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Ossuaire et calvaire de SaiiU-Thégonnec.
viennent. Les juges ont une physionomie à la fois hautaine et rusée; les soldats sont d'allure provocante et brutale
La faiblesse aveugle suinte sur les traits de Pilate, la douleur héroïque sur le visage de la Vierge; la peur fait trembler les apôtres; et Jésus, après avoir subi avec une tristesse calme les différentes |)hases de son martyre, penche sa tête vibrante encore du dernier cri exhalé par son cœur....
Deux inscriptions donnent les dates
de 1602-1604, pour l'érection du monument. Tout d'abord, comme un très grand nombre d'édifices bretons, il est d'aspect plus ancien ; cela tient à ce que le granit de Kersanton y a seul été employé.... ce beau granit, si aisément taillable à la sortie de la carrière, mais acquérant vite, avec la dureté, une harmonieuse couleur bronzée.
Le calvaire de Plougastel est à bon droit réputé en Bretagne. Plusieurs autres, cependant, ne lui cèdent en rien sous tous les rapports, et môme le surpassent en beauté, tel est le calvaire de Guimiliau*; les proportions en sont très vastes.
Cinq grandes arcades pern.et'cnt d'en faire le tour et, par leur escalier commode, on accède à la plate-forme, supportant les trois croix. L'artiste, ou les artistes, ne se sont pas bornés aux scènes des derniers instants du Sauveur, plusieurs épisodes de sa vie, telle que YAdoration des Mages, y sont retracés. Les quatre évangélistes, reconnaissables à leurs attributs, forment les quatre angles, et plusieurs légendes locales terminent la décora tion : Catel gollel (Catherine perdue), rhéroïne d'un cantique populaire, va devenir la proie de l'enfer, représenté par un dragon, peut-être en souvenir du basilic^ ou dragon, vaincu par saint Pol dans le Co'él ar sarpent, le bois du serpent.
Le calvaire fut érigé de 1581 à 1588, ainsi qu'en témoignent les deux dates sculptées; mais, à défaut des dates, le costume adopté indiquerait l'époque. Tous les personnages sont vêtus comme on l'était vers le milieu dn seizième siècle. Les soldats, coiffés du casque à visière, se couvrent de leur rondache, brandissent les lourdes arquebuses, les longues hallebardes, laissent bouffer leurs larges culottes, et ne semblent pas empêchés pour se servir de l'olifant légué par les chevaliers errants.
L'humour se dépense en mille traits imprévus dans celte œuvre capitale, que l'on ne quitte pas avant de l'avoir étudiée avec soin.
Guirniliau possède aussi un ossuaire et un arc de triomphe, mais d'un moins bon tiavail que ceux dont s'enorgueillit le bourg voisin de Saim- TiiÉGONiNEc. L'église, assez belle, offre un très curieux baptistère et un magnifique buffet d'orgues.
11 est possible, entre deux trains, de visiter Saint-Tiiégonnec, beau et riche chef-lieu de canton de l'arrondissement de Morlaix, placé sous le vocable d'un évèque dont les guerz^ bretons sont à peu près les seuls historiens.