‹ Le littoral de la France (volume 2)Chapitre 25 sur 54 · ROUEN. — PORTE DITE DE JEAN GOUJON, LGI.ISK SAINT M.VCLOU · texte numérisé non relu

ROUEN. — PORTE DITE DE JEAN GOUJON, LGI.ISK SAINT M.VCLOU

I^èiii^il;

DE DUNKERQUE Ali MONT SAIM MICHEL 287

nom l'indique, l'une des entrées, on trouve 1 .4î/re (du mot latin atnum) ou Tieux cimelièrc Saint-Maclou.

Ilclas! la rage brutale des démolisseurs s'est exercée complète sur les figures docoraiil autrefois les colouiies des galeries de l'ossuaire, l'as une ne se voit intacte!!! 11 a fallu la patience, l'iMudilion savante de H. La.nci.ois, rhabijr,' anticpiaire, pour y reconstituer une dunsc macabre fort intéressante.

Mutilées aussi les pierrrs tombales relevées du cliamp mortuaire. Avec grand'peiiie déiliiffre-t-on un mot, un signe!!!

C'est à croire que la destruction l'ut de tout puiiil sysl('ina tique.

On n'éprouve pas moins une

sorte d'apaisement à parcourir le

vicu.v cimetière, car la pensée

de la mort, si terrible pour un

esprit vuli;aire, porte toujours

avec elle un ger-

; ' me consolant d'es-

pérance pour les

cœurs « de bonne

vulunlé ».

Rouen est riche encore de plusieurs autres beau.\ monuments religieux; la fiyple gallo-romaine de SAiNT-GcnvAis dépendit longtemps de l'abbaye du même nom, où, après le siègedeMant(>s, vint mourir Guillaumele-Conquéranl. Abandonm'' p,ii' ses

Rouen. — Portes Jean Gou|oii, (Eglise SaiiU-Mncloii).

enfants et par ses principaux officiers, le roi puissant trouva à peine cet asile. Son cadavre, délaissé, ne dut qu'à la pitié d'un vieux serviteur le linceul nécessaire et des funérailles célébrées à Caen.

Les verrières de Saint-Godard et de Saint-Vincent charmeraient pendant de longues heures; mais on regrette que la vieille tour de l'ancienne église Saint- Lauuent n'ait pas eu la fortune de la tour de l'église (disparue) de Saint-André, conservée au milieu d'un petit parterre, qui possède également la façade d'une jolie maison du seizième siècle en bois sculpté, dite : maison de Diane de Poitiers.

Continuons toujours notre marche.

Entrons dans I'IIôtei- du Bourg-Tiiéroolde, fâcheusement occupé par les bureaux d'une adminislration liiiancière. N'élait-il donc pas possible de faire du bel édifice un musée, mieux approprié, certainement, à celle destination que la construction sans caractère élevée pour renfermer les « Beaux- Arts », comme il est inscrit sur son portail? Par bonheur, on est facilement autorisé à visiter l'hôtel et l'on peut admirer les curieux bas-ieliefs dont il est orné. Quant à la cour si gracieuse, à la façade scul()lée et au perron d'accès, la vue en reste libre, le passage étant commun à plusieurs locataires.

Un autre monument date de la même époque : c'est le Pai.ms de Justice, aficienne Coun de rÉciiioiiEn de Noumandie. Digne pendant des merveilles sculpturales de Saint-Maclou, sa façade s'épanouit en piliers, en trumeaux, en dais, en clochetons, en statuettes, en balustres, divisés par une tourelle de la plus suprême élégance.

Rien de gracieux, de riche comme l'aspect général, sinon la salle des Assises, avec son plafond à caissons en chêne, dorés et fouillés, du temps de François 1er. L'immense salle des Procureurs possède aussi une admirable voûte en chêne, figuiant la coque d'un navire renversé.

Tout cela, en vérité, dépasse de bien loin, en grandeur réelle, en magnificence, nos édifices modernes, pour la plupart si mesquins ou dénués d'un cachet spécial. Nos architoclos ne manquent cependant pas de talent, on dépense beaucoup et les concours se multiplient à outrance. D'où vient donc le mal? Ne serait-ce pas que l'on veut, surtout, bâtir vite et que personne. État, public ou particuliers, ne s'intéresse réellement à la création d'un stvle nouveau?

DE UrNKF.RQLE AL MONT SAINT-MICIICL

La thèse serait trop facile à soulcnir par les l'ails; elle n'aurait qu'un tort : nous éloigner de notre sujet.

Trois autres débris du passe excitent fortement l'inlérèt : l;i

Toin DE LA GuOSSE Iloii-

LOCE, avec ses grandes croisées ogivales et sa voùle piltorescpie, portant aux deux faces extérieures un large cadran, tandis que le tympan et les deux faces latérales de l'intérieur

sont couverts de bas-reliefs des plus originaux. Tout bon Rouennais, attaché aux légendes de sa ville natale, soutiendra que ces scènes représentent Rouen, personnage fantastique, fondateur de la cité! I Le moindre coup d'œil prouve qu'il s'agit de la parabole du Bon Pasteur, gardant avec amour son troupeau. Le ciseau de l'artiste a finement fouillé la pierre et l'on contemple longtemps son œuvre avec plaisir.

La Grosse Horloge date de la fin du quatorzième siècle. Elle a conservé une cloche d'argent célèbre qui, chaque soir, tinte pendant un quart d'heure. Réminiscence poétique, dans une ville avant tout commerciale, « du bon vieux temps », où Guillaume-le-Conquérant édictait la loi du couvre-feu! Alors, dès que sonnait la cloche impérieuse, les bourgeois étaient tenus de rentrer chez eux et, bientôt, toute lueur devait disparaître des châssis, sertis en plomb, pratiqués dans la devanture des maisons.

L\ Touu Jeanne d'Auc porte, semble-l-il, un nom usurpé. La prison où la sublime héroïne fut jetée aurait, pour cause de ruine, été démolie sous le premier Empire. Qu'importe!

Si Jeanne passa seulement une heure dans le donjon conservé ou si elle y subit son abominable captivité, ces murailles n'en gardent pas moins une empreinte sacrée et nous l'inscrirons aux dernières lignes de la relation de notre séjour à Rouen, car elle ne saurait supporter aucun autre voisinage.... Elle doit rester en nos cœurs comme un gage de foi, comme un germe d'espoir bien cher au milieu de la nuit cruelle où parut sombrer l'avenir de la Patrie!...

Et, maintenant, arrêtons-nous devant ce qui subsiste de l'ancien Palais des ducs de Normandie, autrefois baigné par la Seine, dont il est maintenant séparé de toute la largeur d'une rue et d'un beau quai.

Les vieilles écuries, transformées en entrepôt de douane, la voûte, deux ou trois salles, le tout remarquable par l'épaisseur des murs et la solidité, la massivité des charpentes, occupent moins cependant que la Rasse-Vieille- ToL'R, sous le gracieux baldaquin de laquelle on arrive par une double rampe de quelques marches. Là, au premier étage, le jour de l'Ascension, avait lieu, chaque année, la délivrance d'un condamné à mort. La cérémonie remontait à l'épiscopat même de saint Romain.

La légende porte qu'une affreuse (jargouiUc désolant les faubourgs de la ville, le prélat vénéré se fit accompagner de deux criminels pris à la geôle dos futurs suppliciés; puis, ay;iut jeté son étole au cou du dragon.

DE DU.NKERQUE AU MONT SAlNT-MICIIEL 2'jj

il commanda à ses com|)agiions, mourant de peur, de mener le monstre, ainsi lié, sur la principale place de la cité, où il fut brûlé aux grands applauilisseiiients du peui)lc. Pour récompense de leur docilité, les |trisoMnicrs obtinrent grâce.

Les rois de France, après eux les ducs de Normandie et les rois d'Angleterre, voulurent consacrer ce fait par une faveur éclatante. Le chapitre, héritier des reli(]ues de; saint Humain, avait également succédé à sitn dioit de délivrer annuelleinent un cundannié. Mais, pour perpétuer la mémoire du prélat, une condition était imposée. Lu grande pompe, la pesante clià>sc contenant les restes de saint Homain était apportée au péristyle du premier étjige do la Dasse-Vieille-Tour. Les criminels, condamnés à mort, arrivaient sous bonne garde et chacun d'eux s'eflbrçait de soulever la fierté ('), tour de force nécessitant une grande solidité de muscles; celui qui y réussissait était aussitôt délivré « en souvenir de Mgr saint Homaiii ».

Pendant plusieurs siècles, la levée de la Fierté de saint nuiiKiiii eut lieu régulièrement, puis on s'avisa de remarquer que le plus fort d'entre les condamnés à mort ne se trouvait j)as toujours être le plus digne de pitié.

Ce fut un pas dangereux vers la voie d'examen atlenlit de la cérémonie. De nos jours, elle n'est plus qu'une chroni(iue originale dont on a plaisir à se remémorer les moindres incidents, aux lieux mêmes si souvent témoins de leurs curieux épisodes.

Four ne rien oublier de cette rajudc revue du |)assé. il faut jtarcourir les rues de la Tour-de-l'IIorlogc, de l'Épicerie, des Carmes, Grand-Pont, Saint- Patrice, des Juifs, de Saint-Romain, des lîons-lMifants, le Marché-aux-Ualais et plusieurs autres pour retrouver quehiues maisons on curieuses ou célèbres. La façade de la maison natale de Corneille a été reconstruite au Musée d'anliiiuités. Inutile donc de la cliereher lue de la Pie, mais on peut voir encore celles de Fontenelle, de Géricault, de Hoïeldieu, (1(> Ihilong....

Malheureusement, beaucoup de ces vieilles maisons ont subi de fâcheuses transformations. Nous n'en voulons jiour preuve que le |)auvre P.iiœau des Finances (vis-à-vis de la cathédrale), tout honteux de voir ses balcons, ses fenêtres, sa physionomie eniin, disparaître sous les enseignes de négoces, estimables assurément, mais des plus anti-artistiques! Celte charmante construction de la Renaissance, classée, croyons-nous, parmi les monuments historiques, niériterait bien d'être au plus vite délivrée.

1 Vieux mot équivalant à celui de chisse et conservé encore à Koueii.

294 LE LITTORAL DE LA l'HANCK

Consolons-nous en nous hâtant de voir les trois belles fontaines gothiques dont Rouen est riche. L'une d'elles, nommée de la Croix-de-Pierre, fut érigée par le grand cardinal Georges d'Amboise. La fontaine de la Crosse, aux élégantes guirlandes de feuillage, est un peu plus ancienne, et la fontaine de Lisieux a été, avec raison, comme les deux autres, classée parmi les monuments historiques. Près d'elles, la fontaine dite de Sainte-Marie, réputée « chef-d'œuvre » par des touristes enthousiastes, descend soudain à un rang bien modeste.

Non que, pris à part, chacun des morceaux dont elle est composée ne mérite un certain éloge. La statue principale est même presque belle. Mais, réunis, ces morceaux semblent manquer de cohésion. Il y a trop de choses sur un espace relativement restreint et l'aspect général y gagne des lignes heurtées, fort peu agréables.

Avec d'aussi charmants modèles sons les yeux que la fontaine de la Crosse, pour ne citer que celle-là, l'erreur paraît plus grave, moins compréhensible.

C'est toujours l'étrange laisser-aller uni à l'ostentation dont nous parlions au sujet de monuments plus considérables. Nous voulons agir vite, et tout aussi bien, sinon mieux qu'autrefois; mais la persévérance n'est pas notre qualité dominante. Un grand effort lasse les esprits, la pondération des idées se voit reléguée à l'égal d'une chimère. Le résultat serait bien propre à diminuer notre orgueil, si nous avions le bon esprit de profiter de la leçon que nous nous donnons nous-mêmes... Sans y penser, à vrai dire!

KocKH. — Fontaine Sainte-Marie.

CIIAriïlŒ XXVIl

ROL'E> «ODERNï

A toutes les époques de son existence, Rouen s'est distingué par son génie comnierci;il et industriel. Les ressources si abondantes de ses campagnes privilégiées ne lui ont pas suffi. Une ambition bien comprébonsible l'a porté à vouloir mettre en œuvre toute la fortune que lui proinctlail son excellcnlc situation.

Le temps n'a jamais été oublié des Rouennais où leur Ghildc puissante fondait solidement un empire presque universel. Cet empire pacifique, bien des crises, beaucoup de circonslances terribles l'ébranlèrent, sans pouvoir le détruire coitiplèlenienl. Aujourd'hui, la belle ville se retrouve plus jeune, plus forle, plus active, plus industrieuse, plus déterminée à la lutte que ne le sontiailtîrait'iil nos voisins, si désireux d'anéantir le commerce français.

Tontes les branches d'industrie lui sont également familières. On sait à (]uel degré de |)erfeclion atteignent ses manufactures de cotonnade, de l(»iles blanches ou imprimées, de bonneteries, de couvertures. Les blanchisseries de tissus de lin ou de colon, de ses faubourgs et des environs, n'ont pas de rivales.

La teinture des élunés de soie ou de laine et le cylindrage de ces mêmes étoffes occupent un i;raiid nombre d'ouvriers.

En outre du culon, devenu en quelque sorte le monopole de Rouen, le commerce des laines y a pris une vaste extension, ainsi que celui des huiles, des graines oléagineuses et des savons.

Des forges, des fonderies, des papeteries, des faïenceries, des confiseries renommées, ajoutent à ce mouvement dont la seule énumération serait longue, SI rien de ce <]iii la conslilne n'était omis.

IJoi 1 N — Quai du Havre.

La logularisation du chenal niaiilime a développé celte conliiiuelle piogicssion. Actuellement, iia\iies calant plus de six mètres et jatKjeant près de trois mille tonneaux peuvent aborder aux quais rouennais en une seule marée. Le premier effet d'un tel avantage a été de constituer lu ville en une sorte d'entrepôt du commerce d'exportation entre le Havre et Paris.

Le tableau des douanes est la preuve » plus éloquente de la prospérité nouvelle.

II ne faut pas perdre de vue que la marée se fait sentir jusqu'au delà de Pont -de -l'Arche (Eure], à près de vingt kilomètres en amont de Rouen. Le flux parcourt donc une distance totale d'environ cent soixante-dix kilomètres.

Dans les grandes mers, la Seine ne met pas plus de deux heures et demie pour monter à sept mètres de hauteur et le plus faible tirant de morte-eau, constaté en 1883, donnait encore une profondeur de einq mètres quarantehuit centimètres.

Par contre, le reflux exige près de dix heures; la pente du fleuve n'apportant d'ailleurs aucun obstacle dont on ne puisse avoir facilement raison, car elle est à peine, entre Rouen et la mer, de sept centimètres par kilomètre. On comprend dès lors l'ardeur des Rouennais pour réclamer toutes les

DK nUNKKIUJI K AL MoM SAl.M- « H.IIKL "299

améliorulioiis possibles dans le régime de la Seine maritinie, et l'empressement avec lequel la imiiiicipalité a poussé aux grands travaux permettant de faire de son port un des meilleurs que pût choisir le commerce international.

Les doiks-eiilrepôis sont iinnienscs; les quais, très beaux, ont un développemenJ de trois mille cin(| cent Ireiite-buit mètres, dont dix-neuf cent quarante mètres ap|tartienuent à la rive droite; l'outillage nécessaire aux chargenienls ou déchargements est très complet. 11 va sans dire (|ue les navires long-courriers et caboteurs sont certains de trouver tout ce que leur entretien ou leur armement exige.

l.a proportion ascendante suit, en conséquence, un cours régulier. En 1885, les navires entrants furent au nombre de 1669, jaugeant 1-155 231 tonnes et portant, en charge effective, 1289 667 tonnes de marchandises. Dans la même année, la voie fluviale transportait, de ou pour Rijuen, un poids de 663 903 tonnes. Il est facile d'augurer que ce mouvement n'est pas prés de prendre fin.

Nous l'avons dit, mais il faut le répéter, Rouen est une ville très agréable à parcourir. Son activité de bon aloi ne se lait pas morose et les exigences de son industrie commencent à marcher de pair avec une hygiène bien entendue.

Les vieux quartiers, jadis traversés à ciel ouvert par les petits cours d'eau tributaires de la Seine, ont été assainis.

Le pittoresque du coup d'œil y a perdu. Les maisons noires, luisantes, pourvues de j)onceaux et cachés à demi derrière des étcndoirs ou des perches soutenant des élolTes, des écheveaux de coton, de laine, aux couleurs multiples, ont elles-mêmes disparu; ces masures offraient mille sujets d'étude à un peintre, seulement elles gardaient tous les miasmes avivés par les ruisseaux qui souillaient ces dispositions trop primitives.

Nul ne se plaindra de la transformation, car on ne saurait regretter que les choses vraiment belles, trop souvent sacrifiées; en revanche, toute construction malsaine doit être proscrite, si elle n'est au moins amélioraWt'

Les promenades sont nombreuses à Rouen. L'une des plus attrayantes est le parcours des quais; vient ensuite celle des beaux jardins publics. Les faubourgs ne forment pas la iiartie la moins cliarniaiite d'une excursion dans la riche ville.

Sans aller jusqu'à La Douille, si renommée chez les Rouennais, que nombre d'entre eux appliqueraient à ce coteau le fameux dicton : « Voir

Naples (lire La Bouille) et mourir! » on peut se procurer facilement un spectacle, à notre avis, de beaucoup préféi'able.

Il suffit de gravir la colline de Bon-Secours., l'un des points culminants de la Seine-Inférieure, au sommet duquel est bâtie l'église d'un pèlerinage célèbre. Cette jolie construction gothique voit chaque jour accourir une foule de fidèles.

Hélas! cette pieuse affluence a causé une catastrophe imprévue. On a cherché à rendre l'église digne de sa réputation et tout l'intérieur en a été peint et doré, si bien peint, si bien doré, qu'il est presque dangereux de fixer les yeux sur cette affreuse... sur cette riche décoration, voulons-nous dire.

Heureusement, un panorama, comme il est peu donné d'en rencontrer, nous fera vite oublier cette déconvenue; on en aperçoit déjà une grande partie du bas du cimetière établi devant l'église sur la pente de la colline, mais, pour l'embrasser dans toute sa pompe, il faut suivre la route neuve, appelée « d'en haut », qui contourne les sommets et mène au point le plus favorable pour n'en perdre aucun détail.

La ville en entier se déploie, parée des précieux édifices dont les tours lui composent une royale couronne. Le fleuve, comme heureux de la baigner, se replie, s'endort ou coule, rapide, pour revenir sur lui-même avant de s'enfuir vers la mer, qui bientôt mêlera ses flots glauques aux vagues bleuâtres du captif.

De tous côtés, une ligne ondoyante reçoit l'impulsion de la brise apportée par le flux. Arbres exotiques des jardins, arbustes, arbres des champs et des bois verdoyant sur les collines, marient leurs exhalaisons salutaires.

Une opulente campagne couverte de fermes, de vergers, de moissons, de bétail, semble envahir jusqu'à l'espace où fument les cheminées des usines.

Le sifflet des voies ferrées répond à celui des machines de fabriques ou de navires.

L'horizon, largement ouvert et ondulé par les crêtes des coteaux, conduit le l'égard à des distances presque infinies.

Si le ciel est clair, on emporte une impression merveilleuse de souveraine beauté.

Et, si quelques nuages voilent l'éclat du jour, si toutes les vives couleurs finissent par revêtir une teinte plus calme.... la douceur doublera la beauté; l'œil aura peine à se détacher du cadre poétique, la pensée y reviendra souvent, ou, plutôt, ne l'oubliera jamais.

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