CHAPITRE XV
DE PAIMPOL A PORTRIEIX. ~ L'ILE DE DREIIAT. — LEZARDRIEUX. — LANLEFF.
Paimpol (en breton Pen-Poul, tête d'étang), est formé de deux ports creuses par le bras de mer qui s'étend de la pointe, située en face Pile Saint- Riou, au cap regardant l'île de Bréhat. Fort avantageuse, la situation de Paimpol lui a toujours assuré un bon mouvement commercial et maritime. La ville n'est pas très vaste; mais beaucoup de ses habitations prouvent, par leur aspect élégant, qu'elles furent bâties par des propriétaires fort aisés.
C'est surtout aux époques du départ et de l'arrivée des pêcheurs de morue que le bassin devient animé.
11 n'y a guère moins de deux mille Paimpolais occupés, tant à Terre- Neuve qu'en Islande. Celte dernière île et les Kéroë commencent à être les plus fréquentées'.
Les statistiques donnent fréquemment à Paimpol, sous le rapport de la pêche morutière, la prépondérance sur Saint-Brieuc.
Par sa position, la ville est un point de relâche avantageux; elle pourrait devenir importante et le lit bien voir pendant le blocus continental, où elle reçut un si grand nombre de prises.
De son histoire, Paimpol se souvient, avec une rancune bien justifiée, qu'elle avait été remise comme place de sûreté aux mains des Anglais (1591), appelés par Henri IV pour contre-balancer l'influence espagnole.
Toujours clairvoyants quand il s'agit de leur intérêt, et toujours disposés à étendre leur prépondérance, ces dignes alliés songèrent à se faire, de la petite cité bretonne, un point d'appui sur le continent. Dans le même but, ils désiraient aussi qu'on leur remît Brest,