‹ Le littoral de la France (volume 2)Chapitre 36 sur 54 · CII.\IMTI\K WWIII · texte numérisé non relu

CII.\IMTI\K WWIII

r,\nENT\N. — SMNT-V\\sr-|it-l A-lIlilMh.

Les sables qui ciicoiiibrent les bouches de la Vire et de la Taute régnent sur la plus grande |)arlie du rivage oriciiL.il du dépailemciil de ia Manche.

Ils cèdent, vers le nord, la phice à des roches dures, très élevées; puis, insensiblement, ils reparaissent sur la côte occidentale pour s'étaler bienlùl en grèves immenses cl trop souvent mobiles.

Un travail de M. Alexandic Clièvr.'niont (travail couronné en 1879 par l'Acadéniio des .-sciences; conclut à ratraisbcment de nos risages, à l'empiètemcnt de la mer,

!.(! lait est vrai, au moins, pour la côte nord bretonne et la côte ouest du Colentin.

Des traditions, que l'aspect du pays est bien fait pour accréditer, montrent les îles anglaises de Jersey, Guernesey, Auriguy, ainsi que le groupe français des iles Chausey, réunis au continent.

Tout le dédale d'écueils qui va du cap Blanchard, en face d'Auiigny, jusqu'aux .SV/>/-//c.v, en face de Tréguier, dans les Côtes-du-Nord, serait le squelette d'une terre disparue. Ces profonds enfoncements de la baie du .Mont Saint-Michel et de la baie de Sainl-Brieuc seraient le témoignage des colères de l'Océan.

Peu à peu, ou par des lenipétes violentes, les Ilots ont miné tout ce qui n'était pas formé de rochers les plus durs, et la nappe liouleuse recouvre des forêts épaisses, des terres éiniettées, des blocs désagrégés.

Un voyage le long des trois cent trente kilomètres de la ligne marine du département de la Manche n'est pas fait pour démentir le savant travail de M. (Ihévrcmoiit.

Partout il faut lutter coutre la vague; néanmoiMS, plusieurs excellentes rades naturelles et le port de Cherbourg, ainsi que de nombreux petits ports caboteurs, secondent l'activité de la population, car la configuration même de celte région de la Normandie devait porter, presque exclusivement, vers la mer l'attention des habitants.

Formé de l'Avrancliin et du Cotontin, le département s'avance, semblable à une longue presqu'île, dans la direction des côtes anglaises. Sa pointe extrême n'est guère qu'à 80 kilomètres de la Grande-Bretagne, Cherbourg, notre seul port militaire sur la Manche, n'en est ])as à plus de 100 kilomètres.

11 a donné beaucoup d'intrépides marins et les noms de plusieurs de ses enfants sont célèbres.

La côte tout entière fournit maint sujet d'études intéressantes; cependant nous ne nous arrêterons pas, désormais, ainsi que nous venons de le faire, à chaque station da bains de mer.

Cette méthode avait sa raison d'être en Calvados.

Nous ne nous serions pas rendu compte de la physionomie de ces beaux rivages, si nous n'avions, en quelque sorte, assisté à leur transformation.

Mais, à présent, un port de guerre, creusé de main d'homme, et un édilicc unique au monde nous attirent. 11 faut bien négliger tout ce qui n'offre pas un réel intérêt, soit au point de vue historique, soit au point de vue de l'importance commerciale.

Nous voici à Carenta.n, antique place de guerre, fortifiée par la reine Blanche de Castille, régente du royaume pendant la minorité de saint Louis.

Cette petite ville, aujourd'hui si paisible, a subi plusieurs sièges meurtriers et des pillages affreux. Son château forme un spécimen très intéressant de l'architecture militaire au douzième et au quatorzième siècles. Par malheur, le donjon a dû être démoli vers l'année 1800 et les vieilles murailles ont suivi le donjon. Mais Carentan n'a pas, pour cela, perdu toute importance. Situé à deux kilomètres de son enceinte, se trouve le fort des Ponts d'Ouve.

Il est construit en plein pays de marais presque mouvants, et sa position est si avantageuse qu'il peut défendre une grande partie du Çotentin.

On ne saurait, non plus, ne pas visiter la belle église, monument historique, possédant une tour élégante, une superbe llèche, de très gracieuses

riK lUNKRilOI'K Vrj MONT ^ \ INT-MICIIRI.

toiMclles, (lus cloclit-'luiis cl une baliistiade |)rcsoiilaiit des détails de sculpture ravissants.

Careiitan s'élève au bord d'une petite rivière appelée lanliit Doure, tantôt Ouve, dont l'embouchure se lie à celle de la Taule. C'est aussi dans le port de la villi! (|ue vient aboutir le canal de Vire-el-Taule. Il en résulte une réelle activité industrielle et commerciale.

Careulau exporte des eau.\-de-vie, des bestiaux, du cidre, et son cabo-

tage donne au |»ort beaucoup d'animation. Sa pèche côlière est des plus productives, des plus suivies.

Notre seconde station rappellera, hélas! une défaite navale.

Jacques II Stuart, roi d'Angleterre, détrôné par son gendre, Guillaume I" d'Orange, vint chercher asile près de Louis XIV, qui, non content d'accueillir le monarque malheureux, lui accorda des secours pour tenter une expédition contre l'usurpateur.

Une Hotte de soixante-cinq vaisseaux devait proléger le débarquement

ilfi LE LITTORAL DE LA FRANCE

(l'une armée de vingt mille hommes. Mais, au dernier moment, une partie de ces navires manquèrent, et Toinvn.LE, l'illustre chef d'escadre, ne put en réunir que quarante-quathe, avec lesquels il sorlit de Brest, car l'ordre venait de lui parvenir de chercher l'ennemi, sans tenir compte de sa force.

Cet ordre, joint aux informations que croyait posséder le roi Jacques, devait causer un désastre. Les flottes combinées des Anglais et des Hollandais venaient de se joindre. Tourville les rencontra, le 29 mai 1692, à l'extrémité de la pointe du Cotentin, formant, maintenant, la majeure partie du déparlement de la Manche.

Il se trouvait avoir juste moitié moins de vaisseaux; mais l'ordre d'attaquer étant formel, il dut braver le nombre, le vent, la mer....

De dix heures du matin jusqu'à dix heures du soir, le combat dura sans qu'un seul des navires français amenât son pavillon. Plusieurs, pourtant, et principalement le Soleil-Royal, monté par Tourville, se virent obligés de lutter contre quatre vaisseaux à la fois, sans préjudice des brûlots qu'il leur fallait écarter !!!

Cependant, force fut de chercher des ports d'abri et de se disperser. Parmi les bâtiments qui accompagnèrent Tourville, quelques-uns, plus maltraités, ne purent se dérober assez vite à la poursuite. Treize d'entre eux furent brûlés dans les rades ouvertes de la Hougue et de Cherbourg, ces derniers sous les yeux du roi Jacques, impuissant à les défendre, et qui vit, ainsi, se dissiper sa dernière espérance....

De ce combat, si glorieux pour la valeur française, il faut retenir le dernier épisode non moins touchant.

Vingt-deux des navires chassés avaient pu arriver à la hauteur de Saint- Malo. Mais les passes de la rade étaient alors d'un accès très diflicile. Les autorités décidèrent d'envoyer des barques pour sauver les équipages, puis, ensuite, de faire mettre le feu aux carènes, alin d'empêcher l'ennemi de capturer ces débris.

Un simple pilote, embarqué par Tourville pour les besoins de sa flotte, Hervé Riel, originaire du Croisic, s'éleva contre la dernière partie de cette résolution, demandant avec instance à être chargé du sauvetage des bâtiments, et se portant fort de les guider tous à travers les périls de l'entrée de la rade.

On hésitait. Riel redoubla de prières et parvint à vaincre les préveu-

m: m NKKi'.Hi F. aii mom <>\i\r-MM;iii;i. '.i"

lions (|iii, hiiMi jiisItMiii-nt, raccucilhiiciil; |iiiis, iii(li)iii|il:il)li- ili> coiingo, (riiiidaci- iin'li'c (Je itriidciico, il snl IcrmiiK-r licun'iist'iiR'iit son exlraordiiiairc nilreprise.

Knlliousiasniés, les Maloiiins vdiilmi'iil voler une ma<,'iiirique rtcnmpciise à ce morvcilleux itilolc. Mais, aussi modeste après la ivussile (pi'il s'étail Miunlié liaidi |Miiir eu olili'iiir la respoiisabilitr-, il ilrniauda... sua congé!!!

Quel plus bel exemple de générosité, de patriotisme vrais?

Hervé Hiel, le héros obscur dont le nom est à peine cité dans quelques clironi(|ues rarement feuilletées, mérite plus qu'un chaleureux souvenir, qu'un mot reconnaissant....

II y a neuf ans, nous publiions le récit de son héroïtiue action dans un travail sur la Bretagne intitulé : Les Pays oubliés '.

Au mois d'août 1882, nous retrouvions son nom dans un article signé: James Darmesteter, pubhé par le journal le Parlement.

Avec surprise, mais aussi avec une joie prolbiide, nous apprenions qu'un Anglais, le poète Robert Browning (mari de cette admirable femme : Elisabeth Browning, poète comme lui), a consacré à Hervé Biel une superbe pièce de vers dont le prix fut versé dans la caisse de secours organisée à Londres après nos désastres de 1870.

Sincère ami di^ la l'rance, Browning a exalté Riel, l'iiumblo pilote, le vrai Français qui ne voulut pas laisser tomber aux mains ennemies les navires, débris d'un combat si glorieux, quoique malheureux.

Le cœur tressaille quand, ainsi, sont remises en pleine lumière les gloires nationales, (!t nous voudrions voir proclamer bien haut les noms signalés à la gratitude de la France par des actes faits pour ranimer sou courage !

La IIocue, La IIol'gue ou, plutôt, Saint-Vaast-de-la-Hoi'ciie, est une |i(>titc ville assez j)euplée, posséd;int un port sûr, commode, pouvant recevoir do grands navires, et une très belle rade, protégée par une jetée, île l'extrémité de laquelle le panorama découvert se présente imposant.

L'ile de Tatuiou commande la rade, avec sa hante tour du guet, construite en 1(]U4, sans doute pour enipèclier un nouveau désastre comme

i. l'ubliii par la licvuc du Momie calliulique.

celui qui venait de se produire. Une autre tour, également belle et élevée, fut bâtie à la même époque sur l'ile de La Hougue.

Enfin, les îles Saint-Marcouf complètent la défense de la baie. Elles sont fortifiées et toujours occupées par une garnison, car elles offrent un point de relâche des plus commodes entre Cherbourg et le Havre.

Ces deux petites îles, rocheuses et escarpées, gisent à environ huit kilomètres de la côte, commandant l'entrée de la baie des Veys, entre Grand- Camp et La Hougue.

Les Anglais, savants appréciateurs des positions stratégiques, s'en emparèrent en 1795. Le fort construit sur l'une d'elles fut occupé par un de leurs détachements, sous les ordres du commandant Rice.

Des récits authentiques parlent de débarquements opérés, pendant la

Barflecr. — Vue (Je la cijte, d'aiirès une ancienne carte.

nuit, à la pointe de la Percée, sur le territoire de Louvières. En cet endroit, la falaise s'élève à une hauteur verticale de quarante mètres.

On suppléait aux difficultés par un système de cordages et de poulies. Les débarquements avaient lieu sous la protection d'une croisière de navires anglais commandés par la frégate Dianwnd, ayant à son bord le commodore Sydney-Smith.

Lors de la paix avec l'Angleterre, les îles Saint-Marcouf revinrent à la France. Depuis cette époque, la garnison de Saint-Lô fournit, chaque mois, les détachements nécessaires à la sûreté du fort, où commande un capitaine.

Toutes les industries nécessaires à la navigation sont prospères à Saint- Vaast. Les seuls parcs huîtriers occupent plusieurs hectares.

On construit des navires, on arme pour la pèche de la morue et du

riE ni'NKERQUE AU MONT SAINT-MICIIEL Hîi

hniPiip En un mot, los habitants savent tirer parti de rhoiircuso (losition

de leur ville.

Saint-Yaast est situé dans le canton de Qletteiiou, renomme pour ses bains de mer, et se trouve voisin d'un autre petit port, d'origine très ancienne : Barfleur.

Jadis extrêmement florissante, cette dernière ville a beaucoup souffert des guerres diverses soutenues par la France contre l'Angleterre. Elle n'a plus rien de son antique splendeur, mais sa position lui a valu l'établissement d'un beau phare de première classe sur le cap dit : de Gatteville.

Barflcur se console, par le travail, de sa déchéance. Ses hultrières, enlie autres, sont vastes et renommées.

Plusieurs liisloijcns rel.ilcnt qur Guillaume prépara ici sa fameuse ox|)édilion. Quoi qu'il en ail été, Barfleur reçut souvent la visite des nouveaux rois d'Angleterre.

Le troisième fils de (iuillaunic le Conquérant, llonri, surnommé Beauclerc, à cause de son goût pour les lettres, avait réussi à succéder à son frère Guillaume le Roux, au détriment de leur aine commun : Kobert Courte- Heuse\ duc de Normandie.

Plusieurs fois, il vint à Barfleur, et c'est de ce port qu'il aimait à s'embarquer pour regagner ses États insulaires.

En 1120, une flotte superbe l'y reçut: ses deux fils l'accompagnaient. Du partit joyeux, car le roi venait de gagner de grandes victoires en Normandie....

Un des vaisseaux ; la Blanrhc-Nrf, portail les jeunes princes, fils de Henri, ses nièces et plusieurs chevaliers avec leurs lenimes.

Quelques instants plus tard, la Blanche-Nef touchait un (Hueil, s'entr'ouvrait et s'abimait avec ses passagers... Le malheureux roi ideuraif ses enfants!.. Un seul homme échappa au désastre, c'était un boucher de Rouen.

La cruelle défaite de Crécy devint le signal de la décadence de Barfleur.

Sous le règne glorieux de l'liili|ip(' II, Ànijuxlc, la Norniaïufic était

l. Cnuiic-iuissc, ou, ciicoit', court-luiul-dc-cluiussc.

/t'20 LK LITTORAL DE LA FRANCL

redevenue province française. Mais la guerre entre les souverains français

et les souverains anglais se renouvelait fréquemment.

Edouard III en suscita une terrible, par sa prétention à régner à la place de Philippe YI de Valois. Lorsqu'il eut gagné la victoire de Crécy, l'instant lui parut favorable pour désoler les ports normands. Barflcur fut une des principales victimes. Jamais la pauvre ville ne s'est tout à fait remise de cette ruine absolue.

Oublions ces mauvais souvenirs, en allant contempler, du haut du phare de Gatteville, la belle perspective étendue sous nos yeux.

La mer, calme, se joue doucement sur le rivage, le ciel est bleu

Nous pouvons sans crainte continuer notre roule vers Cherbourg, le grand port militaire de la Manche.

Pliare de Gatteville.

CllAl'ITIU- \\XL\

CIlLnUOUUG

Tous les dociimoiils du moyen âge rcciilont la fondation de CiiEnnoi'nc à l'époque où le conquérant des Gaules s'occupait activement du soin d'assurer la sécurité de ses légions.

C.rsaris Ihirgua, portent les chartes; des médailles à l'efligie de Jules César ont semblé confirmer cette étymologie.

Mais l'importance du Rourg de César fut longtemps très secondaire, puisqu'il n'est pas mentionné avant le onzième siècle. Cependant, il devait compter au nombre des places fortes du Pays de Constanlia\ puisque Guillaume I" fit réparer son château et dota la petite ville, bâtie sous la protection de ses murailles, d'un hôpital ainsi que d'une église.

Cette libéralité était, peut-être, la conséquence du souvenir de la bravoure déployée par un comte de Cherbourg, lors de la sanglante bataille d'Haslings.

En 1145, la petite-fille du conquérant, Mathilde, impératrice d'Allemagne et reine d'Angleterre, revenait en Normandie, quand un violent orage fondit sur la Hotte royale. Les pilotes, eux-mêmes, tremlilaient et n'espéraient pas pouvoir conjurer le danger.

Domptant sa terreur, la reine s'écrie:

« Vierge Marie, sauve-nous ! dit-elle, je ferai construire une chapelle en ton honneur, et, dès que nous apercevrons la terre, je chanterai l'un de tes plus beaux cantiques. »

1. Sauf li's nrroiuiissomt'uls d'Avranclics et de Morlaiu, le département, au temps des derniers empereurs, était connu, en l'honneur de l'empereur Constance Chlore, fondateur de Coutancos, sous le nom de Pagiis Constantiiieiisis, d'où, par contraction, l'appellation de Cutentin.

424 i.l-: LITTORAL DL LA KUANCh:

Soudain, les llols s'apaisent, le vent, si violent, se change en une brise favorable, qui pousse vers le rivage les navires désemparés.

Émerveillés, les pilotes s'écrient bientôt :

Ohanle ! Royno, voici la terre I

Et la voix suave de Mathilde, dominant les voix des personnes de sa suite, module le cantique promis.

La flotte aborda à Cherbourg. L'anse où elle toucha fait partie du port et a gardé le nom de : Chanlereijnc. Sans retard, la souveraine fit commencer la construction promise, qu'elle appela Notre-Dame-du-Vœu . Non contente de cette première libéralité, Malthide y ajouta une abbaye, dont

Plan du vieux Cherbourg.

les btîtiments, qui subsistent encore, ont été transformés en hôpital maritime.

La bienveillance de Guillaume et de sa petite-fdle ne devait pas rencontrer beaucoup d'imitateurs. Les guerres continuelles éclatant, pendant une si longue période de siècles, entre l'Angleterre et la France, ruinèrent plusieurs fois Cherbourg et l'empêchèrent, ainsi, de prendre aucune importance.

Devenue possession du roi de Navarre, Charles le Mauvais, puis rendue à Charles V, roi de France, la ville retomba, par trahison, après la cruelle défaite d'Azincourt, aux mains anglaises, sous le joug desquelles il lui fallut rester jusqu'en 1450, époque oîi Charles VII la délivra.

m; hl NhKItnl K AI Mi»M SMM-MICIIKI. ^^

lue élrango laulc, cuimiiise par Louis XIV, devait lelaider pour longtemps encore le développement de la cité. Malgré les conseils de Vaubaii, (pii l'iail parvenu à faire commencer des fortiflcalions protectrices et avait tracé un plan de port militaire, Cherbourg, non seulement fut abatidonné, mais on poussa l'aveuglement jusqu'à détruire les nouveaux travaux. Or comme, pour ces travaux, les vieilles nmrailles avaient dû tomber, port et ville se trouvèrent sans défense efficace!...

Le général anglais Bligli profita de celte incurie. Il vint, en 1758,

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