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Dieppe VdL et
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GiiAPiirii!: XII
LA COTE JUSQU'A Dltl'l'ii. — l'UÏS — U CITE DE LVdZS
Depuis le Trt'poil, la ligne des falaises tend de plus en plus à s'élever. Leur flanc, d'un blanc grisâtre, devient presque vertical et se troue, à grand'peine, pour livrer passage aux nombreuses petites rivières qui, humbles ou murmurantes, veulent s'épancher directement dans la Manche.
On suit la cùtc, se livrant au plaisir de contempler l'asiicct toujours nouveau de la mer. l'ar une de ces belles matinées de septembre tout inondées de soleil, quoique légèrement embrumées, le moindre objet prend un relief saisissant.
Le Ilot, verdàtre ou bleui, mord ou baise les contours dorés de la plage, paresseusement étendue entre les écueils sertissant le pied des falaises et les falaises elles-mêmes. Les barques passent, comme endiamantées par la frange écumante de la vague, et les goélands, les mauves font élinceler en rapides tourbillons leur plumage d'argent.
Vers le bord extrême de la côte, le terrain, aride, se couvre à peine d'une herbe courte, sèche; mais, plus en arrière, les champs, les arbres, se pressent nombreu.\. La fumée des métairies s'envole grisâtre sur le ciel d'un bleu laiteu.x....
Des bœufs, lourds de graisse; des chevaux à la croupe brillante; des moutons, déjà revêtus de leur parure d'hiver, croisent les sentiers....
On écoute les voix multiples formant la voix des solitudes et.... tout à coup, un abîme s'ouvre, au fond duquel s'élargit le ruisseau à peine regardé trois ou quatre lieues au delà, tellement son cours était insigniliant.
Sur ses berges nouvelles, des villas se groupent, des jardins improvisés exhalent leurs parfums.
Le hameau inconnu, tapi au creux de la grève, devient une élégante sta-
i^22 LE LITTORAL DE LA FUANCE
lion de bains de mer, et, sans trop rcgrcUer le passé, on dévale ou on escalade les pentes abruptes, sous l'œil bienveillant des colons aux joues rougics par la santé recouvrée.
Ainsi, presque sans interruption, d'un point à l'autre de la mer de Normandie! Ces rivages fortunés ont, maintenant, moisson double et triple, tout comme ces champs qui, après avoir fourni le pain, engraissent des bestiaux succulents, donnent un cidre très apprécié....
S'arrêter à chacune de ces stations serait impossible. Coiitentons-nous de
J^e.X'S^ "iHt.JZf *^-,.„..^ „.^^^ -
citer BiviLLE, Berneval, Belleville, mais donnons une matinée à I'its, d'abord parce qu'un grand écrivain, Alexandre Dumas fils, a dcconvert ce charmant petit village; ensuite, parce que, d'ici, nous pouvons, sans fatigue, faire une excursion à la curieuse enceinte gauloise (?) romaine (?) connue sous le nom de Cilé de Limes ou Cilé d'Olyme.
Elle s'allonge, en forme de triangle, sur un espace occupant près de soixante hectares et on ne [)cul mieux choisi, au point de vue de la défense des soldats qui s'y renfermèrent. L'orné d'un côté ))ar la mer, d'un autre par
l'échancrurc où Puyscsl hùli, le camp gaulois ne pouvait èlvc .iliaque que ilu côté de Bracquomonl, et cette partie faible avait été creusée de larges fossés, renforcés d'une muraille atteignant au moins quinze mètres d'élévation. Trois portes fermaient le refuge. Il n'en reste plus que les baies. Aussitôt franchies, le pied heurte des tombes et soulève la poussière crayeuse des ruines de pauvres chaumières achevant de s'éparpiller au soufllc du large.
L'impression ressentie est douloureuse. De (jucls combats fut témoin ce camp retranché? Au prix de quels sacrifices essaya-t-on de le défendre? Combien fiillnt-il d'assauts, ou quelles ruses durent être mises en œuvre pour le ravir à ses possesseurs?
Pas un pouce de terrain au monde qui n'ait été abreuve de sang! L'homme a-t-il donc été uniquement créé pour ces luttes sauvages?
Cessons de philosopher, le temps et le soleil sont propices. Ils rendent faciles le petit trajet de cinq kilomètres qui nous sépare de Diopjtc.
Anciens costumes des environs de Dieppe.
ciiArriTii-: xiii
PIEI'PE
Nous arrivons dans une ville datant à peine de huit cents ans, mais que l'illustration d'un grand nombre de ses enfants a rendue très célèbre.
Au commencement du onzième siècle, Dieppe n'avait encore pour habitants que des pêcheurs établis à l'embouchure de la petite rivièn* appelée Deep, c'est-à-dire profonde. Depuis, ce cours d'eau a pris le nom (l'Arques; toutelbis, la iiremière appellation a eu l'honneur de s'imposer à la ville. Telle est l'opinion dos étyniologistes : tout s'accorde pour leur donner raison.
A l'époque où se fonda Dieppe, on n'avait point encore apprécié l'importance des bassins naturels du lieu qui, cinq cents ans plus tard, devait prendre ce nom universellement connu : Le Ilavre-de-Gràce.
Dénédciant de celte ignorance, Dieppe ne tarda pas à devenir un admirable centre commercial et maritime.
Les Dieppois, on peut le dire avec justice, furent, au moyen âge, de véritables rois de la mer. Inlrépidos navigateurs, ils portaient leur pavillon sur tous les océans.
Les ininicnsos ressources offertes par le conlineiil africain attirèrent leur allenlion. Ils fondèrent, à rembouchure de la Gambie', dcu.\ villes, qu'ils appelèrent licremcnl le Petit Dieppe et le Petit Paris ; ces comptoirs devinrent pour leur commerce un entrepôt donnant d'incalculables bénéfices.
'l. Cianci flcuvo tic la côle occidciUalc dAlVuiiic (lui a un cours d'environ 1700 kil. tombe dans roccan par plusieurs embouchures.
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A peu près vers la même époque, ils rclrouvaient les fameuses îles Fortunées, appelées de nos jours Canaries.
Leur activité sans bornes les poussa, des premiers, vers le nouveau monde. C'est aux Dieppois que plusieurs colonies de l'Amérique du Nord doivent leur origine, et la ville de Québec, au Canada', a été fondée également par eux.
Les traditions locales vont jusqu'à affirmer que la découverte du continent américain reviendrait à un enfant de Dieppe, Jean Cousin, dont le voyage remonterait à 1488. Malheureusement, la ruine de la ville, en 1694, entraîna la destruction des archives de sa marine et l'on en est réduit à de simples conjectures.
Quoi qu'il en soit, et même cette dernière prétention restant à l'état hypothétique, on comprend sans peine le haut degré de renommée atteint par les Dieppois.
Leur courage donna à la cité une auréole nouvelle; ils ne manquèrent pas de se signaler pendant les guerres constamment renouvelées entre l'Angleterre et la Fi'ance.
Ces guerres furent trop souvent une cause de ruine pour Dieppe; toujours, cependant, l'énergie des habitants répara les désastres accumulés.
Les cruels événements du règne de Charles YI Tirent de la ville une place anglaise. Elle resta prisonnière jusqu'en 1455, époque à laquelle un vaillant Dieppois, le capitaine des Marais, surprit la garnison ennemie.
Talbot, le fameux général, vint assiéger Dieppe, mais ne put réussir à s'en emparer. L'histoire a conservé le trait héroïque de Louis XI, alors dauphin, qui, envoyé par son père au secours de la ville, réduisit la garnison d'une forteresse construite, par Talbot, sur la falaise dominant Dieppe.
Les soldats français, découragés par l'insuccès d'une première attaque, allaient reculer, quand le dauphin lui-même leur donna l'exemple d'une intrépidité sans égale.
Depuis cette époque, la ville resta française, mais subit le contrecoup de tous les événements dont la patrie eut à souffrir.
Deux des derniers combats intéressant Dieppe furent, le premier, une victoire complète; le second, une défaite cruelle. En 1690, Tourville battait, au large du port, les flottes réunies d'Angleterre et de Hollande.
1. DécouvcrI, pour la plus grande partie, par un Malouin, Jacques Cartier.
DE DUNKKI'.nUE AU MONT SAlNT-MICIirL li»'.'
Par iiialliciir, quatre années plus lard, ces niènies lloUes, revenues, s'acliarnaient à un ljoNil>arilenienl si elfioyable (jue, de Diippe lout enlier, il resta scuienienl trois niununiciits : le cliàtcau, l'église Saint-Jacques et l'église Saint-IU'uiy.
Cette cataslmiilie seuiMa être le signal de la décadence de la ville. Le dévcloppcnicnl toujours croissant du Havre porta une atteinte irrémédiable à son commerce. Enfin, les amoncellements de galets, charriés [)ar le courant qui ronge les plages cauchoises, lircnt délaisser le port; il resta, cependant, le plus profond et le plus sur dus mouillages de la mer de la Manche.
Mais le courage des Dieppois ne s'est pas laissé abattre, lout le pos-
Vicax liiej'pe.
sible a été fait, et, iiialgié les obstacles, ils niaiiilieiiiienl leur bonne renommée de navigateurs et de comnior(,'ants. Le cabotage est considérable, les armements sont importants pour la pèche de la morue, du maquereau et du hareng.
La pèche côtière est très active, l'envoi du poisson frais à Paris augmente tous les jours.
Les pêcheries de la ville sont célèbres par la (jualité de leurs produits. Aussi, comme à Boulogne, des trains spéciaux, dits de marée, ap|iorleat-ils, en quatre heures à peine, sur le carreau des Halles, le contenu, toujours très recherché, de nombre de mannes et paniers.
Le chiffre des marchandises expédiées à l'étranger, par le port, ou reçue de lui, tient une belle [dace sur nus livies de douane.
ioO LE LITTORAL DE LA FRANCE
Des communications fréquentes avec 1 Angleterre ont nécessité l'établissement d'un service de paquebots entre Dieppe et Kew-Haven.
A ces éléments de prospérité, se joint la fabrication de tabletterie très estimée. Qui n'a admiré les merveilleux objets en os et en ivoire dus aux artistes dicppois? On dirait que, pour ce genre de travail, ils ont pris des leçons d'adresse et de patience des Chinois et des Japonais, leurs rivaux.
L'horlogerie, les dentelles forment encore deux branches appréciables du commerce de la ville. Quant à la corderie, à la tonnellerie pour les salaisons, aux scieries de bois : en un mot, quant à tout ce qui concerne la navigation, l'activité ne se ralentit jamais.
Dieppe, on le voit, ne s'est pas abandonné à d'inutiles lamentations au sujet de la prospérité du Havre. Il travaille et travaille encore : c'est la meilleure manière de vaincre les coups contraires de la fortune.
Deux très belles jetées protègent le port de Dieppe, qui peut recevoir des bàtimenls jaugeant' 1500 tonneaux. Deux bassins à flot réuniraient facilement, entre eux, six cents navires et barques de pêche. Un bassin de retenue s'étend à plus d'un kilomèlre de la ville, le long du cours de la rivière d'Arqués, dont il contient les eaux, par le moyen de portes d'écluse, pendant la marée haute. A marée basse, les portes s'ouvrent et la rivière s'épanche librement dans l'avant-port.
Ces beaux travaux ont rendu de grands services à la navigation.
Les quais ont été très soigneusement conslruils; ils présentent toujours un aspect animé. Toutes les nations de l'Europe entrelicnncul des consuls à Dieppe.
Le chemin de fer n'a pas tardé à développer le commerce de la ville, et la mode, depuis bien longtemps, a adopté la idage dieiiiioise. L'établissement des bains de mer est un des pius imporlanls et des mieux entendus.
Si l'on est fatigué des bains, et que les promenades à pied semblent préférables, on n'a vraiment que l'embarras du choix : les jetées, le jardin anglais, créé entre la ville et la plage, sur une longueur de plus de mille mètres, le cours, et, surtout, les falaises, offrent des aspects toujours nouveaux.
Au sommet de la colline qui s'élève près du casino, apparaissent
1. On appelle jauge la capacité d'un navire en chargement. Dp ce mot est venu le verbe jaujcr, pour dire mcsiiror.
i)i; [)L.NKi:i;Qi.r: au mont SArNT-MiciiEL
les toiirollos du chàlmn, 1res curieux à visiler, car il a conservé le cacliel (le l'éfioque où il fui hàli. Aussi est-il, avec raison, rangé parmi les monuments liistoriques.
Les deux églises méritent d'être vues. Saint-Jacquos, la plus ancienne, date de 1354. On y trouve une cliapclle dite de Jean Ango, j)arce qu'elle renfermait le tombeau du célèbre arniatcur dont l'histoire est devenue presque fabuleuse, tellement elle renferme d't'véïioinents extraordinaires et. pourtant, strictement vrais.
Jean Ango, né vers la fin du qninzièinc siècle, était lils d'un ricbe
DiEi'FK. — Eglise Sainl-Jacques.
armntonr. Dovonu arnialour liii-inèine, après la mort de son ju^^rp. ?nn génie commercial se développa rapidement.
Bientôt, une colossale fortune récompensa son labour incessant. Ses navires formaient une Hotte nombreuse, trafiquant avec le monde entier.
Il se sentit de force à rivaliser avec les rois et en donna une preuve irréfutable. Les Portugais étaient alors (lijoO) en paix avec la France; cependant, la jalousie porta (|uclqnes armateurs de celli.' nation à s'emparer d'un des navires de Jean Ango, leur concurrent redoiilabic dans le commerce avec l'Afriipie et les Indes.
Le lier Dicppois n'solnt de venger cet outrage et de leveiiger scui. Ne
134 LE LITTORAL PE LA FliANCE
prenant conseil que de lui-même, il arma toute une flotte nouvelle, en envoya une partie bloquer le port de Lisbonne et l'autre partie ravager, jusque dans les Indes, tous les établissements portugais.
En vain, le roi de Portugal voulut combattre; il ne possédait pas, comme Ango, d'incalculables richesses. Après quelques mois de lutte impuissante, il fut bien obligé d'envoyer un ambassadeur à Dieppe ! Encore , François P' dut-il employer ses bons offices pour obtenir que le roi Ango consentit à la paix!...
C'était là un glorieux succès pour l'armateur qui, du reste, se montrait bon Français, et tint à honneur de recevoir splendidement le roi François l", quand ce souverain, en 1532, visita Dieppe. Charmé de l'accueil d'Ango, le monarque lui conféra des titres de noblesse et la dignité de gouverneur de la ville.
Cette prospérité merveilleuse devait avoir un terme. Après la mort de François I", Ango éprouva d'énormes pertes qui parurent le conduire à une ruine complète. Il n'en fut pas ainsi, néanmoins; mais ces revers frappèrent l'armateur d'un coup terrible. Il ne put supporter l'idée de voir sa puissance décroître avec sa fortune : il mourut de chagrin en 1551.
Dieppe lui devrait bien une statue ; car, certainement, il contribua dans une large mesure à rendre fameuse sa ville natale.
Un autre enfant de Dieppe a obtenu cet honneur. Sur la place du Marché, s'élève la statue d'Abraham Duquesne, le vaillant chef d'escadre, l'illustre marin dont la carrière ne compte que des succès.
Né en 1610, Duquesne, fils d'un très habile capitaine, prouva de bonne heure ses talents. Il avait à peine vingt-sept ans, quand il chassa les Espagnols des îles de Lérins (Provence). Chacune de ses campagnes fut marquée par une victoire.
Plus tard on le voit, impatient de l'inaction où Mazarin laissait la flotte française, demander la permission de s'engager au service de la Suède, alors en guerre avec le Danemark. Cràce à lui, les Danois furent vaincus.
Mais des succès plus éclatants allaient le signaler à l'Europe entière et lui mériter la glorieuse cpilhète de Grand, que l'on ne saurait oublier lorsque l'on prononce le nom de Duquesne.
Trois fois opposé au fameux amiral hollandais Ruyler, réputé le plus
DF. nL'M\KlW.ll;E AU MONT SAINT-MICHEL
liabilc cl le plus heureux des hommes de mer du temps, trois fois il le vainquit. Le dernier de ces combats eut lieu devant Catane (Sicile), en 1G70. Peu (le jours après, Ruyter mourait des suites de ses blessures.
Les guerres de la France avec l'Espagne rendirent Duquesne redoutable aux flottes espagnoles. En deux ans, par ses efforts principalement, notre pays était en possession d'une inaiine admirable.
Duquesne idaprès un portrait du temps.)
Enfin, pour couronner une si belle carrière, deux éclatants succès étaient réservés à Duquesne.
Alger était alors, comme il le redevint plus tard, un véritable repaire de pirates dont les vaisseaux semaient la terreur sur toute l'étendue de la Méditerranée.
Un moment, Colbert avait songé à faire exécuter une sérieuse expédition dans les Etats barbaresqucs. Mais la France était absorbée par trop de complications politiques, et le projet, depuis réalisé en 1850, se borna à une rude leçon donnée par Duquesne.
I iS
Deux fois, l'illuslro marin vint ranger ses navires devanl la capitale du dey. Au premier de ces l)locus (1682), on fit usage d'un nouvel engin de guerre : les galiotos à bombes, invention de Bernard Rknau d'Émsaçaray (ou Eliçagaray), savant officier de marine béarnais. Cette terrible découverte assura le succès, et, après le second blocus, Mezzo-Morlo, qui venait de succéder au dey Baba-IIassan, tué par ses sujets révoltés, se vit forcé d'implorer la clémence de Louis XIV.
Pendant quelque temps, la Méditerranée fut purgée de ses écumeurs.
La dernière campagne de Duquesne se termina encore par un triomphe.
La République de Gènes, si puissante sur mer, eut l'imprudence de croire qu'elle pourrait lutter contre le Roi-Soleil. Duquesne la tira de son erreur.
Le doge, coupable d'avoir prêté secours, non seulement aux Espagnols, mais aux Algériens, dut venir humilier sa fierté à la cour de Versailles.
Événement inouï, sans précédent, qui arracha à l'orgueilleux potentat la réponse célèbre, alors qu'on lui demandait l'impression produite sur son imagination par les splendeurs de la cour.
« Je suis surtout étonné de m'y voir! »
L'expédition contre Gènes termina la carrière maritime de Duquesne, carrière marquée, surtout, par des succès, et de laquelle on a pu faire ce digne éloge :
« De nos jours encore, il est plus d'un habile marin qui regarde Duquesne comme le plus grand homme de mer que la France ait eu. Eh! qui, d'ailleurs, serait assez sûr de son jugement pour oser affirmer que le vainqueur de Ruyter, de Ruyter, qui avait vaincu l'élite des amiraux anglais, n'est pas le plus grand homme de mer, non seulement de la France, mais de toutes les nations modernes! Mais ce qu'on peut dire, sans crainte de contradiction, c'est qu'en tenant compte des changements et des progrès qui sont survenus, si le grand Duquesne a son égal dans l'histoire, il n'a point son supérieur'. »
Un nom plus' modeste est celui de Bouzard.
Simple pilote, il ne figure point parmi ceux qui remportèrent de sanglantes batailles; mais, infatigable dans son dévouement, il se consacra