‹ Le littoral de la FranceChapitre 67 sur 120 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

LE CONQl'ET. — LA POINTE SAINT-MATTHIEU. — LES CUEILLEURS DE GOÉMON

Bâtie sur un terrain escarpé, à l'angle méridional de sa baie fortement entaillée, la petite ville du Conquet', étageant ses maisons vis-à-vis de la mer, garde un air d'importance plus en rapport avec son passé qu'avec le présent.

Les vieilles fortifications ont disparu. On suppose même que la cité s'élevait un peu plus au nord, sur le rivage de l'anse de Portz-Liogan, où vient se terminer une des voies romaines partant de Carhaix. Nul ne peut l'affirmer. Une chose trop certaine, c'est le pillage du Conquet, en 828, par les Normands. Dans les premières années du treizième siècle, une forteresse fut élevée près de la ville par les partisans de Jean sans Terre, qui voulaient y établir un lieu commode de débarquement pour les troupes anglaises ; mais leur audacieuse prétention ne tint pas devant la fermeté de Pierre de Dreux : ce duc fit raser la citadelle et chassa les Anglais (1218).

Le treizième et le quatorzième siècle pesèrent lourdement sur la pauvre petite cité. Les ravages exercés par les Anglais, par les Basques (à qui le duc Jean I" avait concédé des sécheries de poisson), par les troupes de Philippe VI et par les divers partis qui se disputaient la Bretagne, ruinèrent tour à tour cruellement le Conquet.

Le vaillant petit port se releva cependant de ces épreuves et redevint florissant.... Un dernier malheur lui était réservé. En 1558, une flotte montée par des Anglais et des Flamands se présenta inopinément. Bien n'échappa à la rage des pillards, sauf six ou huit maisons sur les cent cinquante composant la ville!!... Le dommage fut estimé à deux cent mille livres. Si l'on calcule la valeur de l'argent à cette époque, on voit quelle somme énorme fut perdue.

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