Op. cit.. p
termites poussent leurs galeries jusqu'aux murs des habitations ou des magasins, descendent sous les fondements et remontent à l'intérieur : dès lors ils sont maîtres de la place. Les uns s'en prennent aux boiseries, aux meubles, aux provisions de toute nature; d'autres creusent tout droit, attaquent les planchers et les toits; mais, toujours soigneux d'éviter la lumière, ils respectent avec grand soin la surface des objets attaqués et se contentent de les évider1. Si la place leur semble bonne et qu'il y ait beaucoup à dévorer, ils apportent avec eux du mortier pour remplacer au fur et à mesure les parties ligneuses qu'ils ont détruites, et Smeathman a vu des poteaux de bois changés ainsi en colonnes de briques. Dans le cas contraire, ils prennent moins de précautions; alors l'œuvre de destruction marche avec une rapidité telle qu'en une seule saison une maison à l'européenne est ruinée de fond en comble, qu'un village de nègres a complètement disparu2. » On les a vus, en une seule nuit, pénétrer dans un pied de table, traverser ce pied de bas en haut, dans toute sa longueur, atteindre une malle, la malle d'un
1. ■• Il existe, dans les collections du Muséum de Paris, un nid de termites fort curieux envoyé de Cochinchine par le docteur Harmand.... Ce nid est établi au centre d'une rame de papier à herboriser, dont l'aspect extérieur n'est nullement changé, les habiles insectes ayant eu soin de ménager et de conserver intactes les feuilles superficielles. » (Breiim, op. cit., pp. 464-465.)