Synonyme de : desccnan
OR niNKEUQUE AU MONT SAINT-MICHEL ii5
On ne trouverait plus, croyons-nous, de capitaine marchand disposé à donner une semblable marque de soumission absolue.
Combien de fois la f|ucstion du Salut n'engcndra-t-clle point de querelles!
L'cxccllenl dictionnaire de marine Donnefoux et Paris donne, à ce sujet, de curieux renseignements.
« Autrefois, lisons-nous, et jusqu'au dix-huitième siècle, le Salut, à bord, consistait, non seulement, comme aujourd'hui, en un certain nombre de coups de canon, mais aussi dans l'obligation d'amener, dans certains cas, ou de ferler' son pavillon, d'amener les voiles hautes et de prendre le dessous du vent'.
« Ces obligations dénotaient, alors, une grande soumission; elles étaient imposées aux plus faibles sans admettre de réciprocité, et quelques nations voulant l'exiger des bâtiments de guerre d'autres nations, il en résulta plus (rime fois, des refus, rixes, batailles.
« C'est ainsi qu'en 1688 les amiraux français et espagnol Tourville et Papacliin se livrèrent un rude combat, par la seule raison que Papachin avait refusé le Salut exigé.
« Aujourd'hui, le Salut n'est plus un signe de domination ou de soumission, mais, simplement, un échange de courtoisie et de bons procédés qui, toutefois, présente tant de cas d'application, qu'il demande du tact, du discernement et, souvent, un sentiment élevé des convenances.
« Entre étrangers, c'est le pavillon ou l'État, représenté par le pavillon, que l'on Salue. Celui qui arrive, Salue le premier d'un certain nombre de coups de canon, et, quelle que soit la force relative du bàlimont ou du lurt qui Salue, il doit y être réjiondu par un nombre égal.
« Entre nationaux, c'est, ordinairement, le grade des commandants des bâtiments ou la dignité des personnes qui s'y trouvent, que l'on Salue, et l'inférieur, qui arrive, doit, s'il y a lieu, Saluer le premier. Le nombre Je coups de canon qu'il (ire, alors, et celui qui est rendu, sont réglés par une disposition ministérielle. »
Nous comprenons, maintenant, l'importance de cette manœuvre, en apparence si sim|)le et presque insignifiante.
1. Synonyme de : relever, plier le lonp d'un mal, d'un cordage.
2. So ineUre sous la ligne de vent d'un autre bâtiment et, par conséquent, sous sa dopendancu.
Un second dessin nous montre un vaisseau placé en panne.
Son attitude peut correspondre à plus d'un incident. Tout d'abord, si le vent poussait vers un point où l'on ne voudrait pas jeter l'ancre. Un homme tombe à la mer; si le navire conservait son allure, il n'y aurait nulle espérance de sauver le naufragé; mais en neutralisant autant que possible l'effet de la voilure, on gagne du temps et les canots, mis à flot, opèrent le sauvetage.
On met en panne de plusieurs façons différentes; mais toutes arrivent à ce résultat de disposer les voiles en un sens gênant pour les mouvements de la quille et opposé, par conséquent, autant que possible, à la marche en avant ou en arrière. Le gouvernail aide à la manœuvre.
Nous ne pouvons entrer dans des développements qui réclameraient rem})loi de termes techniques nombreux. Toutefois remarquons, en nous souvenant de l'étude faite, au Havre, sur les bâtiments de commerce, que les \oiles de hune, le petit foc et la brigantine jouent le rôle principal dans la manœuvre de mettre en panne.
Les frégates modernes portent de 40 à 60 canons; leur rang est gradué de dix en dix pièces d'artillerie, celles de 40 appartiennent au troisième rang, et ainsi de suite. Toutes n'ont qu'une batterie couverte : c'est ce qui les distingue des vaisseaux.
Elles en diffèrent encore, d'ailleurs, par leur aspect plus élancé, plus léger, par la rapidité de leurs allures. Rien de plus gracieux qu'une frégate sous voiles....
Les flots semblent s'ouvrir sans effort sous sa carène et le vent paraît lui obéir....
En temps de guerre, ce sont les meilleurs bâtiments de croisière.
La frégate représentée par le dessin marche à l'allure du plus près, ce qui signifie qu'elle veut promptement gagner ou avancer dans la direction d'où souffle le vent.
Elle Salue à la voix, c'est-à-dire que l'on répète, à son bord, le cri indiqué par le commandant, d'après les règlements. Nous venons de voir les différents cas exigeant le Salut.
Lorsqu'il s'agit de Saluer à la voix, les hommes de l'équipage vont se poster du côté où passe, soit le bâtiment, soit le personnage auquel il faut faire honneur.
DK [lUNKKRQLF. AU MONT SAIN T- MITIIRL UT
Puis, tous les matelots étant moritrs dans les liaubaiis' cl sur les vergues', proléretit, à leur tour, le cri ordonné.
Les grandes solennités maritimes rassemblent souvent lo< différents genres de Salut simullanéniont exécutés.
Pavoises et brillants sous leurs fraiclies peintures, les vaisseaux font feu de leur robuste artillerie, pendant qu'en tenue de parade l'équipai^'e lance aux échos ses fonuidables bourras.
CjrJes cùlo^ cuiijsscs.
Hicn, à notre a\is, ne surpasse ces solennités: la mer encadrant le tableau d'une poésie pénétrante et l'ensemble d'une Hotte ayant des aspects mobiles du plus piquant imprévu.
La corvette prend rang après la frégate. Pontée bas, élancée et possédant une excellente voilure, elle est un admirable éclaireur; mais, de nos jours, ou lui (iouiie de beaucoup |p1us grandes dimensions qu'elle n'en avait, même vers la lin du dix-liuitième siècle.
1. Ilauhaits, conlagos iiiiportaiils servant à soutonir et à .issujotlir les mais.
2. Vagues, pièces de bois croisant sur les inàts et supportant les voiles.
Ainsi, nos corvettes de premier rang portent 50 canons et ont une batterie couverte; elles correspondent aux frégates de guerre du temps de Louis XVI.
Les corvettes de second rang portent de 20 à 24 canons, établis en c batterie barbette, » comme nous l'avons vu précédemment.
Vaisseaux, frégates et corvettes sont pourvus de trois mâts. Dans ce nombre de mâts, le beaupré ne compte jamais'.
Vient ensuite, toujours par rang de force, le brick ou brùj de guerre, sensiblement plus petit et n'ayant que deux mâts.
La marine militaire classe les bricks selon l'importance de leur artillerie. Il y a des bricks-avisos qui, dans une escadre, jouent le rôle d'un véritable bateau-poste; d'autres sont employés au service côtier.
Parmi les bâtiments destinés à protéger nos rivages, il faut encore citer les gardes-côtes cuirassés. Ce nom indique suffisamment le but que l'on a voulu atteindre; trop longtemps les navires gardes-côtes ayant été laissés dans un état d'impuissance absolue, quant aux services que l'on réclamait d'eux.
Enfin, les canonnières font partie de toute cette catégorie d'engins guerriers nouveaux : monitors, batteries flottantes.... car leurs proportions et leur armement sont bien faits pour bouleverser les vieilles classifications.