LE NOVICE
TNE nuit, le fils de Marguerite jeune
] novice, profondément endormi, ne s'était point levé pour matines.
Le P. Gardien alla vers lui, et, ave une petite baguette le frappa légèrement.
Le jeune homme brusquement éveillé, se mit à crier et arracha la baguette des mains du Supérieur. Regrettant bientôt sa témérité il se mit à déchirer son visage.
La servante de Dieu, sa mère, fut divinement instruite de ce qui se passait. Le matin, elle fit prier le Gardien de lui envoyer son fils, en toute hâte.
Accompagné du Fr. Hubert de PAIverne, le novice se rendit à la cellule de sa mère, qui lui dit aussitôt avec larmes :
‘‘ Mon âme était présente, la nuit dernière, alors que tu jetais des cris, prenais la baguette et déchirais ton visage com-
me un enfant. Où est ia sollicitude que
tu dois avoir, mon fils, pour les divines
iouanges ? Où est ia reconnaissance €n-
vaiiin ce
vers le père de notre salut ? ””
Il retourna au couvent, repentant de sa laute ï
e jeune religieux avant changé de couvent, sa sainte mère lui adressa la lettre suivante pleine de sages conseils :
‘* Mon fils, sois béni du Seigneur au service de qui tu t'es consacré: si, pour son amour, tu combats valeureusement dans sa milice, je te demeurerai toujours tendremeut attachée: je serai ta mère, si tu observes fidèlement mes conseils. Premièrement je t’exhorte pour l'amour de Jésus-Christ, à planter dans ton âme une profonde humilité et l’obéissance qui en est le fruit : le respect envers les Frères de ton Ordre, respect si attentif que tu rendes à chacun ce qui lui est dû, selon son rang. Sois toujours reconnaissant des bienfaits de Dieu. Sois modeste, doux et honnête, et œarde-toi de tout murmure.
Evite l'entretien inutile des personnes du siècle. O mon fils, que ton oraison soit pieuse ct fervente; prépare-toi par la vigilance aux rencontres insidieuses et multiples de ton ennemi. Que ton âme s'ouvre tout entière À ton confesseur :
n’aie pour lui rien de caché; le malade ne peut être guéri s'il ne découvre ses plaies... Récite ton office avec un grand
respect, sans distraction intérieure ou
et D
ment ne em 2 902 à EEE
nent
Née eneenn ee 22608 2
extérieure. Quand quelque religieux te reprendra de tes défauts, découvre-toi aussitôt, mets-toi À genoux et avouc humblement ta faute, Réjouis-toi ©. toutes tribulations au souvenir de ton Sauveur crucifié : soumets-toi de bonae volonté au commandement die ; supérieurs qui tiennent la place de Dieu; que tes paroles soient toujours pures, pieuses et brèves. En toutes choses garde-toi d'offenser Dicu. Afin de servir ton Seigneut avec un cœur pur, garde tes sens de toute souillure. Relis souvent cette lettre et conserve la près de toi jusqu'à ta mort en t'appliquant à accomplir fidèlement ce qu'elle contient.”
Fidèle aux conseils de sa mère, le reliwieux vécut et mourut saintement dans l'Ordre.
{ T NE fois enrôlée dans le Tic: s-Ordri
Marguerite transformée par l'amour divin redoubla ses austérités. voulant suivre pas à pas le Sauveur souffrant.
Sa couche était la terre nue, son ore
ler une pierre ou un morceau de bo:
sä nourriture un peu de pain, quelque amandes ou noisettes, des herbes cru Elle ne buvait que de l'eau. Son corps était réduit en servitude. Par les rudes cilices et les sanglantes disciplines elle lui faisait expier dans es tourments les fautes du passé. Ses nuits s’écoulaient presque sans sommeil, elle les consacrait à la contemplation et à la prière, déchirant son cœur par le double souvenir de ses propres péchés et de la douloureuse Passion de Notre Sc igneur.
Ses larmes, ses soupirs, ses sanglots étaient si violents qu'elle semblait devoir doute
rar do + cxpirer Ge )uieur,
Son horreur d'elle-même était si gran-
de qu'elle eût voulu pouvoir se détruire.
mass til à
mes tif à
Son confesseur dut modérer son zèle, elle eut sans cela mutilé son visage pour en arracher les dernières traces de cette beauté jadis funeste aux âmes.
S'adressant à son corps exténué elle l'encourageait en lui disant: ‘‘O mon corps que ne m'aides-tu à servir ton Créateur et ton Rédempteur ? Que ne portes-tu à l'accomplissement de sa
volonté autant d’ardeur que tu en mettais
autrefois à l’offenser ? ”! Puis s'’adressant à Dieu: ‘Mon Seigneur et
mon Roi, gloire des bienheureux et grace des prédestinés, en souvenir du calice amer que vous avez bu pour moi, non seulement je désire m'abstenir des aliments corporels, mais je voudrais encore, si c'était possible, mourir pour vous mille fois chaque jour.’
Au commencement de sa conversion, comme son confesseur l’exhortait à modérer ses mortifications, elle lui dit :
‘* Mon Père, il n’y a plus de paix possible entre mon âme et mon corps. Laissez-moi le traite omme on traite un adversaire irr ” Jiable; et n'ayez arde d'écouter ses récriminations, il ne se plaignait pas, alors qu'il vivait dans 1!
les délices ! [l m'a vaincue, je le vain-
crar ! ””
+ Dog
Jésus lui-même avait dicté ces rig'ueurs contre son corps en lui disant: ‘Si tu veux suivre mes traces, il faut briser ce COrpS qui à provoqué ma colère et le traiter comme la paille dont on veut séparer le froment. ‘* Quand ton corps sera réduit à la dernière extrémité par l'abstinence et que tu auras perdu tout goût, alors je te nourrirai de mets déli- Cieux.”
Et lorsque de faiblesse elle pouvait à peine parler, elle croyait que son corps faisait le malade. ‘* Ma fille, les chrétiens et mes serviteurs ne peuvent parvenir ici-bas à la perfection sans refréner le vice de la gourmandise : car sans l’abstinence du boire et du manger on ne peut éteindre l'incendie de la chair, et ceux-là sentent davantage ce feu qui repoussent le remède de l'abstinence.”’
La pénitence de Marguerite dura toute sa vie, La sainte s'ingéniait toujours à inventer de nouveaux supplices, épuisant toutes les ressources pour mortifier son
COTrps.
CORRE een een 25 LTTNNE lemme | ji