‹ Le littoral de la France (volume 2)Chapitre 34 sur 54 · Le modèle de eelte barque est au Musée de Marine · texte numérisé non relu

Le modèle de eelte barque est au Musée de Marine

DF, [Il NKKdOl'R Al MONT SAINT MliilITL J^r,

On ne peut, davaiila^'o, oiiblior l'aclivilé déployée par les lialiilaiils. I,cs admirables dentelles de Baveux repreiidionl, il faut l'espérer, le rang «[u'cllcs mérilenl si bien.

L'iiiduslrie des blondes, des lulles, de la toile y est encore assez prospère; colle de la porcelaine progresse beaucoup.

Mais où la ville triomphe, c'est en tout ce qui concerne les produits agricoles : chevaux, bétail, volaille, beurre, blé....

Ainsi que la vallée d\iurje\ la vallée d'Àure pourrait, sans exagération, porter le nom de Pays de Cocayne.

I. Nous avons visité une partie de la riche vallée du pnys (TAugi-, en alhiut de Trouville à Cabourg; cl l'on appelle : vallit (rAure,\e territoire arrosé par les rivières portant ce nom. \.'.\uie supcriruie pasîe a Baycux et /Mme inféiicwc à bi^^iiy.

Fragini/nl do la tapisserie de Hayeux, d'après M. d'> Caumonl.

CIIAIMTRI': WWII

DK SAINTE-IIONOIliNE \ I.V DAIE DES VEYS

Oiiittnnl Bayoïix. nous reprenons noire exploration du liHoral et, tout près lie l'orl-en-Iiessin, nous nous arrêtons à SAiME-IIoxonixE-DES-PEnTEs, non pas ([ue la localité soit très importante, mais on y visite avec plaisir une vieille chapelle, dite de Saint-Siinéon, élevée non loin de la mer, ainsi qu'une source pétriHante. Chapelle et fontaine sont le but d'un pèlerinage fréquenté.

A (lilTérentcs reprises, les eaux de cette source ont produit des blocs de travertin' véritablement considérables. Au reste, les couches calcaires abondent sur les rivages normands, et nous nous souvenons que les roches si curieuses d'Orcher sont dues à la même cause.

Traversant celte commune, ainsi que le territoire de S.M.NT-LAURENT-si'n- Mer et de CoLi.Evn.LE-:>Lii-MEii on trouve :

La Voie di' Roi (icm.lalme,

sorte de |ietit chemin creux, rocailleux, à moitié couvert par les haies, dont les branches s'enchevêtrent au-dessus de lui.

Ce sentier court, dans la direction de l'ouest à l'est, à égale distance à peu près de la mer et de la route d'isigny à Arromanches. Il est connu dans le pays sous le nom de Voie du Roi Guillaume.

La tradition rapporte qu'il vit passer le futur Conquérant, en 1047, lors de sa fuite précipitée de Valognes à Falaise.

1. Pierre grisâtre formée par le dépol de chaux dont les sources (xitrifiantes sont saturées.

iOS LE LITTORAL DE LA PHAiNCE

[jn pauvre fou, natif de lîayeux, était venu le prévenir que les barons normands voulaient s'emparer de lui pour le mettre à mort.

Guillaume, effrayé, monte à cheval au milieu de la nuit, passe à gué la baie des Yeys, de Sainte-Marie-du-Mont à Saint-Clément, s'arrête dans l'église de Saint-Clément, puis se décide à poursuivre jusqu'à Ryes'.

Hubert de Kyes le reçut fort bien, lui donna ses trois fils pour escorte et dépista, par de fausses indications, les chevaliers normands lancés à sa poursuite.

M. de Gaumont, dans sa statistique ripuaire {Annuaire de Normandie, 1859), donne les vers si intéressants composés par Robert Wace sur cet épisode.

Quant à la Voie du Roi Guillaume, que l'on devrait plutôt appeler Voie du duc puisque dix-neuf années séparaient encore le souverain normand de l'heure de la conquête, elle doit remonter à une très ancienne origine, et elle parcourt bien l'itinéraire suivi par le prince.

Évidemment, personne ne peut assurer que Guillaume y ait passé, la tradition n'en reste pas moins curieuse. De plus, l'aspect des lieux se prête merveilleusement à la scène émouvante racontée par Robert Wace'.

Les dix étages de la superbe tour romane de Collevillk-sur-Mer complètent majestueusement une église très remarquable, mise, avec justice, sous la protection de la Commission des monuments historiques.

Les preuves de l'occupation romaine sont nombreuses dans cette localité, comme, du reste, sur tout le littoral nord-ouest de la France'.

Nous allons faire; encore une petite excursion plus avant dans les terres. Il est impossible, en effet, de passer si près du bourg de Foumi- CNY, sans aller saluer le champ où se livra la bataille du 5 avril 1450.

Ce jour-là, Arthur de Riciiemont, connétable de France, plus tard duc de Drclagne sous le nom d'Arthur III, eut l'honneur d'achever son œuvre. Infatigable combattant des Anglais, qui, depuis tant d'années, se croyaient maîtres absolus en France, il couronna la série de ses exploits par l'éclatante victoire de Formigny. Désormais la vieille Neustrie, devenue, sous Charles Ht le Simi)le, la proie des Normands, faisait retour à la patrie française.

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