‹ Le littoral de la FranceChapitre 72 sur 120 · Brest, par Daniel de Proxy (un pseudonyme · texte numérisé non relu

Brest, par Daniel de Proxy (un pseudonyme

DU MONT SAINT-MiniRL A LOP.IENT 439

« Ce muuguhis (gueule do nier, goulot); ces terres qui se rapprochent et s'éloigiuMit ensuite pour former ce grand étang (rade), qui se partage en plusieurs ports : ost-il rien de plus précis, de plus clair?

« Ces eaux de la rivière Caprelle (PonCeld), qui s'unissent à celles de la nier pour taire, au milieu de la ville', une station aux navires; cette terre qui s'étend comme un bec (la pointe La Roué), jusqu'à l'autre rive du tlouve, en laissant, néanmoins, un passage suflisaut pour que les nefs y entrent « comme par huis ^^ et pour qu'elles n'y craignent plus ni les vents ni les flots, n'est-ce pas bien le port primitif?

« Cette forteresse, enfin, qui domine un promontoire au-dessus de la rivière faisant face aux grandes eaux (la rade), et à la mer, dans le jiays des Légionenses (Léonnais), autrefois Occismicm, n'est-ce pas le château?

« La confusion est donc née de ce que les historiens ont, tour à tour, donné à la vieille cité armoricaine le nom d'une de ses trois parties composantes, au lieu de n'en faire usage que pour désigner chacune d'elles. Ainsi, Occismor, c'était la ville; Brivales Portus, c'était le port; Gaesocribates, c'était la citadelle.

« Le nom de Brest ne fut donné que plus tard à l'ensemble de la ville, du port et du château, par corruption du mot breton Breis ou Breis, qui signilie Bretagne. »

Lorsque nous aurons ajouté que diverses découvertes, entre autres celles d'assises de fortifications, de vases, de médailles ont été faites à Ilj'est et dans les environs, nous serons en règle avec les origines probables de la ville. On ne s'expliquerait pas, d'ailleurs, que les vainqueurs de la Gaule, si bons stratégistes, eussent négligé une pareille position militaire.

L'éloignement, toutefois, puis les interminables guerres dont la pauvre Bretagne fut le théâtre plus de dix siècles durant, enfin le peu de crédit accordé à la marine, regardée avant tout comme un moyen de transport, concoururent à laisser Brest dans l'obscurité.

Il faut arriver au huitième siècle pour trouver une mention positive du château. Les chroniques assurent que Méloir, fils de Méliau, comte de Cornouailles, trouva dans la citadelle un refuge temporaire contre son oncle Bivod, assassin de son père.

La Chronique de Nantes, écrite au onzième siècle, place au château de Brest l'assassinat du roi breton Salomon.

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