‹ Le littoral de la FranceChapitre 42 sur 120 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Il faut entrer à Moilaix par le viaduc jeté sur la vallée étroite où la ville se presse autour d'un joli port de marée.

Au sud de la merveilleuse voie de pierre, les collines s'écartent légèrement, une petite place se développe ; mais, tout aussitôt, un réseau de rues l'enveloppe. Gênées par le manque d'espace, les maisons, bravement, ont assiégé le flanc des monticules granitiques. Elles les enlacent, de plus en plus obstinées à la lutte, et beaucoup parviennent à en couronner le sommet.

Beaucoup, aussi, ont voulu se donner le luxe d'un jardin*. Les terrasses plantées succèdent aux toits recouverts d'ardoises, aux cheminées noires de la fumée de plusieurs siècles.

Semblables à une ligne d'azur, les eaux réunies des deux rivières coulent bruyantes, bordées, tout au loin, de peupliers élancés; plus près, de laveuses toujours affairées.

Écrasé par la masse monumentale du viaduc qui l'avoisine, le clocher de l'église principale prend un aspect insignifiant, et les habitants, circulant sur la place, paraissent appartenir au royaume de Lilliput.

Vers le Nord, la verdure des collines domine, en maîtresse absolue, les quais toujours animés par le chargement ou l'arrivée des navires.

Une seule ombre au pittoresque tableau : les sinuosités de la gracieuse rivière. Sept kilomètres la séparent encore de la mer et, sur son parcours, elle se replie avec complaisance autour de ses bords si verts, si frais, si accidentés. La promenade y est délicieuse; mais quel dommage de ne

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