Cf. le journal l'Indépendance de l'Est, 18 août
'2. Voir la note suivante.
ô. « ... Pour préserver une bibliothèque des vers et autres insectes, on connaît plusieurs moyens : le premier est celui dont nous avons déjà parlé, la qualité du bois dont le meuble est fait; le second est une grande propreté, et surtout l'attention continuelle de garantir les livres de la poussière, parce que non seulement elle ternit les reliures et leur enlève leur fraîcheur, mais elle favorise le développement des insectes. Il faut battre les volumes au moins une fois l'an, et éviter d'employer aucune espèce de lainage dans la construction intérieure de la bibliothèque. J'ai eu tort de dire, dans un de mes ouvrages précédents, que l'on pouvait garnir chaque rayon d'une bandelette de drap pour garantir de la poussière la tranche supérieure des livres. Le drap attire les insectes et leur sert de pâture. » (Gabriel Peignot, op. cit., t. II, p. 424.)
Vernissez vos tablettes ou badigeonnez-les avec une solution antiseptique, et souvenez-vous qu'il en est des vers comme des maladies : il est plus facile d'en prévenir l'accès que de les détruire ensuite ou de les chasser. N'employez donc, pour vos bibliothèques et rayonnages, que des bois exempts de toute humidité, des bois bien secs, et vernis ou enduits comme il vient d'être dit.
Cette question des insectes bibliophages mérite d'être étudiée en détail, et elle nous amène à passer en revue « les ennemis des livres ».
Les ennemis des livres.
La poussière est le plus commun et le plus persistant ennemi des livres; nul mieux qu'elle, si ce n'est l'humidité, n'attire et ne retient les insectes et parasites de toutes sortes. Nous venons d'en parler en traitant du nettoyage des bibliothèques, de dire qu'il fallait s'en débarrasser le plus fréquemment possible, et nous avons signalé l'importance de cette opération.
L'eau, ou tout au moins l'humidité, est aussi un des plus fréquents ennemis des livres : nous l'avons remarqué souvent, et nous y reviendrons encore lorsque nous exposerons les procédés d'enlèvement des taches du papier (piqûres, moisissures).
Nous parlerons de même alors des taches d'encre, de bougie, d'huile, de graisse, etc.
Le feu, le soleil et le gaz d'éclairage; les insectes qui s'introduisent dans les livres et s'en nourrissent; les souris, les rats et les chats; puis tous les équarrisseurs de volumes et fabricants de cornets; certaines catégories de collectionneurs et de relieurs, d'ignorants aussi et de fanatiques ; puis les emprunteurs, les femmes, nombre #de femmes : voilà les plus connus et les plus redoutables ennemis des livres.
On y ajoute, non sans raison, le papier moderne1. Il faut observer cependant que quantité de papiers d'aujourd'hui, possédant une forte charge de plâtre ou de kaolin, se trouvent par cela même préservés des attaques des insectes, ceux-ci n'ayant aucun goût pour les matières minérales2.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit, dans notre tome II, à propos des « Biblioclastes et
1. « Le grand ennemi des livres qui voient le jour à notre époque, c'est le papier fabriqué avec la pâte de bois : ce papier se désagrège rapidement, et, en outre, les insectes lignicoles trouvent, dans la matière même de ce papier, la nourriture qui leur convient. » {Revue scientifique, 25 juillet 1905, p. 115.)
2. « Nos papiers modernes sont rarement de chiffons purs: on y mêle du kaolin, du talc, afin de leur donner du poids et de l'épaisseur; aussi nos livres [ceux du moins dont le papier contient du kaolin ou autres matières minérales] courent moins de chance de destruction par les insectes. » (Albert Maire., op. cit, p. 94.)
Bibliophobes » , puis du « Prêt des livres » . sur les épiciers et marchands de tabac, qui dépècent les ouvrages les plus rares pour en fabriquer des cornets1 ; — sur les collectionneurs de frontispices, gravures, dédicaces, etc., qui mutilent et massacrent de même, sans pitié ni remords, les plus précieux exemplaires, afin de « compléter leur collection2 »; — sur les relieurs, féroces rogneurs de livres5; — les ignorants, les barbares et les fanatiques religieux ou autres1: — les emprunteurs, cette perpétuelle terreur des bibliophiles5; la femme, « ennemi plus dange-