julien ici présent, moyennant certaines conditions...

-JULIEN

Tais-toi I je...

Tais-toi ! lu... tu n’as pas le sens commun. Après cet accident

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