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Ce qu'on appelle des « jardins », à Roscoff, ne ressemble guère à l'idée éveillée par ce mot. Le moindre coin est utilisé en plantations d'asperges, d'artichauts, de choux-fleurs, d'oignons, de choux, de carottes, d'ail, d'échalottes : tous les végétaux potagers s'y rencontrent dans une précocité qui en favorise l'écoulement.
Paris est devenu le grand centre d'exportation de ces produits; depuis très longtemps, beaucoup d'habitants avaient des traités avec les grands restaurants. Leur commerce est allé en s'étendant toujours.
Le port de Roscoff est l'un des plus fréquentés de la région. D'un
Rochers dans l'oucsi de Uoscolf.
bon mouillage, sûr, abordable par tous les vents, il est destiné à croître encore en importance. Son plus grand inconvénient est d'assécher presque complètement à l'heure du reflux.
Les mois d'août et de septembre voient arriver des caboteurs pour charger des légumes. Comme lest, ils ont généralement du charbon. C'est l'époque d'une grande animation. 11 n'est pas rare que vingt à vingtcinq navires du port de 60 à 120 tonneaux soient chaque jour réunis.
La majorité du commerce maritime a lieu avec l'Angleterre, qui achète surtout des oignons. L'esprit d'association des Roscovites a rendu ces relations u-ès fructueuses. Trois hommes du pays, presque toujours
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des jeunes gens, sont choisis pour ivie.ui;', dans les porls anglais dé.signés, toiiles les cargaisons, qu'ils vendent au mieux : les bénélices sont ensuite distribués à proportion de ce que chaque cultivateur expédie.
Il en est eu'ore ainsi pour la vcnle à Paris, où des consignataires roscoviles surveillent l'écoulement des marchandises.
La campagne, peu accidentée, est très sablonneuse; les champs, entiè-
rement divisés, sont entourés de muret les en pierres sèches, très solides. [^n certain espace de terrain se trouve dès lors perdu; mais, compensation immense, le vent du large ne peut ravager les plantations, ce qui arriverait inlailliblement sans l'obstacle opposé. Les enclos n'ont guère plus de "10 à 25 mètres de côté, tous entretenus avec un soin minutieux; de nombreux travailleurs y sont con-
slamment occupés.
Il en résulte que les Roscovites sont, avant tout, maraîchers ; la navigation, pour eux, vient en seconde ligne, ce qui ne veut pas dire, bien au contraire, qu'ils soient mauvais marins. Leurs bàti-
Église de Roscoff, dite Notre-Dame de Croaz Batz
ments, sans type caractérisé, vont chercher des bois en Norvège; une
trentaine de barques sont employées à la pêche côtière, assez fructueuse.
Le port est une anse d'un demi-mille' d'ouverture, abrité par une
jetée de trois cents mètres environ, légèrement concave à l'intérieur. Quand