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LES SAUVETEURS SUR LA COTE DE BRETAGNE

Ainsi que dans notre premier volume', nous avons voulu altendrc le moment propice pour parler des stations de sauvetage établies sur la côte bretonne.

Déjà, nous avons passé devant des parages dangereux et signalés, chaque année, par des catastrophes frappant surtout cruellement la population des pêcheurs.

Cependant, nous voici à l'extrémité de la presqu'île dont la pointe Nord (lignes de Quélern), forme la rade de Brest, dont la pointe Sud (le cap de la Chèvre), protège l'entrée de la baie de Douarnenez, et dont le cap Ouest (Toulinguet), s'avance en plein Océan. C'est bien là, ayant à droite la chaussée des Pierres Noires, les mille écueils et les îlots prolongeant, jusqu'au delà d'Ouessant, leurs lignes periides; ayant, à gauche, le terrible défilé de la pointe du Raz, les abîmes de Plogoff, luttant d'horreur avec les abîmes de Penmarc'h, c'est là que l'on comprend mieux la grandeur de la pensée créatrice des stations de secours.

L'homme a osé regarder en face ces épouvantables dangers, et, quand tout semble perdu, quand la barque ou le navire désemparé va sombrer, quand les vagues monstrueuses hurlent déjà la victoire, un bateau manœuvre au milieu de leurs crêtes affolées, des marins calmes, attentifs, le montent; ils ont fait le sacrifice de leur vie. Sans un regret, sans l'espoir d'une récompense brillante, sans un mot d'encouragement, sans le soutien que pourrait donner la certitude d'honneurs rendus à leur mémoire, ils sont partis dès le premier instant où le devoir les a appelés.

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