‹ Le livre (volume 2)Chapitre 185 sur 322 · Tome II, page 49. (Premières lectures · texte numérisé non relu

Tome II, page 49. (Premières lectures

Avant le paragraphe commençant par ces mots : Dans ses Lettres d'un Voyageur, George Sand (1804- 1876) a, elle aussi,... ajouter :

Edgar Ouinet ( 180")- 1875) était élève interne au collège royal de Lyon, lorsqu'il fit connaissance avec les chefsd'œuvre de la littérature italienne. Il avait quatorze ans quand il arriva dans ce collège, où il devait rester trois ans ; un directeur tolérant et plein de confiance lui donna la clef d'une petite chambre, véritable taudis, où il passait une grande partie de ses journées. « C'est là. a-t-il écrit, que je naquis à l'intelligence, à l'amour des beaux livres, des belles idées immortelles, de tout ce qui n'avait fait jusque-là qu'effleurer ma vie. » C'est là qu'il entreprit d'immenses lectures et qu'il apprit litalien. La dernière année de son séjour au collège, la nuit, pour se délasser des mathématiques, il allumait une petite lampe sourde, et revenait aux poètes.

« Dans le profond silence de minuit à quatre heures du matin, je lus pour la première fois, dans l'original. Dante, Pétrarque, Arioste, le Tasse, j'entrevis Machiavel. Il m'est toujours resté depuis, en relisant ces grands hommes, l'impression matinale de ces moments pris au sommeil. La solennité des heures qui sonnaient aux horloges de la ville m'est restée présente.... Dès lors, j'aimai l'Italie ; je me jurai de ne pas mourir sans la voir, et je n'ai plus cessé de m'occuper d'elle. Ces heures nocturnes sont les plus douces de ma vie. » (La Revue bleue, G juillet 1907, p. 24; art. Edgar Quinel et l'Italie, par Jules Gay.)

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