Noie due à M. Cliarles Gariiier
5. Il ne faut pas confondre Collevilie-sur-Mer avec Colleville-sur-Orne, voisine d'OuisIreham. La première de ces communes est située entre Sainte-Ilonorine-des-Pertes et Saint-Laurenl-sur-Mer
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Tronic-six ans plus laid, rii I'jMj, le comte Jean de Clehuu.m, lieutenant général du roi Cliarli-s MI, voulut perpétuer, par la conslruclion d'unt- chapelle, la mémoire do ce glorieux fait d'armes.
Malgré sa véluslé, le petit édilice restait un souvenir précieux, aussi la restauration en a-l-olle été l'aile avec soin.
l'n second monument consacre la date du 5 avril 1450. C'est une borne érigée, en 183i, par M. de Caimont, l'infatigable et zélé archéologue normand.
Le bourg possède encore un monument digne d'attirer l'attention : son église paroissiale, dont une des portes conserve avec fierté une fort belle statue équestre de saint Martin.
Nous dépassons ViEnviM.E et sa jolie église, puis SAiM-PiEnnE-Du-MoM et ses beaux chàleaux.
Voici Giiand-Camp, industrieux petit port de pèche côtière, éclairé par
Iihanu-KamI'. — Vue générale.
un phare de quatrième ordre. Voici Mmsy, avec sa haute et belle tour. Les environs sont parsemés de débris romains et les écueils défendant la cote, écueils dits : lioches de Maistj, n'ont pu, autrefois, empêcher les terribles incursions des farouches ÎSorllnncn.
Les traditions rapportent que, là même, leurs navires abordèrent pour la première fois. Personne n'a oublié comment se terminèrent ces envahissements successifs, et la nécessité où se trouva le malheureux roi Charles III d'accepter les conditions posées par Rollon, chef des Hommes du i\urd.
Le traité de Saint-Clair-siii-l".[ile, signé en 011, abandonna au coiii|uérant la province de Neusirie, (jui fut érigée en du'hé et prit le nom de sa population nouvelle.
Les gens du pays s'inquièlont peu de ces vieux souvenirs. Ils ne
semblent pas davantage se rappeler que la prospérité de leurs rivages date à peine de trente ans. Cela est vrai, pourtant.
Les nombreuses stations de bains que nous venons de parcourir, la superbe ligne de côtes qui, sur une longueur de cent vingt kilomètres, va de Ilonfleur à l'embouchure de la Vire, n'étaient ni visitées ni appréciées comme elles le sont de nos jours. C'est, maintenant, une source de richesse, chaque année plus abondante, pour le département du Calvados.
Il nous reste à parcourir Isigny, la petite ville que son beurre a rendue célèbre.
Elle est située au fond d'un golfe de huit kilomètres, à l'embouchure de la Vire et de l'Aure inférieure ; cette dernière rivière la traverse. Son port possède deux phares, et l'on se rendra compte de son commerce quand on saura qu'il se chiffre chaque année, pour le beurre seulement, par une somme de deux millions au moins. Ajoutons-y le produit de ses cidres, de ses poteries, de ses volailles, de ses bois, de son bétail, de ses grains, de ses colzas....
Nous n'en finirions pas d'énumérer toutes les branches d'industrie de cette belle vallée d'Aure, digne rivale, par sa fécondité, de la plantureuse vallée d'Auge, à laquelle, déjà, nous l'avons comparée.
La mairie d'Isigny a été établie dans un vaste château, bâti vers le milieu du dix-huitième siècle. Elle a vraiment très bon air, avec sa grande cour ouvrant, à la fois, sur le port et sur la principale rue de la ville.
L'église, également, mérite une visite spéciale pour les belles sculptures des chapiteaux de ses colonnes.
Une curiosité, ou plutôt un chef-d'œuvre de ténacité et de travail patient, avoisine Isigny. C'est le pont du Vey* construit sur la Vire. Il se complète par des portes de flot qui, maintes fois, furent au moment d'èlre abandonnées; car la baie dite : des Veys reste fort envasée et les vagues du large viennent y battre avec violence.
La persévérance eut raison de tous les obstacles. Plusieurs millions y passèrent, mais les portes se trouvèrent, enfin, établies pour le plus grand bien de la navigation du golfe de la Vire.
Nous sommes arrivés à la limite maritime des départements du Cal-
i. Ce nom est un souvenir des passages à gué, autrel'ois pratiqués dans la baie. Deux gués existaient : le grand et le petit. Ils ofliaient plus d'un danger.
UK nUNKF.ROI'E AU MONT SAÎNT-MICIIFL.
vados el de la Manche, limite funiiéc par la baie (iiii lire son nom dn banc (les Grands ]'eijx.
Celte baie présente une assez vaste étendue, allant en réalité de l'embouchure de la VinE à l'embouchure de la Taute. Ces deux rivières sont, en outre, réunies par un canal, d'environ douze kilomètres, portant leurs noms, ce qui facilite beaucoup la navigation et le commerce.
Toute la grève de la baie se trouve recouverte à marée haute, et plusieurs autres petits cours d'eau v serpentent à marée basse.
Le sol reste, comme nous l'avons déjà remarqué, très exposé aux infiltrations produites par de nombreuses sources. Les plages n'y sont pas toujours d'une sécurité absolue; mais nous aurons bientôt à explorer des sables mille fois plus dangereux encore, lorsi|ue nous mettrons le jiiotl sur la terrible côte du Mont Saint-Michel.
Donnons un dernier regard au flot qni moutonne autonr des écuoils, jetant une frange brillante sur l'azur de la mer, puis entrons dans le département de la Manche.
Grand-Cûinp.