‹ Le lis du Japon comedie en un acte, en proseChapitre 15 sur 21 · I. \ MARQUISE, à part · texte numérisé non relu

I. \ MARQUISE, à part

Pauvre jeune homme!... et c’est pour moi!... (iinut.) Courex, monsieur Marcel. Allez dire à M. Thierry que c’est moi qui ai fait le mal.

MA ne KL.

Vous, madame? Il ne le croira pas.

LA MARQUISE

C’est pourtant moi. J’ai pris fantaisie de cette (leur, et, sans • savoir ce que je faisais... Allez vite, monsieur Marcel, je prends tout sur moi.

JULIEN

Mais je ne veux pas tromper. .

MARCEL

Mais, moi qui avais répondu de loi, je ne veux pas être accusé... banni! Diable! non, je suis ici en cause. Je cours, je vole... (U s’arrête; i part.) Elle n’est pas partie, et je ferai mieux do savoir à quoi m^en tenir, (u reste derrière In porte en tapisserie.)

JULIEN

Que Marcel apaise la colère de l’oncle pour son compte, quant à moi, je l’affronterai et j’en porterai la peine. Ah! qu’elle m’eût été douce si. ..

LA, MARQUISE

Si?...

JULIEN

Si, au lieu de me refuser avec tant de hauteur, vous eussiez accepté celte humble offrjnde!

LA MARQUISE

Une offrande qui vous coûtera peut-être si cher! Tenez, monsieur, ce que vous avez fait là est déraisonnable, et ce que je vais

vous dire l’est peut-être aussi... Mais, bien loin de vous traiter avec dédain, comme vous semble?. le croire, je me sens émue de votre étourderie... j’y vois une absence... une absence de raison, certainement... mais aussi une absence de calcul... et, que vous soyez blâmable ou non, il m’est impossible de ne pas estimer un caractère qui oublie si facilement ses intérêts pour ne songer qu’au plaisir des autres.

JULIEN

Si c’était un petit plaisir pour vous que de l’accepter... pourquoi l’avoir refusé si durement?

. Durement 1 je ne croyais pas...

JULIEN

Durement ou non, pourquoi le refuser? •

LA MARQUISE

Mon Dieul il y a des choses que l’usage du monde...

• JULIEN

J’ai un peu vu le monde aussi, moi, madame la marquise. L’esprit et les talents de mon père l’ont fait plus d’une fois rechercher par les grands, et, à ses côtés, tout en me tenant à la place qui appartenait à mon jeune âge, j’ai pu observer ce qui est convenable et ce qui n§ l’est pas. Si vous fussiez venue dans l’atelier de mon père, et qu’il vous eût offert cette fleur, vous ne l’eussiez pas refusée.

LA MARQUISE

Non, sans doute; un vieillard a le droit d’être galant, et il y aurait mauvaise grâce à s’en offenser.

JULIEN

J’ai donc eu le malheur de vous offenser, moi ?

LA MARQUISE

Mon Dieul je ne dis pas cela.

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