‹ Le littoral de la FranceChapitre 33 sur 120 · Équivalent de maintenir · texte numérisé non relu

Équivalent de maintenir

quart du volunie de la cale. Il est compris entre de fortes cloisons étanches*; le bord faisant face à la mer est, dans son intérieur, criblé de trous, en sorte que l'eau peut s'y renouveler sans cesse.

Un puits, ouvrant sur le pont par un panneau, sert à introduire et à retirer les homards.

Un bateau ordinaire peut en prendre dix-huit cents par voyage. Sur ce nombre, il en perd de quatre-vingts à cent. Presque constamment, la mortalité sévit sur les prisonniers, à partir du douzième au quinzième jour. La vitesse, répétons-nous, est donc une condition de succès.

Les homardiers sont tous d'excellents marcheurs. Beaucoup, attachés au port de Paimpol, se rendent jusqu'à l'île de Sein, en touchant à tous les endroits où des correspondants se chargent de rassembler le produit des pêches. Comme, en général, un prix est fait pour l'année entière, il n'y a jamais de temps perdu.

Les homardiers ne pèchent pas eux-mêmes; ils se contentent de venir prendre les crustacés dans des lieux où, sans leur concours, nul ne les rechercherait, à moins de subir de grands frais de transport. C'est à la fois un avantage et un inconvénient; un avantage, parce que de pauvres familles trouvent, de la sorte, une rémunération assurée du labeur de ses travailleurs; un inconvénient, parce que, peu à peu, on épuise les meilleurs fonds. Déjà, des stations autrefois renommées ne produisent rien ou presque rien.

Tout va se concentrer à Paris. Mais, du reste, si aux lieux de production on ne peut maintenant qu'avec de grandes difficultés se procurer un homard ou une langouste, le consommateur parisien ne s'aperçoit guère plus de celte pénurie qu'il ne profite d'un abaissement de prix....

L'équipage d'un cotre homardier ne se compose que d'hommes rompus à tous les dangers de la navigation, pouvant fournir les meilleurs des pilotes; car, pour aller de Paimpol à l'Ile de Sein, à la voile, et revenir en quinze jours, il ne faut pas craindre d'entrer et de sortir des ports par tous les temps, par la nuit ou par la brume, et, en coupant au plus court, par des passages extrêmement dangereux.

Auprès de ces beaux bâtiments, il convient de placer les bateaux qui les approvisionnent, tels ceux de Ploumanac'ii.

Us comportent deux voiles, sont un peu allongés et possèdent quatre avirons terminés en pointe, qui procurent une marche rapide. Excellentes embarcations, elles pèchent le homard aux Sept-Iles et au plateau des Triagoz.

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