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DU MONT SAlNT-Mir.IlKL A LOIUKNT 457
construire un fort sur recueil, mais la nier ruina le projet; tout ce que l'on a pu faire depuis (1800-1807), consiste en une petite tourelle de maçonnerie portant le nom lugubre. Elle remplace la simple balise en fer signalant le lieu où tant de navires ont terminé leurs campagnes, avant de sortir du port.
Le 24 décembre 1704, une flotte de trente-cinq vaisseaux appareillait à Brest sous les ordres de Yillaret-Joyeuse. La plupart de ces navires avaient combattu au mois de juin précédent; ils embarquaient encore de l'eau par les blessures reçues; leurs mats à demi brisés, leurs manœuvres coupées étaient réparés vaille que vaille. Bien plus, cet immense armement partait avec quinze jours de vivres! Les matelots voyaient la mer pour la première fois, les officiers n'avaient pas encore navigué sur des vaisseaux et faisaient leurs premières études de tactique. A peine les ancres levées, le désordre se montrait. La flotte, poussée par une bonne brise, descendait le Goulet, menacée, à chaque seconde, des abordages les plus dangereux. Le Républicain, de cent dix canons, tomba sur la roche Mengam; il coula presque à pic.
La nuit vient de bonne heure en décembre, la confusion s'accroissait par l'obscurité. Villaret, afin que son escadre ne se détruisit pas ellemême, fit mouiller. Il repartit sept jours après.
En 1855, on voyait, sur les quais brestois, des canons tout corrodés de rouille que l'on retirait de la carcasse du Républicain. Les scaphandres étaient alors nouveaux, et c'était le premier emploi sérieux qu'on en faisait au port de Brest. L'opération, très difficile, réussissait. Elle causait une vive émotion, une légitime curiosité....
Mais, liâtons-nous d'échapper à des souvenirs pénibles, et puisque, déjà, nous avons assisté aux principales phases de la carrière d'un vaisseau*, complétons notre étude en vivant, pendant quelques moments, de l'existence d'un marin à bord.
Dans une substantielle communication à l'Académie des sciences, M. le vice-amiral Paris, le dévoué, l'infatigable, le généreux Conservateur (lu Musée naval parisien, vient, avec juste raison, d'appeler la sollicitude de ses savants collègues sur les conditions actuelles de la navigation.
« Avant peu, dit-il, si l'on n'y prend garde, on aura oublié ce qu'a i' été notre marine, on ignorera même ce que pouvait être un vaisseau a « trois ponts. Et pourtant, combien de faits glorieux répondent aux au- « ciennes dénominations! »