‹ Le littoral de la FranceChapitre 81 sur 120 · Cliant, cantique · texte numérisé non relu

Cliant, cantique

DU MONT SA1M-MU:II1::L a I.OUIENT 4SI

Nous retrouverons à Trefentec ou TnÉFKUNTEC, le village où il naquit, une très originale prophétie mise dans sa bouche par le poète. Le bourg qui porte son nom, mérite d'être plus connu.

L'église possède d'admirables sculptures sur bois; par malheur, une ostentation du plus mauvais goût les a tait peindre ou dorer!

lue belle Mise au tombeau occupe une crypte située sous un superbe ossuaire de 1(377, touchant un arc triomphal de style Renaissance assez pur. Le calvaire, chargé de statuettes, est de 1610. Il ne le cède à aucun autre, pour la variété et la verve d'exécution dos sculptures.

Néanmoins, on remarque un goût plus sobre d'ornementation, une grâce plus réelle dans le calvaire de Pleyben' et, peut-être, ce dernier méritc-t-il plus complètement de passer pour le meilleur spécimen de ce genre d'édifices; mais il a contre lui de se trouver dans une localité située au centre du Finistère, par cela môme peu connue, peu fréquentée des étrangers, et c'est dommage.

Une inscription apprend que l'œuvre fut exécutée à Brest, en 1650, par un artiste nommé Ozanne.

Pleyben n'a pas que son calvaire d'aspect si noble, d'ensemble si religieusement imposant. Il a une très belle, très remarquable église, placée sous la protection de la commission des monuments historiques.

Quoique bâtie au seizième siècle, elle présente un mélange de style gothique et de style Renaissance, assez agréable, d'ailleurs, en dépit de l'hérésie architecturale.

Trois clochers surmontent la toiture. Le principal, haute tour carrée, se termine par une galerie ajourée, recouverte par un dôme flanqué de

Arc de liiomplie de Saint-Thégonnec.

1. Important et riche clnf-lieii de canton de l'arrondissement de Cliàteaulin,

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Mêpii

Calvaire de Pleyben.

quatre clochetons qui s'arrondissent également en coupole. Un ravissant portail profile sa voûte élégante au-dessJS des statues des douze apôtres.

Les deux autres clochers sont unis par des arcades et complètent rornementation de la façade.

L'ossuaire du cimetière, un des plus curieux, passe pour le plus ancien de tous ceux du département. Il faut, croyons-nous, se défier de cette origine reculée. Trop souvent, en Bretagne, le style adopté pour les monuments n'a pas été celui de l'époque où on les construisait : témoin l'église même de Pleyben. Le granit de Kersanton, la matière obligée des édifices bretons, contribue aussi beaucoup à les revêtir de cette apparence vénérable.

Un autre calvaire, celui de Runan, près de Pontrieux, beaucoup moins élégant que la magnifique église du quinzième siècle, sa voisine, est, lui aussi, composé de trois croix. Seulement, sa base offre la particularité d'être disposée en chaire à prêcher.

Et de combien de noms ne pourrions-nous enrichir ce chapitre : GuÉ- HENNO, Saint- YE^EG, Le Menez-iiom, tous remarquables, le premier par sa richesse sculpturale, le dernier par sa simplicité sévère.

Mais, nous ne pousserons pas plus loin la revue que nous avons voulu faire des calvaires. Si rapide, si sommaire qu'elle soit, elle suffit pour lixcr d'un trait caractéristique ces monuments légués par le passé croyant à l'avenir troublé.

Seulement, après les avoir vus isolés et comme oubliés sous le mince manteau verdûtre dont les revêt la poussière de près de trois siècles, il faut revenir les contempler aux jours

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Église de Pleyben.

DU MONT SAIiNT-MICIIEL A LORIENT

de Pardons, aux jours où, semblables à de vieux amis retrouvés, les pensées, les événements de jadis reprennent une inlluence momentanée....

Alors, les lils s'agenouillent -f.^ • .

à la place foulée par les pères, par les ancêtres. Alors, les cantiques, joie du berceau, éclatent dansTair, résQnnent sous l'effort de milliers de voix frémissantes; alors, les légendes rellenrissent , apportant avec elles le parfum des choses aimées; alors < le souffle qui ne s'éteint jamais au cœur de la Bretagne » remplit les poitrines, fait briller les yeux.

« Oui, nous sommes encore les fils de l'Armorique! » s'écrient ces hommes, fiers et ardents sous leur gravité; ces femmes au bon sourire, au regard tendre, bien que chaste; ces enfants effleurant à peine la vie précaire.

Ils ne se trompent pas. Ce sont bien les fils de la terre armoricaine, simples, doux, forts, pénétrés d'un vif sentiment d'indépen-

Calvaire de Guéhenno.

Calvaire du Slenez-liom.

tglijc du iîcnez-liom.

dance, mais cherchant, désormais, celte indépendance ailleurs que dans Ja réalisation de chimères....

Et le jour s'^écoule, et, la nuit venue, les feux de joie lancent vers le ciel leurs flammes brillantes.... chacun se hâte de conquérir un brandon, talisman de bonheur!

Les bûchers sont consumés, les pèlerins reprennent la roule, souvent bien longue, de leur habitation.

Adieu! Non, au revoir....

Les bonnes coutumes sont tenaces sur « la terre de granit ». On reviendra!...

Le bain de mer.

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