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LA CATHÉDRALE DE QUIMPER

DU MONT SAINT-MICHEL A LORIENT r;7,-,

encombrant si piltoresquement les rives du Steïr, sont encore debout.

Ouimper a élevé une statue à l'un des plus illustres parmi ses entants : Laknnec, qui découvrit le procédé médical de l'auscultation et fit l'aire un grand pas au diagnostic des maladies du cœur et du poumon. Fréron. qui ne voulut pas s'incliner platement devant Voltaire et soutint, sans faiblir, le droit de critiquer les choses critiquables, était Quimpérois.

II ne faut pas oublier le chanoine Moreau, auteur de cette si curieuse et tragique Histoire de la Ligue dans le diocèse de CornouailleSt ni le P. IIak- DoiiN, inventeur du bizarre paradoxe qui attribuait aux moines du moyen âge les ouvrages do Platon, d'Aristote, d'Homère. Ces noms merveilleux auraient été les simples pseudonymes de religieux trop modestes ! !

Si la ville n'a pas gardé beaucoup des choses du passé, elle n'en est pas moins curieuse à étudier, surtout aux époques des foires, toujours importantes et suivies, et aux époques des courses, fort appréciées.

L'animation devient grande

et les vieux costumes apparaissent au milieu de la foule sympathique. On les accommode, il est vrai, un peu au goût du jour;

la soie et le satin remplacent le drap et le simple ruban de velours, mais la forme, la couleur sont encore respectées. Entre tous les Bretons, ceux de Cornouailles se sont toujours distingués par la richesse et l'élégance de leurs vêlements.

11 n'est pas rare de voir une jeune mariée, grassement dotée, s'agenouiller devant l'autel, sous la parure imitée de la toilette de noces de l'aïeule.

Puis, la cérémonie religieuse terminée, si les époux appartiennent à la classe des artisans, on organise sous les Halles, désertes à cette heure, eu

Quimper. Statue de Laennec.

simplement sur une place, des danses auxquelles les spectateurs sont libres de se mêler; auxquelles, poliment, on vient leur demander de prendre part*. Le biniou s'y fait quelquefois entendre; le plus souvent, par malheur, le violon le remplace et altère le cachet primitif de la fête. Car, tout va s'effaçant, peu à peu, de ce qui était le souffle spécial à la contrée. Le niveau moderne, néanmoins, n'a pas modifié le souriant paysage dont Quimper s'environne. Les grands jardins préparent à la vue des belles promenades du Mont-Frugly et des Allées de Locmaria. Le climat, comme le sol» devient plus doux; on s'aperçoit que l'on touche à cette partie de la

Bretagne, souvent surnommée l'Arcadie, tant la grâce, l'harmonie, la beauté y deviennent les éléments naturels des gens et des choses.

Pour nous en convaincre, descendons l'Odet. Quoique le port soit situé à dix-sept kilomètres de l'Océan, la marée lui donne un sérieux mouvement, qui peut augmenter de beaucoup, si l'anse de Benodet reçoit les améliorations nécessaires.

Nous passons devant Locmaria, dont l'église fut fondée en 1050, par Alain Canhiart ou Cai- GiNAUD, comte de Cornouailles, en faveur de sa fille Hodierne, qui en devint la première abbesse ou prieure. Probablement en souvenir de cette origine, les prieures portaient une croix d'or et étaient investies de plusieurs droits ou honorifiques ou fructueux.

Lorsque les évêques de Quimper arrivaient pour la première fois dans leur diocèse, ils allaient coucher à Locmaria; mais, en retour, devaient y laisser leurs gants, leur bonnet, leur bourse.

L'église porte bien le cachet de l'époque de sa fondation, dans ses gros piliers carrés, ses arcades cintrées, ses fenêtres en entonnoir et le petit appareil de ses murailles; mais le porche, ainsi que le chœur, ont été rebâtis au quinzième et au dix-septième siècle.

On ne se lasse pas de la navigation sur le petit fleuve, qui traverse de fort belles communes et s'approfondit de plus en plus pour Unir par former

Ancien costume de Qiiiinpcr.

i. Nous en avons fait plus d'une fois l'expérience.

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le large estuaire connu sous le nom de Benodet. {Pen-Odet, tête de l'Odct.)

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les avantages de cette station maritime ont été signalés. Plusieurs mémoires furent, coup sur coup, adressés à l'amirauté, il V a un siècle: tous faisaient l'éloge du port qui, facilement, pouvait être créé dans l'anse. On énumérait la bonté du mouillage, la possibilité de faire remonter la rivière aux vaisseaux do Tépoquo (moindres en dimensions que les nôtres), sur une longueur de plus de huit kilomètres; et les défenses naturelles de la position, protégée, à l'ouest, par les roc/ics de Pemnarc' h ; au sud, par les iles Glenans; à l'est, par différentes pointes.

L'auteur de l'un des mémoires insistait par cette raison que le port de Brest

Paysan de Penhars, près Quiinper

pouvait être bloqué et, alors, Benodet l'eût ravitaillé en munitions de guerre. L'auteur, sans nul doute, aurait plus insisté encore si, de son temps, les lignes ferrées, établissant des moyens de transport commodes, avaient été même en simple projet!

A l'embouchure de l'Odet, et à l'extrémité du petit bras de mer qui porte le nom de rivière de Pont-l'Âbbé, on trouve ïîle Tndy, retraite du moine de ce nom ; elle est située en face de Loctudy, bourg né du monastère, fondé par son patron vers la fin du cinquième siècle.

L'église de Loctudy est l'un des plus anciens monuments de la Bretagne; il remonte en partie au sixième siècle. Les arcades en plein cintre et ses cha-

pelles, rondes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, ne laissent aucun doute sur son antiquité. De loin, on croirait voir des tourelles ajoutées les unes aux autres. Il

Pendant environ deux siècles (1127-1.508), l'ordre du Temple posséda cette abbaye, ou plutôt les biens qui en dépendaient, car les Normands l'avaient détruite. Deux figures : Tune de chevalier, l'autre de frère servant, et la croix pattée du Temple, sont sculptées sur des chapiteaux.

Le bourg et surtout l'Ile Tudy sont peuplés de marins excellents, de pêcheurs énergiques, connaissant à fond les moindres dangers de la côte et sachant braver les roches de Penmarc'h, leurs redoutables voisines au sudouest.

Le poisson, les crevettes, les huîtres, les moules, les homards estimés de leurs rivages les trouvent toujours prêts au travail; trop empressés peut-être! puisque les espèces vont s'appauvrissant.... Mais il faut vivre, et des pêcheurs ne sauraient s'astreindre à aucun autre travail que celui de la mer.

Pont-l'Abbé dépendait autrefois de l'abbaye de Saint-Tudy, ce qui explique son nom : le pont jeté sur sa petite rivière appartenant à l'abbé.

Lorsque le monastère fut détruit, la future ville était partagée entre les communes de Loctudy et de Plobannalec; elle-même ne prit existence indépendante qu'en 1790. époque du remaniement des circonscriptions territoriales de France.

Pont-l'Abbé comptait au nombre des onze baronnies les plus importantes de Bretagne, et ses seigneurs jouissaient de droits féodaux assez lourds, produisant un gros revenu.

Les troubles, dont divers impôts établis après la réunion de la Bretagne à la France, devinrent le sujet, pesèrent beaucoup sur cette contrée. Une révolte générale des paysans de la Cornouailles fut écrasée à la Boixière, non loin de Pont-l'Abbé. Les malheureux, massacrés, tombèrent si nombreux que le lieu de leur défaite reçut l'appellation de Prad-ar-mil-gof, pré de mille ventres. Le chanoine Moreau a donné le récit de cette révolte de la « paysantaille », comme il l'appelle avec ressentiment, car l'insurrection avait fait beaucoup de tort à Quimper, sa ville natale.

Une complainte populaire : Les jeunes hommes du Ploiiyé, recueillie par M. de la Yillemarqué, a pris pour sujet le cruel événement.

La Ligue fut encore une époque de calamités. Depuis longtemps, par bonheur, la petite ville respire en paix. Elle a gardé, plus que beaucoup d'autres, les ino3urs du passé, et la majorité de ses habitants, comme les cultivateurs

des campagnes voisines, sont restés fidèles au cosliime des ancêtres.

Les Bigoudenn de Pont-l'Abbé, dit-on familièrement, en parlant des femmes, faisant ainsi allusion à leur bizarre petit bonnet.

Les restes du vieux château, situé vis-à-vis de la rivière, ont conservé un certain air de noblesse, bien que la plus notable portion de l'enceinte ait été détruite.

L'église paroissiale, ancienne chapelle gothique des Carmes, offre quelques détails remarquables. Elle possède encore son cloître, fort beau et soigneusement conservé.

Dans la rue Kéréon, c'est-à-dire des cordonniers, existe toujours un puits curieux, que l'on suppose avoir été aménagé au quatorzième siècle.

L'établissement de la ligne stratégique ferrée, entre Pont-l'Abbé et Quimper, va donner une impulsion nouvelle à la petite ville. Car son port, établi à l'embouchure d'un gros ruisseau, élargi et approfondi par la marée, est la route naturelle d'une grande partie du commerce du cap de Cornouailles. Déjà assez fréquenté, il ne peut manquer de l'être davantage. L'intéressante population y gagnera un surcroît d'aisance bien mérité par son travail.

Chasse-marée.

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