‹ Le littoral de la France (volume 2)Chapitre 32 sur 54 · CAEN. - ABSIDE DE L'ÉGLISE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

CAEN. - ABSIDE DE L'ÉGLISE SAINT-PIERRE

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lÎKi.NALi.ii i)i: Sk<.ii\i>, I'' iliaiiiiiiiit |h)i''|i' i(lylli(|iii' ot piiïldi-.-il, habita rue (le l'Eiifîannerie.

Là 111' se termine pas, à ijeaucuiip [)i'r's, le délilé iriininiiics célèbres dont (lai'M j,'ai(li' pieusement la mémoire.

Jka.n Mahot, poète et historiographe, serait pins connu. >i la jïloire de son lils (Ilément ne l'avait éclipsé.

(jRAi.NDORGE, au Seizième siècle, fabriqua des (ij;nres sur loile ouvrée el donna ainsi l'idée des tapisseries de haute lice.

L'architecte IIkctor Soiiier, dirigea l'établissement des voûtes du chœur et des chapelles de l'église Saint-Pierre. Il y prodigua toutes les ressources d'un talent aussi souple qu'élégant.

liids-rioiiErtr fut le familier de Hicludii'ii d l'mi des fondateurs de l'Aca- (Iciiiic l'iaiiçaisi'.

Les travaux du gèomètie IMi;iU!i'; VArtic.NON sont estimés.

Tannkc.iv LiCKEitviu:, le savant philuiogiR', eut pour fille la fameuse helléniste Mme l)A(:ii:rî.

.Mai.i ii.ATiîi-: pniinetlait de flevenii' un poète exquis.

A l'enscigiicnicnl du compositeur CnonoN, se formèrent les plus grands arlisles-cliarilours du premif^r tiers de ce siècle.

AuitKU était siiii compali-iole. Auber, dont la musiipie vive, gaie, si française par l'cspril d la clarli'', contribuera loiiglenijis à la rniliiiic de nos scènes lyricpies.

Le général Kixakn défendit peiidaiil huit ans nos colonies des iles de France el de Hourbon contre les Anglais.

Mais c'est nous attarder troj» dans une ndiiiençlatuie forcément aritlc.

(lai'ii, ville lilhMaire, el, aulrelbis, siège des coin's souveraines de Normandie, a toujours biillé d'un grand éclat dans les lettres, ainsi (]ne dans l'élude plus sévèn; du droit. Elle se montre jalouse de sa renonunée.

Taiil mieux, cela ciiMip"iisi' iiii peu rindillérencc générale du pavs (pii, en dépil d'un luxe vi''rilal)!e de statues, oublie ceux dont le génie a formé sa gloire multiple.

Les places de Caen sont, en général, jolies. La plus remanpiable est la place lidvali', jadis oi-ni'e d'une belle statue de Louis XIV'.

Devaiil ITiiiversilé s'élèvent les slatutis de >Kdherbe el de Lai'I.ac.i:. L'illustre asIi'oïKinie ('lait né à neaumont-en-.Vuge, riche bourg situé à .SS kilomètres de ("aen.

I. Un viiMil a'iiilcvcr colto œuvre d'art... Est-ci' vraiment avoir fuit preuve de sens et de goût ?

374 Li: LITTORAL DE LA FnANCE

En passant de nouveau rue Saint-Jean, nous n'oublierons pas ([u'au nun)éro 148 habita celle que Lamartine, avec une étrange em|)liase, appela l'Ange de rAssassinal : Charlotte Coiiday.

Les ruines militaires de la ville consistent presque tout entières dans le cliàteau ou, plutôt, dans l'enceinte du château btâti par Guillaume.

Il était situé sur un petit monticule dominant le nord de la ville. Mais, des constructions, il reste seulement les murailles extérieures et un donjon carré, accosté de tours rondes, à l'usage des réserves de l'artillerie. Ce n'est point très imposant et, çà et là, deux ou trois autres vieilles tours ne se présentent pas, non plus, sous un aspect bien formidable.

I,aissons donc ces souvenirs guerriers qui, ici, rappellent les plus tristes époques de l'histoire de la ville, et parcourons les attrayantes promenades des faubourgs.

Les Cours ont été plantés vers la fin du dix-septième siècle. Ils encadrent royalement la vaste prairie, contenant l'hippodrome renommé. Lorsque vient l'époque des courses, on peut y comparer entre elles les races chevalines étrangères et françaises.

Nous ne nous piquons pas d'être bien profond connaisseur en celte matière. Mais, dût notre franchise prouver une réelle ignorance, noi]s avouons donner le prix aux belles races françaises.

Que leur manque-t-il? Ce n'est, à coup sûr, ni l'élégance d'ensemble, ni la générosité du sans', ni l'ampleur des formes, ni le fond, ni le courage....

Mais depuis qu'il est de mode de tout sacrifier à une vitesse stérile aux dépens de la solidité et du fond, on prise moins les qualités de nos chevaux, et, sous prétexte d'amélioration, on est en train, croyons-nous, de diminuer la valeur réelle de ces excellents animaux.

Il ne nous appartient pas de pousser plus loin ces recherches; nous avons seulement voulu effleurer un des côtés du caractère français. I Trop souvent, nous donnons l'étonnant spectacle du mépris de nos véri-

tables richesses pour nous jeter dans l'engouement de pauvretés exotiques.

Les étrangers profitent de cette folie, puis, à beaux deniers comptants, nous viennent revendre ce qu'ils nous ont acheté à un prix très modeste....

Quand donc, en tout, serons-nous d'abord Français?

Le panorama des courses caennaises est on ne peut plus séduisant. La beauté du paysage où elles se passent, l'intérêt particulier, la curiosité intelligente dont elles sont l'objet, ajoutent beaucoup à leur propre attrait.

11 y a là tel riche propriétaire-cultivateur, modestement vêtu d'une

[)F, niNKEnniE au mont saint- miciif.l

solide blouse ea toile ou tl'uue petite veste eu gros drup, qui, d'uu coup d'œil, juge en maître les concurrents.

Puis il fait bon voir onduler cette population normande, fraîche, vigoureuse, bien tenue, respirant l'aisance, le conlonteuiont.

Après ce tableau, vient celui du port et des bassins où le travail règne en maître : bûtinients long-coursiers, bâtiments caboteurs, petits navires ou barques s'y succèdent presque sans interruption, et, en cherchant bien, il ne serait peut-être pas impossible de retrouver un vieux pêcheur fidèle au costume que son père portait il y a cinquante ans.

Ainsi qu'il est facile de le comprendre, la pèche cotière tient une assez large place dans le commerce local : les huîtres de Courseulles y trouvent un excellent débouché: l'Orne et l'Odon y apportent leur tribut en poissons.

Ileure de la moulée, a péclie à l'anguille >.

A certaines époques, la ville entière paraît vouloir se livrer au plaisir de la pèche. Chacun va se poster sur les bcrds du fleuve et, beaucoup, sans le secours de filets ni de lignes, réalisent, cependant, une récolle magnifique.

C'est le moment de l;i montée.

Alors un banc de menu fretin, d'anguillulcs, arrive en masses compactes, suivant le (lux marin. On plonge à même dans l'épaisseur de la marée animée, qui un panier, qui un engin plus {)riniilif encore.

Nous devons l'avouer, l'aspect du résidu de la montée ne nous a pas toujours semblé très engageant. Dans bien des cas, il a l'apparence d'une sorte de gelée frétillaiilo dont nous n'aurions pas volontiers pris noire part. '■ is

Cependant, un plat de montée frite est, disent les amateurs, quelque chose de fort délicat.

Cela nous rappelle les minuscules anguilles de la Loire, nommées, si notre mémoire ne nous trompe, civelles, par les Nantais.

Au nombre des excursions préférées par les touristes vient, d'abord, celle du hameau de Calix, où l'on admire la Maison des Gendarmes, construction des premières années du seizième siècle, élevée par Gérard DE NoLLE.M, qui eu voulut faire, à la fois, un manoir d'agrément et un château capable de subir un siège.

11 y réussit à souhait. Sa demeure participe de ce double caractère : maison de plaisance et forteresse. Le nom qui a prévalu sur celui du fondateur, provient de l'ornementation de la tour occidentale du château.

Deux statues en pierre dominent la plate-forme de cette tour. Elles représentent deux soldats, ou gens d'armes, de l'époque à laquelle vivait Gérard de Nollent. L'un se dispose à croiser la hallebarde dont il est armé, l'autre s'apprête à se servir de son arc. Symbole parlant de la vigilance des défenseurs de la place.

On revit un moment dans le passé, en parcourant ce gracieux logis féodal, et l'on ne se trouve que mieux disposé pour visiter la belle église romane de Saint-Coxtest ; les délicieux ombrages de Louvigxy ; la belle tour des Ifs et le très intéressant château de Fontaine, bâti sous Louis XI.

Si tout cela n'a pas encore fatigué notre attention, nous nous rendrons dans les divers musées de Caen. La Société d'archéologie a réuni de curieux débris, et le musée d'histoire naturelle a eu l'heureuse fortune d'hériter des riches collections deDuMONT-D'URviLLE.

C'est, du reste, justice, l'illustre contre-amiral étant enfant du pays, et Caen, mieux que sa petite ville natale, Condé-sur-Noireaii , pouvant donner un cadre convenable au résumé de ses gigantesques travaux.

Nous quitterons Caen par la voie d'eau, afin de saisir l'occasion de nous rendre un compte exact de son importance. Des navires et embarcations de tout genre croisent notre bateau. Il faut souhaiter que l'on continue à améliorer ce beau canal, artère précieuse pour le commerce de cette partie de la province : pas un des petits ports du Calvados ne pouvant primer le port du chef-lieu.

La ville doit, en conséquence, ne pas craindre de lui consacrer la plus grande partie de ses ressources. Elle y gagnera une augmentation de trafic et, par suite ses revenus croîtront rapidement.

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