On .ippclle ces jardins : Combats
pouvoir, d'un regard, embrasser la rade défendue par le vieux château fort du Taureau!
Le tableau, alors, serait peut-être sans rival.
Tel que se présente iMorlaix, on se trouve assez favorablement impressionné pour désirer ne rien négliger de son originalité, où le « vieux temps » a marqué une si profonde empreinte.
La date de la fondation de la ville a donné lieu à des digressions très savantes, mais incertaines. Faut-il voir dans son nom une traduction des mots latins : Mons Relaxus, mont élevé; ou le sens des mots celtiques : Mortreleg, mer resserrée; étymologie probable, la mer remontant jusqu'à Morlaix entre deux lignes continues de collines, et la ville, avec son poit, occupant l'un des points les plus étroits du parcours.
Montroidès, disent les Bretons; plusieurs soutiennent que ce nom signifie : lieu où s'arrête la mer. Un archevêque de Cantorbéry, Conrad, voulait imposer à la ville le nom de Julia et reportait l'honneur de son cvangélisation à Drennalus, disciple de Joseph d'Arimathie!
Toutes ces preuves ne signifient plus grand'chose. Conquérants de l'Armorique, comme du reste de la Gaule, les Romains occupèrent Morlaix, cela est incontestable. Les médailles trouvées dans les substructions du château sont le meilleur des témoignages. Mais une longue période d'obscurité suivit, et c'est vers le milieu du sixième siècle que le nom de Morlaix apparaît, à l'occasion du mariage d'Éléonore, petite-lille de Hoël le Grand, roi de la Petite-Bretagne ^ La jeune princesse apporta au vicomte de Léon, son mari, « le château et la ville de Morlaix, avec droit de bris^ en ses terres et celui de donner les brefs de sortie à ses vassaux ».
L'importance de la cité fut lente à se développer, puisqu'au onzième siècle une seule paroisse, celle de Saint-Matthieu, la formait, et, qu'après des démêlés sans fin avec les seigneurs de Léon, la couronne ducale, en la personne de Jean I", le Roux, finit par l'acquérir au prix de quatre-vingts livres de rente (1277)! L'argent, alors, avait une tout autre valeur que de nos jours; mais, quatre-vingls livres, même du temps, ne représentent pas une somme très considérable. Il faut donc admettre que le duc s'entendait merveilleusement à conclure un marché et que la prodigalité du vicomte de Léon égalait, si elle ne la surpassait, son insouciance.
Morlaix, fidèle à la cause de Jeanne de Penthièvre, comtesse de Blois,
1, L'Armorique, par opposition à la Grande-Bretagne (l'Angleterre), d'où avaient émigré les Créions.
2. C'est-à-dire que toutes les épaves rejelées par la mer devenaient sa propriété.
eut beaucoup à souffrir peuilant la cruelle guerre de Succession. Une petite période de calme suivit la conclusion de la paix. Aussitôt, les habitants, abandonnant la politique, s'occupèrent à établir un commerce suivi entre leur ville et le midi de l'Europe, principalement. Ils y gagnèrent de grandes richesses et un renom universel.
En 1500, la reine Anne lit construire, au bas du port morlaisien, un navire de guerre, qu'elle nomma la Cordelière, pour perpétuer le souvenir de l'Ordre institué par sa mère, Marguerite de Foix, duchesse de Bretagne.
Elle en donna le commandement à Hervé ou André de Portzmoguer*, qui périt avec son vaisseau dans la baie de Brest, au moment où il venait d'incendier le bâtiment la Régente, de la flotte anglaise, contre laquelle il combattait (1512 ou 1515).
De 150U à 15'2'2, les seuls événements dont la ville fut le théâtre se rapportent aux c joyeuses entrées » de la reine Anne (1505), et du roi François I" (1518).
La reine-duchesse eut le plaisir de se voir reçue dans sa « riche ville •, avec un éclat et des attentions extraordinaires. Alain Bouchard parle, tout émerveillé, de ces magnificences. « S'ils avoient bien faitz en aultres lieux, ceulx de ladicte ville de Morlaix, s'efforcèrent de faire encore mieulx : car ils ne sont point de foible couraige. Si vous eussiez veu les joyes, esbaltements et danses que ung chacun faisoit pour l'honneur de ladicte dame, c'estoit merveilles et sembloit estre ung petit paradis. »
Deux choses, surtout, ravirent la reine. La première fut un arbre de Jessé, élevé dans le cimetière du couvent des Jacobins. Tous les rois, ducs et comtes de Bretagne, depuis Conan Mériadec, y étaient représentés, et une belle jeune fille, montée au sommet de l'arbre, figurant la souveraine elle-même, prononça une harangue louangeuse, au moment où Anne arrivait.
Le second présent fut une hermine apprivoisée, portant un collier de pierreries. Anne, charmée de la grâce du petit animal, le ref^t dans ses bras; mais bientôt elle jeta un cri de frayeur. L'hermine venait de sauter sur sa poitrine. Le comte de Rolian, qui se tenait près de la princesse, la rassura :
« Que craignez-vous, madame, ce sont vos armes! » dit-il.
Cette délicate allusion au blason du duché fut des plus agréables à la jeune reine.
Les munificences de la communauté de ville ne s'arrêtèrent pas là.
1. De ce nom, la prononciation française a fait Pnmauguet, illustre dans notre marine.
Elle avait aussi fait fabriquer un petit navire en or, enrichi de pierreries, emblème de la cité, dont la fortune était attachée au commerce maritime.
Les fêtes se renouvelèrent pour le roi François P% et Morlaix se remit ensuite avec ardeur au travail. Mais les Anglais ne voyaient pas sans peine croître la prospérité d'une cité, rivale heureuse de leurs ports. Ne pouvant espérer l'enlever par la force, ils eurent recours à la trahison. Un misérable, lieutenant du capitaine du château, écouta leurs propositions.
Dûment avertis, ils arrivèrent un jour où la noblesse était allée à une montre (revue), tenue à Guingamp, et où les principaux notables s'étaient rendus à la foire importante de Noyal-Pontivy, qui durait toute une semaine.
Les ennemis avaient pris soin de se déguiser, les uns en marchands, les autres en paysans.
Ils comptaient pouvoir faire remonter leurs bâtiments jusqu'à l'entrée de la ville; mais des cultivateurs, qui venaient de les reconnaître, se hâtèrent de jeter dans la rivière un certain nombre d'arbres, pourvus de leurs branches. Ce projet manqué, les gardiens des navires se hâtèrent de sauter sur le rivage pour aller retrouver leurs camarades, déjà dispersés dans les faubourgs et dans le château de la ville. Le plus grand nomJDre, toutefois, attendait dans le bois de Stivel le moment favorable. Ce fut vers minuit qu'ils se répandirent en masse par les rues, enfonçant les portes des habitations, mettant tout au pillage. Éperdus, les citadins, sans défense, fuyaient. Deux personnes, néanmoins, gardèrent leur sang-froid : le chapelain de Notre-Dame des Murs, qui leva les ponts de la porte Notre-Dame, et une chambrière de la Grande-Rue.
Le brave chapelain monta dans la tour de la porte, puis fit le « coup d'arquebuse, versant en poudre les plus eschauffez ». Mais, étant seul, il succomba.
La servante, elle, se souvint que les caves de la maison de ses maîtres communiquaient par une vanne avec la livière. Promptement, elle fit glisser cette vanne, souleva la trappe située dans l'allée sombre, et laissa entrebâillée la porte d'entrée.
Les Anglais, accourus^, tombèrent les uns après les autres, au nombre de quatre-vingts, dans ce précipice de nouveau genre et s'y noyèrent. Mais la pauvre courageuse fille, poursuivie à son tour, fut frappée et jetée de « la fenêtre du grenier sur le pavé ».
Le pillage achevé avec la nuit, la moitié des ennemis se retira, emportant une partie du butin, ainsi que les provisions, et gagna prudemment ses navires.
Dr MONT SAINT-MICIIEL A LORIENT 307
L'autre moitié (sept cents environ) resta dans les caves des maisons du quai de Tréguier, fort occupée à boire. Aussi, la plupart de ces hommes purent-ils à peine gagner le bois de Slivel, où l'ivresse devenant la plus lorte, tous s'endormiront. Ils ne devaient pas quitter la place.
Le seigneur de Laval, averti par quelques fuyards, accourait en toute diligence de r.uinganip.... Il tombe avec ses soldats sur les pillards « espris de vin, » les assomme et reprend tout ce qu'ils se disposaient à emporter. Une fontaine voisine eut, dit Albert de Morlaix, « ses eaux rougies de leur sang ce jour ».
Elle a gardé depuis le nom de fontaine des Anglais {Feunteun ar Saozon),
Arrivée d'un bateau de passage; dessin uiéJit d Ozaiinc.
En mémoire de l'événement et de la victoire finale, la communauté de ville compléta ses armoiries. Jusqu'alors, elle avait eu pour blason symbolique « d'azur, au navire équipé d'or, aux voiles éployées d'hermine* »; elle y ajouta pour « support » un lion, emblème de force et de courage, et un léopard à deux têtes, figurant l'Angleterre, avec la devise : « S'ils te mordent, mords-les » allusion, tout à fait dans le goût de l'époque, au nom de la ville et à la revanche prise.
Malheureusement, un jeu de mots, pas plus qu'un support de blason,
bleu.
1. Un navire au gréement doré, avec des voiles mouchetées d'iiermines bretonnes, sur un fond
ne remettait en bon état le négoce de la pauvre ville. Plus de vingt années durant, la désolation y régna. Enfin, les habitants reprirent courage, lorsque François I" leur permit (1542) de faire construire un fort à l'entrée de la rivière', sur un rocher nommé le Taureau. En 1544, le 5 janvier, cette construction étant terminée, Jean de Kermelec, seigneur de Kercoat, reçut le titre de gouverneur. Il prêta serment à la communauté de ville, entre les mains de Paul Pinard, sieur Duval, lieutenant de Morlaix, et l'épée lui fut donnée en grande cérémonie par Jacques Pencernou et Jean Rigolé, procureurs syndics et miseurs de Morlaix, qui lui confièrent les clés du nouveau fort.
Le gouverneur devait recevoir « 200 livres monnaie de gages, par année, et les soldats 60 livres ».
Dom Morice a donné le texte de la commission. Jean de Kermelec y est dénommé « manant de Morlaix », autrement dit, homme à gages de la ville.
Ce fut le commencement du renouveau de la grande prospérité commerciale de Morlaix.
Le château, toujours armé avec soin, n'a pas fait grand bruit dans l'histoire, mais, par sa situation, il devenait une défense tellement efficace que les pillards de toute nation renoncèrent à en entreprendre le siège.
Peu à peu, les négociants, abandonnant la ville fortifiée, où leurs magasins ne pouvaient s'étendre à l'aise, vinrent bâtir sur les quais futurs ces curieuses maisons, ornées de porches et appelées Lances, dont quelquesunes à peine ont survécu aux embellissements modernes.
Les étrangers, de leur côté, affluaient à Morlaix, qui ne se louait pas trop d'eux, semble-t-il, car une requête de 1545 porte cette menace : « Les négociants abandonneront la cité non encore réédifiée, et se^^etireront aux champs, près d'icelle, détruisant leurs maisons, si on ne les protège. »
C'était déjà la grande guerre des protectionnistes et des libre-échangistes qui commençait. Toutefois, une partie des plaintes était fondée, car on signale que les Anglais, principalement, payaient leurs achats en monnaie de mauvais aloi et emportaient le « bon argent » du pays. Rusés et trompeurs, on ne les aimait pas.
Un arrêt, au milieu de ces préoccupations, vint donner quelque animation à la cité.
Marie Stuart, encore enfant, arrivait d'Ecosse pour être élevée à la cour de Henri II, en attendant son mariage avec le dauphin François IL
1. A celte époque, on nommait la rivière : « de Milloan et Arîo », aujourd'hui on appelle les deux cours d'eau qui la forment : Jarlot et Quelfleut.
Une tempête lit dévier le vaisseau de sa route; la jeune princesse aborda à Roscoff et, de cette ville, partit pour Morlaix, où elle fut reçue avec enthousiasme. Les fêtes, toutefois, Hiillirent être troublées par un incident imprévu. La jeune reine d'Ecosse avait été logée au couvent des Dominicains. En y retournant, après avoir assisté au Te Deum chanté en son honneur, le pont de la prison, sur lequel il lui fallait passer, se rompit, tellement il était chargé de monde. Presque toute la suite de la princesse tomba dans la rivière, mais» par bonheur, les eaux étaient basses.
« Trahison! » s'écrièrent les Écossais, qui crurent à un piège; une mêlée allait commencer, lorsque le sire de Rohan, « passé sans mal, » se retourna avec vivacité :
(( Jamais Breton ne fit trahison! » s'écria-t-il de toutes ses forces. Nobles paroles que la nation bretonne, prise dans son ensemble, n'a démenties et ne démentira jamais....
Quatre ans plus tard, une forte alerte émut les Morlaisiens. Trois cents voiles, disait-on, croisaient au large, prêtes à fondre sur le château du Taureau. Vite, on renforça la garnison « d'un lieutenant, d'un enseigne, d'un portier consigne et.... (à l'exemple de Saint-Malo) de trois vigoureux dogues ». Ces animaux étant lâchés, la nuit, sur les récifs, une surprise devenait impossible.
En outre, un détachement de la milice, armé de hallebardes et de langues de bœuf^W fut organisé pour le cas d'alerte.
Les années suivantes, jusqu'à l'époque de la Ligue, furent consacrées à étendre le commerce et les privilèges municipaux de Morlaix.
En 1562, la ville obtint pouvoir de créer et élire un maire et des échevins. Le premier maire s'appela Auffray Coail.
En J366, une cour et une juridiction consulaire étaient établies.
En 1568, la capitainerie morlaisienne prenait rang de gouvernement.
Le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et prétendant avoué au titre de prince souverain de la province, confia la garde de Morlaix à Carné de Rosampoul, qui se montra digne du choix, en soutenant avec courage un assez long siège contre les troupes du maréchal royaliste d'Aumont.
La disette devint affreuse dans la ville; mais la femme du gouverneur, Renée de Calelan, soutenait le courage des assiégés avec un tel héroïsme * qu'elle plantoit le cœur au ventre du plus lâche ».
1. CeUe milice comptait, peut-être, beaucoup de maçons dans ses rangs. Du moins, le nom de langue de bœuf esl-ii appliqué à un outil, taillé en forme de cœur, usité pour divers travaux de maçonnerie.
11 fallut se rendre, néanmoins, et les habitants^ qui avaient jugé à sa ^'aleur Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, se montrèrent empressés de traiter avec le roi.
La capitulation fut signée le 25 août 1594, et Pierre de Boiséon reçut du duc d'Aumont, commandant les troupes royales, le titre de gouverneur de Morlaix, où, semble-t-il, on l'aima tout de suite.
Depuis lors, la ville rentra dans l'ombre, quant à la politique, mais travailla à étendre son commerce.
Par malheur, les plaies de la guerre guérissent lentement; la pauvre cité, épuisée, se débattait au milieu d'alternatives de luxe et de misère, cette dernière augmentée par des épidémies pestilentielles (1623-1626-1640).
Un dernier coup frappa Morlaix en plein cœur. Le mois de février 1660
Embarcations venant à terre; dessin inédit d'Uzanno.
commençait, quand le capitaine de la garde royale Beaucorps, et le lieutenant-exempt Delanoë, vinrent simplement annoncer à la municipalité que le château du Taureau appartenait désormais au Roi-Soleil.
Sans protection, accablée par tant de revers, Morlaix n'essaya pas de résister pour souvegarder le plus beau fleuron de son autorité. Il y avait cent vingt-huit ans que la forteresse, sa propriété, existait, et quatre-vingtseize gouverneurs avaient reçu leurs pouvoirs de la seule municipalité.... Mais à quoi eussent servi les protestations! Le Taureau devint prison d'État. Yauban le rendit plus fort et le classa au nombre des places frontières.
Cela n'empêche pas les Morlaisiens de se souvenir avec orgueil qu'ils eurent l'honneur unique de posséder longtemps une place de guerre et, non sans quelque raison, ils ajoutent:
« Si les Malouius avaient veillé sur leurs îles aussi vigoureusement que nous sur le Taureau, peut-être Jersey et Guernesey n'appartiendraient pas à TAngielerre. »
L'avènement du petit-lils de Louis XIV au trône d'Espagne vint, par bonheur, apporter un changement dans la situation de Morlaix, qui reprit une place brillante parmi les cités commerciales.
Les marchands envoyaient des toiles, des cuirs, des papiers en Espagne et en Portugal. Les plombs des mines de Huelgoat et de Poullaouen, le tabac, les fils blancs et teints, les beurres, prenaient la route de Rouen,
La rue des Nobles à Morlaix.
les suifs, les graisses, les miels étaient expédiés à Hambourg ou en Hollande.
Cette prospérité appela l'attention de la puissante Compagnie des Indes, qui vint, en 1727, acheter les Clos Marans pour y édifier un entrepôt. Opér:.tion doublement avantageuse, car la ville gagnait un surcroît d'importance, en même temps que disparaissait un affreux cloaque, repaire de la lie de la cité.
Ces succès finirent par mériter à Morlaix quelques faveurs royales. Louis XY et les États donnèrent soixante mille livres pour la reconstruction de l'hôpital, dont le cardinal Fleury voulut poser la première pierre (1734),
<i12 LE LITTOHAL DE LA FRANCE
En 1772, une innovation excellente rendit la ville très fière. Ses rues cl ses places reçurent des « étiquettes », ainsi que des réverbères, chose
urgente dans ces labyrinthes, généralement très escarpés.
Une autre innovation fut le fruit de la sagesse du duc de Fitz-James. Des dissentiments avaient éclaté entre les trois
ordres des États de Bretagne, tenus à Morlaix en 1772. La noblesse voulait écarter des fêtes, données à cette occasion , les filles et les femmes des bourgeois, qui se fâchèrent, car ils payaient des frais de réjouissances, assez lourds, si l'on s'en rapporte aux chroniques : « vin de ville, payé pour les seigneurs; et, pour leurs dames, dragées, confitures sèches, gants, bougies, dans de superbes corbeilles galantisées de rubans ».
La rancune dura six années. Enfin, des hommes « de sens » appartenant à tous les « ordres » se rapprochèrent et fondèrent dans les appartements de la duchesse de Fitz-James, une chambre liltéraire et politique, approuvée par Louis XVI (1779), qui lui accorda des lettres patentes spéciales.
Peu après, l'obscurité planait de nouveau sur Morlaix; mais, grâce à elle, une période de paix relative empêchait la ville de subir trop violemment le contre-coup des événements qui changeaient la face^ du pays tout entier.
Quoique privée de la meilleure branche de son commerce : les exportations de toiles destinées à l'Espagne, Morlaix conserve l'un des premiers rangs parmi les ports bretons.
Ses grains, ses farines, ses légumes, ses beurres, son bétail, ses chevaux, ses toiles, ses fils, ses chanvres, ses huiles, son poisson, le plomb, la lilharge des mines, entretiennent un grand mouvement de navigation,
l.a veuelle aux patis.
m; MONT SAINT-MICHEL A LORIENT 313
on nièiiie temps que ses Toiies et ses courses attirent nombre de marchands et d'étrangei^s.
Le pays léonnais a toujours été renommé pour l'clèvc du cheval, depuis longtemps très amélioré. Bon nombre d'animaux, vainqueurs aux rôles hippiques, et inscrits comme étant d'origine normande ou anglaise, sont nés dans les prairies du Finistère, où ils héritent, de la race locale, une rapidité, une sobriété, une résistance à la fatigue très précieuses.
La Foire haute, qui se tient du 15 au 25 octobre, est le grand marché annuel des chevaux. On y vend parfois plus de qui)ize cents de ces animaux. Les courses ont lieu au mois de juin. Elles préparent les transactions entre marchands et éleveurs.
La jolie ville de Morlaix a donc le droit d'être fière de son actif et incessant labeur. Elle l'accroît par tous les moyens en son pouvoir.
Ainsi, elle est deveime un centre important pour la mise en œuvre des tabacs. La manufacture n'occupe pas moins de onze cents ouvriers*.
La pêche côtière et les autres pêches y entretiennent un marché assez suivi. En même temps, elle recueille, comme en un vaste entrepôt, tous les produits agricoles de l'arrondissement et une bonne partie de ceux de l'arrondissement de Châteaulin : sa situation lui créant un très réel avantage, soit pour les expéditions territoriales, soit pour les exportations maritimes.
M.jrlaix n"a pas dégénéré.
Les anciens notables, reconnaîtraient bien ses négociants pour leurs fils.
Autre Yuo de la rue des Nobles.