‹ Le livre (volume 2)Chapitre 23 sur 322 · A. DE QUATREFAGES, Op. Cit., t. II, pp · texte numérisé non relu

A. DE QUATREFAGES, Op. Cit., t. II, pp

2. Cf. id., op. cit., t. II, pp. 580-581. « La solidité de ces tertres argileux est telle qu'ils pourraient supporter un poids d'hommes ou de bestiaux plus nombreux que leur

surface n'en pourrait contenir. » (Brehm, op. cit.Aes Insectes. t. I, p. 456.) Sur les termites, voir aussi Michelet, Pfnsecte, xviii, pp. 251-240 (Paris, Hachette, 1890), et Jules Leval- I lois, l'Année d'un ermite, les Fourmis exotiques, pp. 165 et suiv. (Paris, Lacroix, Verbœckhovcn et Cie, 1870.)

« Placés au centre du terrain qu'exploite chaque colonie, ces monticules en sont pour ainsi dire la capitale, et, comme nos grandes cités, ils ont leurs rues et leurs places publiques, où circule sans cesse une population innombrable, leurs magasins toujours combles de provisions, leurs hôpitaux des enfants trouvés, où les générations nouvelles s'élèvent par les soins de la communauté, et leur palais de souverains, — souverains qui sont bien en réalité les père et mère de leurs sujets.... Ce palais est une grande cellule oblongue à fond plat, à voûte arrondie, qui, dans les vieilles termitières, a jusqu'à vingtcinq centimètres de long....

« La cellule royale renferme toujours un couple unique, objet des soins les plus empressés, mais qui achète sa grandeur au prix d'une réclusion perpétuelle, car les portes et les fenêtres du palais, suffisantes pour laisser passer un ouvrier ou un soldat, sont trop étroites pour livrer passage au roi et plus encore à la reine.

« Celle-ci, toujours au centre de la chambre princière et reposant à plat, frappe tout d'abord les yeux de l'observateur.... Ses ailes ont disparu; la tète el le corselet sont restés à peu près les mêmes; l'abdomen, au contraire, a pris un développement monstrueux, et tend à s'accroître sans cesse. Dans une vieille femelle, il est deux mille fois plus gros que le reste du corps, et atteint jusqu'à quinze centimètres de

long. Cettefemelle pèse alors autant que trente mille ouvriers, et, grâce à cette obésité exagérée, les précautions prises pour prévenir la fuite sont parfaitement inutiles, car elle ne peut faire un seul pas.

« Quant au mâle, il a aussi perdu ses ailes, mais n'a d'ailleurs changé ni de dimensions ni de formes. Toutefois il use peu de sa faculté de locomotion, et, tapi d'ordinaire sous un des côtés du vaste abdomen de sa compagne, il se borne à remplir les fonctions de mari de la reine.

« Les travailleurs et les soldats ont l'air de faire assez peu d'attention au roi ; mais ils sont fort occupés de la reine. L'espace laissé libre autour de celleci est constamment rempli par quelques milliers de serviteurs empressés, qui circulent autour d'elle en tournant toujours dans le même sens. Les uns lui donnent à manger, d'autres enlèvent les œufs qu'elle ne cesse de pondre; car ici, comme chez les abeilles, cette reine est avant tout la mère de ses sujets. Seulement, chez les termites, sa fécondité est vraiment merveilleuse.... Cet abdomen monstrueux semble n'être qu'un vaste ovaire, dont les branches multipliées renferment un si grand nombre de germes en voie de développement, qu'il s'en trouve toujours un de mûr.... Le termite femelle, sans même s'en apercevoir peut-être, pond au delà de soixante œufs par minute, c'est-à-dire plus de

quatre-vingl mille par jour, et Smeathman est porto à croire que cette ponte prodigieuse dure toute l'année avec la même activité I1 »

Autre particularité singulière : les termites, qu'on pourrait croire si répugnants, sont très bons à manger, un régal non seulement pour les peuples indigènes, mais même pour les Européens : leur chair a la saveur « d'une crème sucrée2 ».

« Tous les auteurs sont d'accord, dit M. lloulbert3. pour reconnaître que les termites doivent être rangés parmi les plus nuisibles insectes que l'homme ait à redouter. » «...Leurs innombrables escouades sont incessamment en quête de quelque corps organique à dévorer, et cet instinct en fait pour l'homme des ennemis tellement redoutables, que Linné n*a pas hésité à les appeler le plus grand fléau des deux Indes.

« Invisibles à l'œil de ceux qu'ils menacent, les

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