‹ Le littoral de la FranceChapitre 95 sur 120 · ALAIN LE RENARD · texte numérisé non relu

ALAIN LE RENARD

ALAN AL LOUARN Allegro ma non troppo. ^

^=fi^

tt

Al louraro bar-veg a glip,glip,glip,glip,glip,erc'hoad;glip,glip,glip,glip,er

P P P iLQrr

c'hoad-,

Goa - ko - oi - kled a^ -rallf - vrol

Lemm dremmhe zaou-la

fhP^-nr' ^ nc^'fiF 't ^

gad! Goa ko-ni-kled. a - rail - vro!, Lemm dremm he zaou la gad.

Le Renard barbu glapit, glapit, glapit au bois; malheur aux lapins étrangers! Ses yeux sont deux lames tranchantes!

Tranchantes sont ses dents, et rapides ses pieds, et ses ongles rougis de sang; Alain le Renard glapit, glapit, glapit : Guerre! Guerre!

J'ai vu les Bretons aiguiser leurs armes terribles, non sur la pierre de Bretagne, mais sur la cuirasse des Gaulois.

J'ai vu les Bretons moissonner sur le champ de bataille, non pas avec des faucilles ébréchées, mais avec des épées d'acier;

1. Alain lY, dit Barbe-Torte ou le Barbu, appelé le Renard dans les traditions.

Non pas le froment du pays, non pas noire seigle, mais les épis sans barbe du pays dos Saxons, et les épis sans barbe du pays des Gaulois.

J'ai vu les Bretons battre le blé dans l'aire foulée, j'ai vu la barbe arrachée aux épis

sans barbe'.

Et ce n'es! point avec des fléaux de bois que battent les Bretons, mais avec des épicux

ferrés et avec les pieds des chevaux.

J'ai entendu un cri de joie, le cri de joie qu'on pousse, quand la battue s'achève, retentir depuis le Mont Saint-Michel jusqu'aux vallées de ^Elorn^

Depuis l'abbaye de Saint-Gildas, jusqu'au cap où finit la terre; jusqu'aux quatre coins de la Bretagne, le Renard soit glorifié !

Qu'il soit mille fois glorifié, le Renard, d'âge en âgel Qu'on garde la mémoire du chant; mais que l'on plaigne le chanteur!

Celui qui a chanté ce chant pour la première fois n'a jamais chanté depuis; hélas! le malheureux ! les Gaulois lui ont coupé la langue.

Mais s'il n'a plus de langue, il a toujours un cœur! Un cœur, et une main pour décocher la flèche de la mélodie.

Si nombreux que soient, en Bretagne, les chants patriotiques, les autres genres ne sont pas négligés. Il suffit pour s'en convaincre d'avoir assisté à une réunion populaire : pardon ou simple fête.

Nous choisissons, parmi les cantiques, la légende de Saint Ronan, à cause de la fraîcheur, de la saveur exhalées par la muse rustique.

Page 1