LA DAIE D'AUDIERNE. — PENMARC'H
La baie dite d'Aiidierne se développe de la pointe du Raz jusqu'à la pointe de Penmarc'h, sur une longueur d'environ quarante kilomètres. Elle a pris le nom du centre habité le plus important de ses rivages.
Très peu enfoncée, sans caps protecteurs à son entrée, et, par conséquent, largement ouverte aux vents d'ouest et du sud-ouest, ses falaises granitiques se prolongent de toute part en écueils redoutables. Les marins savent de combien de naufrages a été témoin cette côte inhospitalière, pendant longtemps habitée par des pilleurs d'épaves.
En hiver, peu de semaines se passent sans que la cloche d'alarme des navires en détresse, les signaux des sémaphores ou les grèves, ne fassent connaître des sinistres.
Mais, pour l'artiste, pour le voyageur, le pays continue à être admirable.
Tout de suite après Plogoff, on trouve Pkimelin, dont les habitants ont gardé le souvenir de l'échouage de quarante énormes cachalots jetés sur leurs récifs, pendant une tempête (1784). Ils montrent avec respect une sorte de dolmen de plus de deux mètres de long, recouvrant une autre pierre creusée et enfoncée en terre; sous celle-ci jaillit une fontaine. Encadré dans un site pittoresque, ce petit monument druidique arrête longtemps le regard.
Le sol est accidenté; vers le nord-ouest, il tend à s'élever; vers le sud, la côte s'affaisse. Audierne en est Vunique refuge possible. Aussi, l'amélioration de son port s'impose-t-elle avec force.
Très sûr, mais insuffisant, il appelle la sollicitude constante de l'administration maritime, car s'il offrait les facilités nécessaires aux navires d'un certain tonnage, on le verrait devenir très fréquenté, comme lieu de relâche.