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A Brest, nous retrouverons la légende de saint Dudoc

DU MONT SAINT-MICIIKL A LOniEiNT

lUuloc bàlit un oratoire à une petite distance de la mer; c'est, niainlenant, remplacement de Téf^lise de Pi.oluin, commune illustrée par les du Ciiatel, ses seigneurs. Nous n'avons pas à rappeler le dévouement sans bornes de Tanguy ou Tanneguy du Chàtel envers Charles VU, ni la part terrible prise par lui dans l'assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne; mais, une circonstance moins connue' montre ce même Tanguy, pourvoyant à toutes les dépenses des fastueuses funérailles du roi, mort de douleur par suite de la révolte de son fils contre lui.

Aussi, plus tard, assure toujours Ogée, lors des obsèques de François II, accomplies sans la moindre pompe, les mots : Tanguy du Châlel, oit es-tu? furentils gravés sur le cercueil du pauvre jeune roi, inscription louangeuse pour le

Portzpodcr.

fidèle chevalier breton, mais sévère pour les Guises, ingrats envers le prince qui les avait comblés de tant de biens.

La contrée entière est intéressante, par les ruines qu'on y rencontre, les monuments druidiques et autres, les mœurs, les souvenirs.

L'église de Plourin doit dater, au plus tôt, du douzième siècle. Un bel are triomphal est du style du quatorzième siècle. Son ancienne trêve, Dr.KLÈs, possède de superbes ruines.

En traversant quelques champs, puis des avenues gazonnées, bordées de petits chênes rabougris, tordus de mille façons bizarres, on arrive au château de Kergroadès ou KERGr.o.vDEz, construction du commencement du di.\-sej)tième siècle, avec réminiscences du siècle précédent.

i. Osée.

Deux pavillons, aux combles très aigus, flanquent une galerie à mâchicoulis. Les murailles, énormes blocs de granit, sont à peu près complètes; mais les planchers et les toits gisent effrondés. Les hautes fenêtres, les immenses cheminées, rappellent le style Louis XIH. Une terrasse, supportée par une colonnade, règne le long du mur formant la façade. La chapelle, située à l'extrême gauche de l'édifice, fait corps avec lui. Elle est reconnaissable, de l'extérieur, à sa fenêtre ogivale dont les nervures et les dentelles de pierre sont presque intactes. Des arbres, du lierre les remplissent; des plantes parasites s'entortillent en foule autour des sculptures. Dans les autres parties du château, il ne reste que les murs nus, soutenant encore les grandes cheminées, échelonnées les unes au-dessus des autres. Non loin de la porte principale, deux escaliers en pierre, bien conservés, conduisent presque sur les toits. Chaque étage possède un palier et un petit réduit pratiqué dans l'épaisseur de la muraille. Quelques-uns de ces débris sont utilisés par une ferme voisine.

Kergroadez est situé sur un plateau étendu, mais la vue est bornée de tous côtés par des chênes plantés sur les remblais des fossés. Un petit doués profondément encaissé, servait peut-être à emplir les douves. En somme, l'habitation tout entière, quoique d'une vaste étendue, devait être un séjour assez maussade.

Vers 1857 ou 1858, elle fut, un beau matin, occupée par les élèves du Lycée de Brest. Révoltés pendant une promenade, ils cherchèrent un abri sûr et vinrent se barricader au milieu des ruines où ils restèrent deux jours.... Force fut bien de capituler devant la faim et la force armée, non sans avoir pris plaisir à renverser quelques-uns des créneaux de la façade. Comme cela, au moins, l'escapade ne fut pas complètement inutile!

La seigneurie, encore possédée, pendant la Ligue, par un gentilhomme du nom, devint, au siècle dernier, possession du duc de Roquelaure; les habitants ne l'appellent pas autrement.

Cambry rapporte sur le château l'anecdote suivante :

« M. de Kergroadôs devait cent mille écus. Ses fermiers, instruits du désordre de ses affaires, lui fournissent la somme, gèrent ses terres pendant quarante ans, lui laissent la moitié de ses revenus et font présent à son épouse de huit beaux chevaux de carrosse, « afin que Madame puisse venir à la paroisse d'une manière convenable ».

L'acte relatant ces arrangements existait encore en 1788. Cambry n'a

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