DE UL.NKLUIJL'E AU MU.NT SAI.M -MICHEL
Depuis longtemps, au reste, nos ennemis savaient qu'il leur fallait com|)t('r non seulement avec la situation de la place, mais encore avec le patriolisuie de ses liabilanls. Les corsaires dunker(}uois étaient, à juste litre, redoutés et se montraient dignes des souvenirs laissés par Jean Bart. Dans la seule année 1750, ils capturèrent six cent viiujt et un navires.
De nos jours, Duiikerque est, surtout, un port de commerce, quoique l'État ne néjj'lige pas d'y entretenir les établissements nécessaires à sa marine.
DuNKEiiQLE. — La lour de Lougbouaer.
La ville se présente agréablement, car le périmètre des fortifications ayant été agrandi, on a pu transformei les vieux quartiers, où, jusque vers 1850, les rues étroites, mal bùlies, encombrées de caves, seuiblaienl interdire le passage môme aux piétons; la santé publique y a gagné et l'on ne se hâte plus de courir aux quais pour cliercher un peu d'air rcspirable.
En dehors du port et de ce qui s'y rattache, trois monuments attirent le voyageur : ils résument, pour ainsi dire, l'histoire de Dunkcrque.
Le nom seul de l'église Saint-Éloi rappelle l'origine de la ville créée
autour du petit oratoire bâti par le saint populaire, qui fut un grand ministre du royaume de France.
Le phare et les signaux de marée.
Jlsrée raontanle.
Marée defceiidaiile.
Mais, pour livrer passage à une rue, sans doute très utile, on a sépare l'église de sa tour ! Devenu le Beffroi, le vieux clocher, haut de 90 mètres, porte, à son sommet, des signaux pour les navires en danger; aujourd'hui.
DE DLNKF.ROLK AU MO.NT SAINT-MICIIKI.
on s'en sert peu, le sémaphore, c'est-à-dire le télégraphe manlime, est installé ailleurs. Le Beffroi contient le carillon.
A ce simple mot, la physionomie des Dunkerquois s'épanouit. Elle leur est si douce, la voix de ces cloches habituées à s'harmoniser avec les souhaits, mêlés de larmes, faits au départ..., avec les cris joyeux saluant le retour....
Combien de fois, loin du pays, le matelot cro)l-il entendre le gai carillon ! Combien de fois, impatiemment, alors que le rivage est signalé, cherchc-t-il à percevoir le doux écho de la ville natale !
Ne lui dites pas que c'est folie, que le musicien inconscient ne saurait s'associer à ses travaux.
« l'olie! soil, répondrait-il; mais elle aide à supporter bien des misères, à consoler bien des regrets.
D'ailleurs, peut-il y avoir folie à conserver vivace la pensée de la Patrie 1 b
L'église Saint-Éloi possède les tombeaux de Jean Rart, de sa femme et de son lils, le vice-amiral François-Cornil Bart; après nous être inclinés devant eux, allons saluer la statue du plus illustre des enfants de Dunkerque.