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Dol, table; men, pierre

PU MONT SAINT-MICIIEL A LORIKNT 379

épaisseur de la niasse entière, distribuant le poids de telle façon qu'une sorte d'adhérence, à peu près indestructible, en est le résultat.

Deux ou trois manoirs, situés en Kerlouan, portent des traces de fortifications : cela s'explique, le pays des bonnets bleus ne devant pas être des plus surs à une époque encore peu reculée.

Un des souvenirs persistants de notre enfance nous rappelle l'impression d'épouvante ressentie devant trois hommes et deux femmes, accusés d'avoir dépouillé des naufragés. Le ministère public entrait dans des détails horribles, écoutés avec une indifférence farouche, pour ne pas dire triomphante, par ces gens dont le regard disait clairement la volonté de recommencer à la première occasion favorable.

Nos vacances, passées à Brest, près de notre aïeule paternelle, furent gâtées cette année-là.

Évidemment, pourtant, les dernières traces des mœurs du passé tendent à disparaître, au grand profit de ces populations, jusqu'à présent bien éloignées de centres industrieux.

Accidenté, le territoire de Kerlouan contient plusieurs collines élevées, décorées du nom de montagnes, et plusieurs grands étangs alimentés par la mer, qui fournit en abondance des engrais recherchés : sable marneux, goémons, détritus de toute sorte; aussi l'agriculture fait-elle, d'année en année, de très sensibles progrès.

Elle progresse également à Guisseny, où la routine cède devant les résultats obtenus par les communes voisines. Ici, peut-être encore plus que dans le reste « du pays des païens », la voix publique faisait une terrible réputation aux habitants. Pour expliquer cette férocité, cette barbarie native, des historiens bretons prétendirent qu'une colonie étrangère s'était établie à Guisseny, et y avait implanté ses mœurs.... Comme preuve, on faisait remarquer l'aspect général du costume, rappelant assez exactement le costume grec et le type presque hellénique des physionomies : front un peu fuyant, nez droit, yeux noirs.... sans compter un langage mêlé de beaucoup d'idiotismes se rattachant d'une façon surprenante à la langue grecque!! (

Nous respectons toutes les opinions sincères, et celle qui veut faire de ces communes, jadis si inhospitalières, la conquête d'une colonie étrangère est, au moins, inoffensive; mais nous ferons une légère remarque. \

« Les pilleurs d'épaves » ne furent jamais uniquement concentrés à Kerlouan, pas plus qu'à Guisseny. Sur plus d'un autre point des rivages breton, on les retrouvait, de même qu'ailleurs en Europe, et spécialement en Angleterre. Aux îles Shetland, par exemple, le préjugé qui empêchait de

l)orter secours aux naufragés existe peut-être encore, quoique, d'ailleurs, les habitants soient d'une grande bonté, d'une générosité extrême.

Walter Scott, le merveilleux peintre des mœurs écossaises, a laissé, dans le Pirate, une étude immortelle de ces contrastes extraordinaires.

Et ne serait-il pas possible d'ajouter que, souvent pillées, maltraitées avec une cruauté inouïe par des envahisseurs se succédant avec une désespérante continuité, les malheureux riverains du littoral cherchèrent à se préserver, d'abord, à se venger, ensuite?

Par les nuits sombres, brumeuses, des lumières étaient fixées aux cornes de bestiaux, entravés de manière à ce que les mouvements obtenus imitassent l'éclat, tour à tour voilé ou brillant, de la lentille d'un phare sauveur.

Mais, comme on se plie facilement, plus facilement, hélas! au mal qu'au bien, l'habitude prise ne fit bientôt aucune différence entre ceux que la mer poussait vers ces côtes dangereuses.

(c Le flot moissonne pour nous! » disaient les naufrageurs, joyeux devant une récolte abondante....

Ce qui paraîtrait prouver que la détestable tendance avait cédé à des sentiments meilleurs, c'est la faveur accordée, en 1378, au bourg de Guisseny, d'un marché par semaine et de deux foires établies : la première, pour le jour du pardon de saint Seni, moine irlandais, apôtre et patron de la commune; la seconde, pour le jour de la fête de sainte Catherine. Marchés et foires ont disparu. Cependant l'élève des chevaux donne toujours des produits remarquables.

Les voies de communication aidant, la révolution pacifique sera bientôt complète et la cause du progrès utile, fécond, généreux aura gagné de nouveaux adeptes.

ClIMMIUt: XXIV

SOTl\E-DAME DU FOLGOËT. — LESNEVEN

La plupart des légendes gravitent autour d'un certain nombre d'i(l('os qui leur sont communes, et, selon le caprice des chroniqueurs, des poètes ou du goût populaire, elles peuvent être, dès les premières phrases, rangées à coup sûr dans un cadre supportant peu de variantes.

La légende du Fou du bois échappe à ce caractère général. Par certains détails, on la croirait née aux premiers temps du christianisme, époque de ferveur ardente. Par quelques traits, elle semble avoir retrouvé le secret de la douceur pénétrante des œuvres du séraphique François d'Assise, tout en gardant une originalité naïve, une grâce, une simplicité bien personnelles.

La version donnée, en 1634, par le P. Cyrille Pennec, dans son Pèlerinage à Notre-Dame du FoIgoat\ est la plus exquise de toutes. M. de la Villemarqué la rapporte dans le Barzaz Breiz et, si souvent qu'elle ait été reproduite depuis, on ne pourrait parler du monument qui a pris son nom sans la répéter encore.

En l'année 1315, florissait en Bretagne, en simplicité et sainteté de vie, un pauvre innocent nommé Salaûn (Salomon), issu de parents pauvres, dont les noms nous sont inconnus, d'un village auprès de Lesneven.

Ce jeune enfant croissant en âge, commença, après la mort de ses parents, à chérir les douceurs de la solitude, choisissant pour retraite ordinaire un bois, loin d'icelle ville d'une demi-lieue, orné d'une belle fontaine, bordée d'un très beau vert naissant. Là, comme un passereau solitaire, il solfiait à sa mode les louanges de la Vierge adorable, à laquelle, après Dieu, il avait consacré son cœur; et de nuit, comme le gracieux rossignol, perché sur l'épine de l'austérité, il chantait : Ave Maria!

H était misérablement vêtu, toujours nu-pieds; n'avait pour lit, en ce bois, que la terro,

i. Le mot Folgoël a prévalu, mais la véritable orthographe devrait être Foll-Coat : feu, bots.

pour chevet qu'une pierre, pour toit qu'un arbre tordu près de ladite fontaine. Il allait tous les jours mendier son pauvre pain par la ville de Lesneven ou es environs; n'importunant personne aux portes que de deux ou trois petits mots; car il disait Ave Maria! et puis en son langage breton : Salaûn a zebrè hara, c'est-à-dire : « Salaûn mangerait du pain. » Il prenait tout ce qu'on lui donnait, revenait bellement en son petit ermitage auprès de la fontaine, en laquelle il trempait ses croûtes, sans autre assaisonnement que le saint nom de Marie.

Au cœur de l'hiver, il se plongeait dans cette fontaine jusqu'au menton, comme un beau cygne en un étang, et répétait toujours et mille fois Ave Maria! ou bien chantait quelque rythme breton en l'honneur de Marie.

On rapporte que lorsqu'il grouait (gelait) à pierre fendre, il montait en son arbre, et, prenant deux branches de chaque main, il se berçait et voltigeait en l'air en chantant : 0 Maria! En cette façon et non autrement, il échauffait son pauvre corps.

C'est pourquoi, à cause de cette sienne façon de faire, l'appelait-on le Fou {Salaiin ar Fol). Et pourtant est-Il l'un des plus beaux mignons de la Reine des cieux.

Une fois, il fut rencontré par une bande de soldats qui couraient la campagne, lesquels lui demandèrent : Qui vive ? Auxquels il répondit : Je ne suis ni Blois, ni Montfort, je suis serviteur de madame Marie, et vive Marie! A ces paroles, les soldats se prirent à rire et le laisèrent aller.

Il mena cette manière de vie trente-neuf ou quarante ans, sans avoir jamais offensé personne. Enfin, il tomba malade et ne voulut pour cela changer de demeure. L'on tient que la Sainte Vierge, qui ne manque jamais à ceux qui lui sont fidèles, le consola et récréa merveilleusement de ses aimables visites, s'apparaissant devant lui, environnée d'une grande clarté, et accompagnée d'une troupe d'anges.

Notre pauvre simplique, sentant bien que sa fin approchait, comme une tourterelle, fit résonner l'écho de sa voix pour marquer que l'hiver de sa vie était passé. Mourant, il répétait encore dévotement le doux nom de Marie; après cela, il rendit heureusement son âme pure et innocente à Dieu. Son visage qui, en sa vie, était tout défait par la pauvreté, parut si beau et si lumineux qu'il le disputait à la candeur du lis et au vermeil de la rose.

Il fut trouvé mort non loin de la fontaine, prés du tronc d'arbre qui avait été sa retraite, et l'enterrèrent les voisins, sans bruit et sans parade, en ce même lieu.

Et l'on vit un beau lis frais et odorant, miraculeusement poussé de son tombeau, portant écrits sur ses feuilles en lettres d'or ces deux mots : Ave Maria !

Le bruit de cette merveille courut en moins de rien dans toute la Bretagne, de sorte qu'il s'y transporta une infinité de monde pour voir cette fleur miraculeuse, laquelle dura en son entier plus de six semaines, puis commença à se flétrir. Et lors fut advisé par les ecclésiastiques, nobles et officiers du duc, qu'on fouirait tout à l'entour de sa tige, pour savoir d'où elle prenait racine, et trouva-t-on qu'elle procédait de la bouche du corps mort de Salaûn, ce qui redoubla l'étonnement de tous les assistants, voyant un témoignage si grand de la sainteté et innocence de celui que, quelque temps auparavant, ils estimaient fol.

Le p. Pennée, et avec lui tous ceux qui ont donné la légende, l'ont écrite d'après la relation latine d'un abbé de Landevennec, Dom Jean de Langouëznou, un des « témoins » du miracle.

En fort peu de temps, l'histoire de Salaûn devint populaire, et le duc Jean IV voulut en consacrer la mémoire par la fondation d'une église, vœu réalisé sous le règne de son fils Jean V qui, après une visite au tom-

DU MOiNT SAiNT-MiCHKL A LOllIENT,

beau du Fou, conlirina les dons de son père, on ajouta de nouveaux, et institua un collège de chanoines pour desservir le nouveau pèlerinage.

Louis XII et Anne de Bretagne vinrent au Folgoët. Tous deux y firent des libéralités considérables. Le roi François I" et sa iemnie Claude de France, duchesse de Bretagne (de par sa mère, la reine Anne), imitèrent leurs prédécesseurs. Henri II, Anne d'Autriche, Louis XIV, s'occupèrent également de l'église bretonne, et plusieurs papes lui accordèrent de grands privilèges.

Le munument n'eùl-il pas pour lui ces souvenirs historiques, on irait encore le visiter pour son exquise beauté.

€ Quel dommage de ne pouvoir enfermer ces merveilles dans un

Le jubé de rùglise du folgoët.

musée, à l'abri des intempéries et de nouvelles causes de destruction! » disait devant nous un artiste, après une journée passée au Folgoët.

Oui, on éprouve une véritable tristesse en pensant que de pareilles œuvres n'échapperont pas à la destruction; mais, on souffre davantage encore en se souvenant du vandalisme avec lequel elles ont été généralement traitées. Rien n'a trouvé merci devant les barbares.... Notre-Dame du Folgoët faillit y périr à jamais!

Trois choses éclatent dans ce monument que, sans exagération, on a pu appeler « un miracle de l'art ». La richesse de son ornementation, l'élégance des moindres détails, l'harmonie dont, tout entier, il est comme imprégné.

Deux tours ornent la façade occidentale, originairement précédée d'un

porche magnifique. L'une d'elles, élevée de plus do cinquante mètres, se compose de deux étages séparés par une moulure et une ravissante corniche, qui soutient une arcature découpée en ogives. Une galerie, de style gothique flamboyant, s'appuie sur les ogives et sert de base à quatre charmants clochetons, du milieu desquels surgit une flèche élancée. La seconde tour possède un étage semblable à celui de la première, mais un dôme remplace la flèche. Il fut construit aux frais de la reine Anne.

Tous les contreforts s'évident vers leur base pour laisser place aux niches à dais, à pinacles et à consoles qui reçurent un peuple de statues.

Le portail Sud a conservé l'effigie de son fondateur, Alain de la Rue, évêque de Saint-Pol-de-Léon, qui consacra, en 1419, la nouvelle église.

Notre-Dame-du-Folgoët n'a pas de transept; elle s'infléchit du côté Sud, où sont situées la chapelle de la Croix et la chambre du Trésor. A l'angle de celle-ci, on trouve le portique des douze apôtres, splendide travail sculptural, où l'artiste s'est joué de toutes les difficultés, mêlant aux feuillages les plus délicats de suaves figures d'anges, des dragons menaçants, des oiseaux d'une légèreté vivante, des insectes frêles et gracieux....

Le linteau des portes a reçu les hermines et la devise des ducs de Bretagne : A ma vie. Une des clés de voûte présente les armes unies de Jean Y et de sa femme, Jeanne de France, fille du roi Charles VI.

A droite du porche et placée sur un pinacle, la statue de Jean V se ])résente de grandeur naturelle, revêtue d'une armure de combat, la couronne ducale en tète, le sceptre dans une main et, dans l'autre, le livret prouvant son titre de fondateur de l'église.

Les fenêtres, fort nombreuses, sont à meneaux flamboyants, et plusieurs d'entre elles mériteraient une description spéciale.

Le chevet se termine par une rosace en plein cintre, chef-d'œuvre de grâce, où les meneaux se recourbent en ogives trilobées, en trèfles, en quatre feuilles, encadrés d'une délicate moulure.

A sa base, les pèlerins viennent prier devant la fontaine de Salaùn, dont les eaux sont reçues dans un bassin surmonté par un petit auvent en ogive, abritant la statue de la Vierge. La source de la fontaine est cachée sous le maître-autel de l'église.

Sur la partie orientale extérieure du monument, court une corniche de fouilles de mauve et une galerie à jour; cette dernière se retrouve en plusieurs autres parties.

L'œil bien préparé par toutes ces beautés, on entre dans le sanctuaire ot l'adini ration redouble. Les arcades de la nef retombent avec tant d'élé-

gance sur des groupes de trois colonnettes en faisceaux, alternant avec une colonne isolée; les chapiteaux sont si largement, si gracieusement sculptés; les autels sont fouillés avec tant de finesse, et, surtout, le jubé étale une si grande profusion de trésors!

Entre plusieurs jubés célèbres, on cite celui de Saint-Éiienne du Mont: mais, transporté au Folgoël, il descendrait à un rang beaucoup plus modeste. Nulle description ne saurait donner une idée de la poétique harmonie, de la fantaisie artistique dépensée dans cette œuvre, pour qui le mot « merveille » semble froid.

Trois arcades en plein cintre forment le jubé : celle du milieu donne passage vers le chœur, chacune des autres contient un autel avec retable, élevé devant des baies de style gothique flamboyant. Les ornements de toute

Le Doyenné, résidence de la duchesse Anne au Folgoët.

sorte y sont prodigués, sans confusion et sans lourdeur : dentelles exquises, festons, colonnettes, rosaces, trèfles, sont sculptés dans le granit comme si la pierre impérissable avait été une substance molle, se prêtant aux exigences les plus extraordinaires du ciseau ou du burin.

Or, le jubé n'a pas moins de cinq mètres de hauteur et sept mètres de longueur.... On s'arrache difficilement à sa contemplation, on n'en peut perdre le souvenir.

En sortant, après une visite toujours trop courte, on ne manque pas d'admirer encore le magnifique bas-relief du portail principal, représentant VAdoration des Mages, en costumes du quinzième siècle. Puis, dans la cour dite des Pèlerins, on va voir la croix et la statue du cardinal Alain de Coëtivi, un des plus généreux bienfaiteurs du Folgoët.

Le prélat est représenté agenouillé sur le piédestal de la croix, son cha-

peau de cardinal est renversé sur ses épaules; à la main, il tient le bourdon du pèlerin. Un évêque, probablement son saint patron, est derrière lui et le montre à la Vierge. On attribue ce bel ouvrage à Michel Colomb, l'illustre sculpteur du mausolée des parents de la reine Anne* et du tombeau de Philibert de Savoie, à Notre-Dame-de-Brou. Les qualités hors ligne de la croix du Folgoët rendent très vraisemblable l'opinion commune.

Les anciens bâtiments de la Collégiale n'existent plus. Leur reconstruction date du dix-septième siècle, époque où ils furent donnés, par Louis XIV, à la Compagnie de Jésus, sous la condition qu'elle fournirait des aumôniers pour les vaisseaux de la flotte royale. Diverses causes amenèrent les religieux à délaisser la superbe église; puis un incendie, et, enfin, les ravages des bandes noires, faillirent en consommer la destruction. Il était réservé à la Commission des monuments historiques de l'arracher à une ruine imminente.

De même, elle a sauvé le Doyenné^ ce ravissant petit castel à tourelles et à lucarnes garnies de crochets, aux murs tout blasonnés des armes de Bretagne, ainsi que de celles des dignitaires ecclésiastiques, jadis ses hôtes ou ses habitants.

Aujourd'hui, le Folgoët peut se rassurer : ses monuments ne périront pas; mais nous ne voudrions point affirmer que les habitants s'en inquiètent beaucoup, du moins sous le rapport artistique. Us sont heureux, certainement, de les voir recouvrer une partie de leur splendeur passée; toutefois, ils pensent davantage aux marchés fructueux dont la commune est devenue le centre. Trois foires importantes y ont lieu pour les transactions relatives à l'élève du cheval. Celle du 29 août voit très souvent vendre jusqu'à cinq mille chevaux, recherchés principalement par la Normandie et par l'Angleterre.

On comprend dès lors les légitimes préoccupations provoquées par un commerce aussi considérable. C'est l'une des sources de la prospérité du Finistère. A ce titre, il mérite de plus en plus d'être encouragé,

Lesneven, distant du Folgoët d'environ un kilomètre, a vu des jours de splendeur : une juridiction souveraine y siégeait. C'était le siège ordinaire des juges royaux du Léon. Mais, peu à peu, l'oubli envahit la ville longtemps célèbre, grâce au nom de son fondateur : Even, comte de Léon, la terreur des Normands, qu'il avait si souvent défaits. En 1096, ce seigneur entoura

\. Tombeau dit : des Carmes, parce qu'il était primitivement placé dans l'église du couvent de ces "îcliyieux. La cathédrale de Nantes le possède maintenant.

la cité nouvelle d'une muraille et y bâtit un château; puis, comme il y avait également établi une cour de justice, le nom de Lez-an-Even ou Cour d'Even prévalut.

Les antiquaires exigeaient davantage. Ils voulaient faire de Lesneven VOccismor vainement cherchée. Puis ils retrouvèrent cette cité à une distance de six kilomètres, sur un plateau occupé par les villages de Kérilien, de Coatalec, de Kergroas;... puis, finalement, on ne sut plus où elle pouvait être située, et, comme la ville d'Even, elle fut de nouveau oubliée.

Aucun des anciens monuments ne subsiste ici ; par bonheur, sans doute, puisque Cambry* signalait la prison, dernier vestige du château, comme un foyer d'infection.

Sous le rapport de la salubrité, Lesneven est, maintenant, irréprochable; et si sa physionomie générale garde toujours quelque tristesse, du moins les campagnes voisines offrent bon nombre d'excursions intéressantes.

Marteville rappelle les noms de plusieurs enfants de Lesneven :

Hugues de Kéuoulai, évêque de Tréguier (15<S5), loué par d'Argentré, comme un fameux jurisconsulte, et le célèbre historien s'y connaissait!

Penfeumeniou, sénéchal de Saint-Pol vers la fin du seizième siècle, homme de grand savoir, au dire de Du Fail.

M. MioRCEc DE Kerdanet, uotrc contemporain, l'archéologue distingué, le savant auteur de divers ouvrages sur la Bretagne.

1. Chargé d'une mission en Bretagne, Cambry écrivit l'intéressant travail intitulé : Voyage dans le Finistère en 1794 et 1795. Emile Souvestre revit ce livre tout rempli défaits aussi curieux qu'instructifs pour l'histoire des mœurs, les ressources naturelles et les trésors artistiques du département du Finistère.

Charrette descendant une côte; dessin inédit d'Ozanne.

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